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Sexe contre logement : une réalité inacceptable 1024 576 L'Ilot

Sexe contre logement : une réalité inacceptable

Location offerte. Sexe exigé.

En Belgique, faute de logements accessibles, des femmes sans chez-soi sont contraintes d’accepter des rapports sexuels pour avoir un toit. Fuir les violences de la rue ne devrait jamais conduire à en subir d’autres.

Ce n’est ni un « arrangement », ni un choix libre. C’est une violence rendue possible par la crise du logement, la précarité et l’absence d’alternatives sûres. Un rapport de force brutal, fondé sur la peur de la rue et la menace de perdre ses enfants, ses papiers ou le peu de stabilité qu’il reste.

Chaque jour, chercher un toit peut devenir une nouvelle zone de danger pour des femmes déjà fragilisées par la pauvreté, les violences ou une rupture familiale. Un toit ne devrait jamais se payer avec son corps.

Quand le toit devient un chantage sexuel

Aucune femme ne devrait avoir à choisir entre la rue et la violence sexuelle pour dormir à l’abri. Cette stratégie de survie laisse des traces profondes : estime de soi détruite, sentiment d’être un objet de transaction, confiance brisée… C’est pourquoi notre association, active depuis plus de 65 ans en Belgique, construit déjà une chaîne de protection et de reconstruction. Un lieu sûr. Un accompagnement global. Un soutien vers le logement. Un suivi après l’entrée en habitation.

L’Ilot lance son Ilot Solidarity Challenge  1024 576 L'Ilot

L’Ilot lance son Ilot Solidarity Challenge 

L’Ilot lance son Ilot Solidarity Challenge 

Parce que la solidarité ne connait pas de frontière, L’Ilot lance un nouveau défi au monde du sport : se mobiliser pour lutter avec nous contre le sans-abrisme.

L’année 2026 qui a débuté s’annonce particulièrement difficile pour les publics qui, chaque jour, passent la porte de nos milieux d’accueil. Une situation d’urgence à laquelle L’Ilot ne se résout pas. Ce pourquoi, nous avons décidé de lancer L’Ilot Solidarity Challenge.

L’idée, créer des ponts entre la réalité quotidienne d’une association qui soutient chaque jour des personnes en situation de grande précarité et des sportives et sportifs présenté·es parfois à tort comme déconnecté·es de la réalité. Parce que la lutte contre le sans-abrisme à Bruxelles et Belgique nous concerne toutes et tous.

Un défi solidaire pour lutter contre le sans-abrisme

Durant tout le mois de janvier, c’est la Royale Union Saint-Gilloise qui a inauguré le bal avec son capitaine Christian Burgess : grâce à la mobilisation de l’équipe ainsi que des supporters, nous avons récolté 9774,67 € au profit de L’Ilot.

L’élan de solidarité se poursuit

En mars, Christian Burgess a passé le flambeau au RSC Anderlecht et à Colin Coosemans qui ont relevé le défi avec 3500 au profit de L’Ilot. Le RSC Anderlecht a fait en sorte de poursuivre l’élan de solidarité contre le sans-chez-soirisme en nommant Raphaël Collignon, 65e joueur mondial au ranking ATP. C’est désormais le monde du tennis et de la petite balle jaune qui s’en va relever L’Ilot Solidarity Challenge !

Pendant toute sa saison de terre battue, Raphaël Collignon reversera 10 euros par ace à L’Ilot. Le défi commencera dès le 4 avril à l’occasion de sa participation au tournoi Challenger ATP 125 de Monza et se clôturera autour du 24 mai/7 juin à l’occasion de Roland Garros, deuxième Grand Chelem de la saison qui se tiendra sur la terre battue parisienne.

Participez à L’Ilot Solidarity Challenge

Et maintenant, à vous de jouer : donateur·rices, groupes de supporters et fans, rejoignez L’Ilot Solidarity Challenge en vous mobilisant à votre tour. Relevez le défi et faites un don sur notre cagnotte en ligne pour nous aider concrètement à lutter contre le sans-chez-soirisme. N’hésitez pas non plus à partager le lien de cette cagnotte à votre entourage pour nous soutenir.

Vous aussi, aidez-nous à lutter contre le sans-abrisme et faites grimper le compteur en faisant un don.

Ensemble, on marque des buts. Ensemble, on marque des points contre le sans-abrisme.

pauvreté Belgique et placement institutionnel
Enfants placés : quand la précarité sépare des familles 1024 576 L'Ilot

Enfants placés : quand la précarité sépare des familles

Visuel : ©Squarefish

Enfants placés : quand la précarité sépare des familles 

La pauvreté ne devrait jamais séparer une mère de son enfant

En Belgique, des enfants sont séparés de leurs mères non pas parce qu’elles sont violentes ou négligentes, mais parce qu’elles sont pauvres et sans logement.

Ce placement, souvent brutal, est vécu comme un véritable arrachement – par l’enfant comme par la mère. Et cette blessure peut marquer une vie entière.

Comment, dans un pays comme le nôtre, pouvons-nous encore accepter qu’en 2025, l’absence d’un logement et la pauvreté suffisent à justifier une séparation entre une mère et son enfant ?

Découvrez l’histoire de Nathalie, séparée de son enfant.

Quand la pauvreté devient un motif de placement

En Belgique francophone, près de 40 000 enfants sont éloignés chaque année de leur famille pour être placés en institution, en famille d’accueil ou dans des services spécialisés.
Si certains placements sont nécessaires pour protéger l’enfant, un nombre croissant d’entre eux est lié à la précarité, en particulier à l’absence de logement stable.

Quelques chiffres marquants

  • Près de 40 000 enfants sont placés chaque année, trop souvent en réponse à la pauvreté ;
  • 83 % des familles monoparentales sont portées par des femmes ;
  • 25 % des mères isolées vivent sous le seuil de pauvreté ;
  • Le placement d’un enfant coûte plus de 3 000 € par mois à la société, alors qu’un soutien à la famille coûte 4 à 5 fois moins;
  • Seuls 6,7 % des logements sont des logements sociaux en Belgique, contre 16 % en moyenne dans l’Union européenne.

Plusieurs recherches montrent que les enfants issus de familles pauvres – et en particulier ceux qui vivent avec une mère seule – sont surreprésentés dans les décisions de séparation. La précarité ne devrait jamais être un motif de placement. Pourtant, elle l’est encore.

Nos actions à L’Ilot

À L’Ilot, nous refusons de considérer la précarité et l’absence de logement comme une fatalité qui sépare les familles.

Nous agissons à plusieurs niveaux :

  • Hébergement et accompagnement des mères seules

Dans nos maisons d’accueil, nous offrons aux mères seules un toit, un cadre sécurisant et un accompagnement psychosocial. L’objectif : leur permettre de se relever, de se reconstruire… et, lorsque c’est possible, retrouver leur enfant.

  • Circé de L’Ilot : notre centre de jour pour femmes sans chez-soi

Chaque année, notre centre de jour Circé de L’Ilot accueille plusieurs centaines de femmes sans chez-soi, dont une part importante a des enfants placés ou menacés de l’être. Elles ne sont pas « perdues » : elles luttent. Elles cherchent un lieu pour reprendre pied, retrouver de la dignité et de la force.

  • Création de logements familiaux

À L’Ilot, nous souhaitons créer davantage de logements décents, accessibles, à loyers modérés, pour qu’aucune mère ne doive choisir entre vivre à la rue ou perdre son enfant.

  • Repenser nos maisons d’accueil

Nous souhaitons aussi repenser nos maisons d’accueil : réduire les espaces collectifs imposés, développer des studios individuels, autonomes et sécurisants, adaptés à la vie de famille. Des lieux où la relation parent–enfant peut continuer à se construire, même dans la précarité.

  • Création d’un centre d’étude « Femmes, précarité et travail social »

Via notre centre d’étude « Femmes, précarité et travail social » nous souhaitons lancer une étude-action pour mieux comprendre la réalité de ces mères, documenter les mécanismes de précarisation et former les professionnel·les de l’aide à la jeunesse et du sans-abrisme à mieux coopérer, au bénéfice des familles.

Ces projets peuvent éviter l’irréparable : maintenir une famille unie et offrir un avenir à un enfant sans l’arracher à sa mère.

Sources et ressources  

  • Ligue des familles, Recherche-action sur les attentes et les besoins des familles monoparentales, 2022.
  • Axelle Magazine, Kindja et Melani : récit de mamans désenfantées, 2021.
  • Défense des Enfants International – Belgique, Entretien avec Benoît Van Keirsbilck, 2022
  • Baromètre des loyers, Région de Bruxelles-Capitale, 2024
  • Estimation d’après la Cour des comptes & les données de l’ONE sur les coûts des placements
  • AGORA, Précieux enfants, 2020 ; Vie Féminine, Aide à la jeunesse aveugle aux violences faites aux femmes, 2023 ; LDH, Le placement, 2023
  • Housing Europe, The State of Housing in the EU 2023
chien sans abrisme
Dans la rue, le chien comme seul soutien 1024 576 L'Ilot

Dans la rue, le chien comme seul soutien

« Avant, je ne dormais jamais. Je craignais trop qu’on m’agresse ou qu’on me vole. J’étais toujours sur mes gardes, épuisé, à bout de force. Je n’avais plus envie de vivre. Depuis que j’ai recueilli Molly, je peux enfin fermer les yeux quelques heures. Sans elle, je ne serais sûrement déjà plus là. »

Patrick*, personne sans abri et sa chienne Molly

Un lien vital menacé

Parmi les 50 000 personnes sans abri recensées en Belgique en 2024, beaucoup d’entre elles vivent avec un chien. Il s’agit d’un lien vital, que nous avons le devoir de protéger : celui, profond et indéfectible, qui unit une personne sans chez-soi à son plus fidèle compagnon. Un lien invisible aux yeux de beaucoup, mais souvent le dernier qui persiste quand tout le reste s’est effondré.

À L’Ilot, nous accompagnons depuis 65 ans des personnes privées de logement. Des femmes, des hommes et des enfants qui ont tout perdu et qui, chaque jour, affrontent la dure réalité de la vie en rue. Nous savons combien cette dernière détruit : le corps, le moral, l’espoir… Au milieu de toute cette violence, le chien est salvateur : il devient un repère, un refuge, un gardien contre la peur et l’abandon.

Dans un monde de solitude, les animaux de compagnie sont une source d’affection et de valorisation face au rejet de la société. Le chien reste un ami fidèle, il aide à tenir debout, quand tout vacille. Il apporte un réconfort émotionnel constant, diminue le stress, l’anxiété, et surtout la solitude extrême.

Face aux dangers et à la solitude, le chien représente un véritable refuge. Il permet de dormir quelques heures, sans craindre une agression ou un vol. Car le manque de sommeil détruit. Dormir permet aux personnes sans abri de tenir, survivre une journée de plus. Pour cela, beaucoup ne peuvent compter que sur leur chien.

Malheureusement, ce lien vital, précieux, est constamment mis en péril. Très peu de centres d’accueil pour personnes sans chez-soi acceptent les chiens. Faute de pouvoir l’y emmener dans des conditions dignes et sécurisées, trop de personnes renoncent à un service d’accompagnement social, à un repas ou à une douche.

« C’est dur… Je ne peux pas aller me réchauffer, prendre une douche ou manger un vrai repas à cause de mon chien. Et je ne peux pas la laisser dehors, j’ai trop peur qu’on me la prenne ou qu’il lui arrive quelque-chose. »

Patrick*

emotionele steunhond voor daklozen

Ce choix, inhumain, L’Ilot ne veut plus le cautionner.

Nous refusons que la présence d’un chien soit un obstacle à l’accès à nos services. Toute personne dans le besoin doit pouvoir être accueillie avec dignité, qu’elle soit seule ou accompagnée de son compagnon à quatre pattes.

C’est pourquoi L’Ilot lance aujourd’hui un nouveau projet d’innovation sociale, adapter nos services de première ligne pour accueillir les personnes avec leurs chiens. Ce qui implique :

  • de former nos équipes à l’accueil canin ;
  • d’aménager des espaces adaptés à leurs besoins ;
  • de fournir des soins antiparasitaires gratuits.

Ce projet, nous le portons avec conviction, même sans subvention financière spécifique. Parce qu’il est plus qu’utile et parce qu’il répond à un besoin spécifique.

Sans votre soutien, il ne verra jamais le jour !

Nous avons besoin de vous pour y arriver et financer ce projet pilote.

Votre don peut changer des vies :

  • Avec un don de 50 : vous participez aux soins vétérinaires pour le chien (antiparasitage, vermifuge, vaccination, etc.), essentiels pour prévenir des maladies graves et parfois transmissibles à l’homme.
  • Avec un don de 100 : vous permettez la création d’un espace dédié et sécurisé dans nos centres d’accueil.

Protéger ce lien, c’est protéger une vie.

Grâce à vous, nous pourrons offrir un refuge digne, où personne ne sera plus jamais contraint de choisir entre ses soins de première nécessité et son animal de compagnie.

Soutenez-nous pour faire exister ce projet essentiel !

Vous permettrez à ces duos de rester ensemble. Et parfois, c’est tout ce qu’il leur reste.

* Prénom d’emprunt. Patrick symbolise les centaines de personnes sans abri accompagnées par L’Ilot grâce à votre soutien.

prix fédéral de lutte contre la pauvreté
Prix fédéral de lutte contre la pauvreté – Votez pour Circé (Ilot) ! 1024 576 L'Ilot

Prix fédéral de lutte contre la pauvreté – Votez pour Circé (Ilot) !

Prix fédéral de lutte contre la pauvreté – Votez pour Circé (Ilot) !

Sommaire :
  • Qu’est-ce que le Prix fédéral de lutte contre la pauvreté ?
  • Prix fédéral de lutte contre la pauvreté : comment voter ?
  • Pourquoi voter pour Circé de L’Ilot ?
  • Ressources

En 2025, le Prix fédéral de lutte contre la pauvreté concerne « des actions préventives ou curatives qui assurent la continuité des soins et de l’aide » pour ce public (news.belgium).

Deux prix de 15 000 € sont attribués, respectivement par un jury d’experts et par le vote du public (du 4 au 28 septembre 2025). La cérémonie de remise se tiendra quant à elle le 2 octobre 2025 (news.belgium).

Après ISSUE en 2024, L’Ilot voit cette fois son projet Circé figurer parmi les 9 finalistes ! Il s’agit là d’une belle consécration pour le premier et seul centre de jour par et pour les femmes sans abri à Bruxelles.

Qu’est-ce que le Prix fédéral de lutte contre la pauvreté ?

Créé le 4 juillet 2008 et organisé par le SPP Intégration sociale (SPP Intégration sociale), le Prix fédéral de lutte contre la pauvreté met en lumière des initiatives qui améliorent concrètement la vie quotidienne des personnes en situation de précarité (news.belgium).

Prix fédéral de lutte contre la pauvreté : comment voter ?

Voter pour le projet Circé de L’Ilot n’a rien de plus simple ! Il vous suffit de :

Pourquoi voter pour Circé de L’Ilot ?

Finaliste du Prix fédéral de lutte contre la pauvreté, Circé de L’Ilot est, à notre connaissance, le seul projet conçu par et pour les femmes en Belgique. Unique à Bruxelles, ce centre de jour pour femmes sans abri puise ses racines dans les nombreux constats d’une recherche-action menée par L’Ilot :

  • les femmes sont invisibilisées en rue ;
  • la majorité des femmes en rue sont victimes de différents types de violences (intrafamiliales, conjugales, etc.) et de dominations ;
  • les femmes sont en minorité dans les centres mixtes et y rencontrent très souvent les hommes qui se sont montrés violents envers elles.

L’impact positif de Circé pour ses usagères est indispensable. Le centre répond aussi bien aux besoins vitaux (se nourrir, se laver, etc.) que psychiques. En effet, il offre un accompagnement psycho-médico-social grâce à une équipe formée spécifiquement aux problématiques de genre, de travail social et de violences (subies par les femmes en rue).

La plupart des usagères viennent régulièrement à Circé, ce qui leur permet de retrouver du pouvoir d’agir mais aussi d’être en sécurité pendant quelques heures et à l’abri de la chaleur ou des intempéries.

Moira Fornier, Coordinatrice de Circé

Ressources  

SPP Intégration sociale :

Cambriolage à la Recyclerie de L’Ilot à Marchienne-au-Pont 1024 576 L'Ilot

Cambriolage à la Recyclerie de L’Ilot à Marchienne-au-Pont

Cambriolage à la Recyclerie de L’Ilot à Marchienne-au-Pont : 20 000 € dérobés, un projet solidaire fragilisé

Il s’agit d’un énorme coup dur pour un projet d’économie sociale et solidaire jusqu’ici en pleine expansion.

Dans la nuit de dimanche à lundi, la Recyclerie de L’Ilot à Marchienne-au-Pont, située avenue de Matadi 14a (6030 Marchienne-au-Pont), a été la cible d’un cambriolage. Déjà régulièrement victime de vols à l’étalage ces derniers mois, c’est à un délit de plus grande ampleur qu’on cette fois été confronté·es les travailleuses et travailleurs de la Recyclerie.

Le préjudice financier est estimé à près de 20 000 euros, sans compter les pertes supplémentaires liées à la fermeture temporaire forcée de l’établissement dans les prochains jours. Parmi les biens dérobés figurent notamment 10 000 euros d’argent liquide ainsi que plusieurs tablettes et les deux terminaux de paiement électronique (TPE) – outils indispensables au fonctionnement quotidien de la structure et à son activité commerciale. Un manque à gagner conséquent pour un projet avant tout à vocation sociale. « Parce que c’est bien le côté social qui est attaqué ici », pointe d’ailleurs Caroline Mahieu, coordinatrice de la Recyclerie. « S’en prendre à un projet comme le nôtre, c’est d’abord s’attaquer à ses bénéficiaires. »

Un projet solidaire fragilisé

Et de fait, la Recyclerie de L’Ilot est bien plus qu’un magasin : c’est un projet d’économie sociale et solidaire. Son objectif est de donner une seconde vie aux divers objets et de les proposer à un public dans certains cas en situation de précarité financière, tout en créant des emplois durables pour des personnes éloignées du marché du travail. Chaque meuble réparé, chaque objet revalorisé, contribue non seulement à la réduction des déchets, mais aussi – et surtout – à la lutte contre l’exclusion sociale.

Fermée depuis ce lundi, la Recyclerie espère rouvrir en fin de semaine. Toute l’équipe est en tout cas à pied d’œuvre pour pouvoir relancer l’activité le plus rapidement possible.

Si dans cette période difficile vous désirez apporter votre soutien à la Recyclerie de L’Ilot, n’hésitez pas à faire un don à l’association : BE33 0017 2892 2946, avec en communication « Soutien à la Recyclerie ».

pauvreté Belgique et placement institutionnel
Pauvreté en Belgique : enfants placés pour cause de précarité 1024 576 L'Ilot

Pauvreté en Belgique : enfants placés pour cause de précarité

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Pauvreté en Belgique : enfants placés pour cause de précarité 

Sommaire :
  • Les chiffres de la pauvreté en Belgique  
    1. Quel est le seuil de pauvreté en Belgique ? 
    2. Un risque élevé de précarité  
    3. Le nombre de personnes sans abri en hausse 
  • Placement institutionnel et pauvreté : une injustice structurelle
    1. Le placement comme conséquence de la pauvreté 
    2. Les droits de l’enfant conditionnés par la pauvreté  
    3. Un échec du système 
  • Comment luttons-nous contre le placement pour cause de précarité ?   

C’est une réalité dont on parle peu, mais qui fracture des vies entières dans l’indifférence : en Belgique, des enfants sont placés parce que leurs mères sont pauvres. À Bruxelles, 87 % des familles monoparentales sont portées par des femmes, dont un quart vit sous le seuil de pauvreté [1]. Beaucoup n’ont accès qu’à des logements précaires, insalubres, ou des logements aux loyers hors de portée. D’autres n’ont plus de chez-soi. 

Et trop souvent, dans ces situations, l’aide proposée par les institutions n’en est pas une : c’est une séparation, on place l’enfant. Officiellement “pour son bien” ; en réalité, parce que notre société ne leur propose rien d’autre qu’un abandon organisé [2]. La précarité ne devrait jamais être un motif de placement. Pourtant, elle l’est.  

À L’Ilot, nous le constatons tous les jours : les mères qui fréquentent notre centre de jour pour femmes Circé sont confrontées à ce risque. Leur seul “manquement” ? Être sans chez-soi. Il est plus qu’urgent d’agir pour construire une société qui donne aux parents les moyens de retrouver leur(s) enfant(s). 

Les chiffres de la pauvreté en Belgique  

En Belgique, les chiffres de 2024 dressent le portrait d’une situation sociale plus qu’inquiétante. La pauvreté est marquée et se mesure à plusieurs niveaux. 

Quel est le seuil de pauvreté en Belgique ? 

Le seuil de pauvreté désigne un revenu minimal (fixé à 60 % du revenu médian national), en dessous duquel un ménage est considéré comme pauvre. En Belgique, les derniers chiffres de Statbel montrent que le seuil de pauvreté s’élève à 1 520 € par mois pour une personne isolée, et à 3 191 € pour un ménage avec deux enfants. 

seuil de pauvreté Belgique

Le seuil de pauvreté selon le type de ménage en Belgique (source : Statbel)

Un risque élevé de précarité  

D’après une étude de Statbel, plus de 2 millions de personnes courent un risque de pauvreté ou d’exclusion sociale en Belgique. Soit près de 20 % de la population. Près d’un∙e Belge sur dix se trouve en situation de privation matérielle et sociale (Statbel), ne disposant donc pas des ressources suffisantes pour assumer certaines dépenses essentielles de la vie quotidienne (chauffage, accès aux loisirs, etc.). 

Le nombre de personnes sans abri en hausse 

Les chiffres du dernier dénombrement des personnes sans abri ou mal-logées à Bruxelles sont alarmants: 9 777 d’entre eux∙elles vivent sans chez-soi dans la capitale belge (rapport de Bruss’help). Soit une augmentation de 25 % en seulement 2 ans! Une telle expansion du phénomène n’avait jamais été connue jusqu’à ce jour. 

Placement institutionnel et pauvreté : une injustice structurelle  

En Belgique francophone, près de 40 000 enfants sont éloigné·es chaque année de leur famille : placé·es en institution, en famille d’accueil ou dans des services spécialisés [3]. Si certaines situations exigent une protection urgente, un nombre croissant de placements est motivé par la précarité, notamment l’absence de logement stable. 

Le placement comme conséquence de la pauvreté 

Des mères seules, en situation de grande précarité, se voient retirer leur enfant non pas parce qu’elles sont défaillantes, mais parce qu’elles n’ont pas de chez-soi. Le marché locatif privé est inaccessible pour une maman solo émargeant au CPAS ou avec un petit revenu. Et attendre un logement social peut prendre des années [4]. Faute de solution intermédiaire, le placement devient une réponse par défaut. 

« L’accueil en dehors du milieu familial peut être nécessaire, mais il ne doit jamais être une réponse à la misère. Or, les enfants vivant dans des familles pauvres sont surreprésentés dans les séparations. C’est une injustice structurelle. » 

  Benoît Van Keirsbilck, Directeur du Service droit des jeunes de Bruxelles 

Lorsqu’une mère seule perd la garde de son enfant parce qu’elle n’a pas de logement stable, c’est une double injustice : pour elle-même comme pour l’enfant. Car le placement ne marque pas la fin d’un épisode difficile, il en ouvre souvent un autre, plus long, plus complexe et plus douloureux. Et quand un·e premier·e enfant a été éloigné·e, la suspicion s’installe. Le regard des institutions devient plus lourd, le risque de placement d’un·e autre enfant s’accroît, même sans événement déclencheur.  

Dans cette spirale, ce n’est pas la violence qui condamne les mères. Ce n’est pas la négligence. C’est la pauvreté, l’isolement, l’instabilité résidentielle. Et ce sont précisément les femmes les plus vulnérables qui se retrouvent confrontées à cette mécanique implacable. 

« L’erreur, c’est de ne pas avoir d’appartement. »  

Isabelle, mère seule, citée par Alter Échos [5] 

Les droits de l’enfant conditionnés par la pauvreté  

La Convention internationale des droits de l’enfant garantit à chaque enfant le droit de vivre dans sa famille, sauf en cas de danger grave [6]. Et la Cour européenne des droits de l’homme l’a rappelé à plusieurs reprises : la pauvreté ne peut, à elle seule, justifier une séparation familiale [7]. 

Pourtant, dans les faits, les enfants de familles pauvres — en particulier celles et ceux de mères seules — sont surreprésenté·es dans les placements. Loin de les soutenir, le système fragilise davantage ces femmes, et interprète leur vulnérabilité comme une incapacité parentale [8]. 

« Être une femme sans abri ou mal-logée, c’est déjà être jugée ‘mauvaise mère’ par défaut. »  

AGORA, Précieux enfants, 2020 [9] 

Un échec du système  

À Bruxelles, 87 % des familles monoparentales sont dirigées par des femmes, dont un quart vit sous le seuil de pauvreté [10]. Elles cumulent les fragilités (rupture familiale, emploi instable, violences passées, non-recours au droit, etc.), mais sont les premières pénalisées, les dernières soutenues. Le système social, en théorie protecteur, punit leur pauvreté au lieu de la combattre.  

Selon AGORA, Vie Féminine et la Ligue des droits humains, les mères précaires font l’objet d’une stigmatisation récurrente, renforcée par des jugements subjectifs liés au genre, à l’origine sociale ou culturelle [11]. Les mères seules sont ainsi discriminées dans les décisions de placement.  

« Une mère dort avec son enfant ? C’est jugé anormal. Elle ne pleure pas ? Elle est froide. Elle pleure trop ? Elle est instable. Tout devient suspect. »  

Service AGORA, Précieux enfants, 2020

 Les mères qui demandent de l’aide sont souvent celles qui entrent dans le viseur des services sociaux. Parce qu’elles sont visibles, parce qu’elles craquent, parce qu’elles maîtrisent mal la langue ou peinent à expliquer leur situation. Leur vulnérabilité devient soupçonnée, scrutée, sanctionnée. 

De nombreuses mères témoignent d’un effet de spirale : la perte d’un logement entraîne le placement d’un·e enfant, puis d’un·e second·e. Les institutions développent une logique de suspicion durable. La demande d’aide, les larmes, le repli, les erreurs d’expression ou de gestion deviennent des signaux “d’alerte”. 

Une question se pose : pourquoi n’y a-t-il pas plus de logements publics pour les mères précaires ? La Belgique ne consacre que 6,7 % de son parc immobilier au logement social, contre 16 % en moyenne dans l’Union européenne [12]. À cette carence s’ajoute le fait que les femmes seules avec enfants ne sont pas toujours prioritaires, malgré leur extrême vulnérabilité. 

Trouver un logement avec un revenu compris entre 1 300 € et 1 700 € (minima sociaux en tant que personne isolée ou avec des enfants à charge) relève de l’impossible, a fortiori à Bruxelles. Les listes d’attente pour un logement social s’allongent d’année en année, et le manque de places en maison d’accueil pour femmes en difficulté est criant. Mais dans les décisions judiciaires, le manque de logements est souvent présenté comme un motif objectif de placement. 

Être pauvre ne devrait jamais suffire à justifier une séparation. Car ce n’est pas seulement une mère qu’on éloigne : c’est un·e enfant qu’on arrache à son quotidien, à sa fratrie, à son quartier, à son école, à ses amis… Un·e enfant qui, souvent, ne comprend pas. Qui se sent puni·e, abandonné·e, trahi·e. 

Comment L’Ilot lutte contre le placement pour cause de précarité ?  

Quand la pauvreté devient un motif de séparation, ce n’est plus de la protection. C’est une injustice. Quand elle empêche une famille de se reconstruire, c’est une faillite collective. 

Nous ne participerons pas à une société qui arrache les enfants à la misère pour mieux la perpétuer. Nous nous battrons pour une société qui donne aux parents les moyens de retrouver leur(s) enfant(s). 

À L’Ilot, nous savons qu’un logement peut faire la différence entre une rupture et une reconstruction. Nous savons que des centaines de mères accompagnées à Circé ou dans nos autres services d’accueil ou d’hébergement cherchent à renouer avec leurs enfants. Nous savons que nos maisons d’accueil, nos ateliers “café parents”, nos activités mères-enfants, etc. restaurent des liens fragiles, mais vivants. 

Mais cela ne suffit pas. C’est pourquoi nous travaillons et plaidons pour :  

  • l’élaboration d’un centre d’expertise « Genre, précarité et travail social », afin de mieux comprendre les réalités des femmes les plus précarisées et de former les professionnel·les des secteurs du social à ces enjeux spécifiques ; 
  • la création de logements accessibles à loyers modérés, pensés pour des familles fragilisées, notamment produits par L’Ilot avec ses partenaires ;
  • la transformation des espaces communs de nos maisons d’accueil en studios individuels, plus respectueux de l’autonomie et du lien familial ;
  • le renforcement de la priorité claire au logement pour les mères seules, afin d’éviter des placements injustes ; 
  • la fin des politiques qui punissent les femmes pauvres au lieu de les soutenir.

Être victime ne devrait jamais être une faute. 

Sources et ressources  

  • [1] Ligue des familles, Recherche-action sur les attentes et les besoins des familles monoparentales, 2022
  • [2] Axelle Magazine, Placements abusifs d’enfants : pour leur bien ? – 2022 
  • [3] Défense des Enfants International – Belgique, Entretien avec Benoît Van Keirsbilck, 2022 (voir aussi notre interview) 
  • [4] Baromètre des loyers, Région de Bruxelles-Capitale, 2024 
  • [5] Alter Échos, Maman et bébé sans domicile fixe, 2023 
  • [6] Convention internationale des droits de l’enfant, ONU, art. 9 
  • [7] Convention internationale des droits de l’enfant, ONU, art. 9 ; Cour européenne des droits de l’homme 
  • [8] Ligue des droits humains, Le placement – chronique d’une séparation annoncée, 2023
  • [9] Service AGORA / Lutte contre la pauvreté, Précieux enfants, 2020 
  • [10] Ligue des familles, Recherche-action sur les attentes et les besoins des familles monoparentales, 2022 
  • [11] AGORA, Précieux enfants, 2020 ; Vie Féminine, Aide à la jeunesse aveugle aux violences faites aux femmes, 2023 ; LDH, Le placement, 2023 
  • [12] Housing Europe, The State of Housing in the EU 2023 
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Le chien, soutien émotionnel vital pour les personnes sans abri 1024 576 L'Ilot

Le chien, soutien émotionnel vital pour les personnes sans abri

Photo : ©Jevtic

Le chien, soutien émotionnel vital pour les personnes sans abri

Sommaire :
  • Le chien comme seul soutien émotionnel face à la vie en rue
    1. Un compagnon fidèle dans l’adversité
    2. Un soutien émotionnel face à la solitude
  • Le chien comme refuge pour les personnes sans abri
  • Des centres de jour à adapter pour accepter les chiens
  • Le projet innovant de L’Ilot pour accueillir les personnes sans abri avec leur chien

Selon une étude de l’université autonome de Barcelone, 67 % des personnes sans chez-soi ont un chien, et 74 % d’entre elles considèrent leur animal comme leur unique source de soutien social. Parmi les 9 777 personnes sans abri recensées à Bruxelles (chiffres du dernier dénombrement), beaucoup vivent avec un chien. Un animal de compagnie, véritable soutien émotionnel, qui représente souvent tout ce qui leur reste : un repère, une alarme, un réconfort…

Et pourtant, faute d’accueil adapté pour cet ami fidèle, beaucoup de personnes sans chez-soi renoncent aux services des centres de jour. Il est plus qu’urgent de penser autrement ces espaces afin de répondre aux besoins vitaux des femmes, des hommes et des enfants qui affrontent la rue. C’est pourquoi L’Ilot lance aujourd’hui un nouveau projet d’innovation sociale : adapter nos services de première ligne pour accueillir les personnes avec leurs chiens.

Le chien comme seul soutien émotionnel face à la vie en rue

Dans la rue, un lien vital subsiste encore parfois quand tout le reste s’est effondré. On parle ici de l’apport du chien comme soutien émotionnel pour les personnes sans abri. Ces femmes, hommes et enfants ont tout perdu et affrontent chaque jour la dure réalité de la vie sans chez-soi. Nous savons combien celle-ci détruit le corps, le moral, l’espoir…

Un compagnon fidèle dans l’adversité

Au milieu de toute cette violence, le chien est protecteur. Il devient un repère, un gardien contre la peur et l’abandon. Quand on n’a plus de toit, plus de sécurité, il reste cet être qui ne jugera jamais, qui restera à nos côtés, coûte que coûte. Pour beaucoup de personnes privées de logement, leur chien constitue leur seule famille.

Un soutien émotionnel face à la solitude

Dans un monde de solitude, les animaux de compagnie sont une source d’affection et de valorisation face au rejet de la société. Le chien reste un ami fidèle, il aide à tenir debout quand tout vacille. Il apporte un réconfort émotionnel constant, agit comme un rempart contre le stress et la solitude extrême. Selon la revue Harvard Health Publishing, la présence d’un animal de compagnie diminue en effet la tension artérielle ainsi que le cortisol (hormone du stress) et stimule l’ocytocine (hormone du bien-être).

Le chien comme refuge pour les personnes sans abri

La survie en rue est une lutte quotidienne. Face aux dangers, le chien représente un véritable refuge. Il permet de dormir quelques heures, sans craindre une agression ou un vol, se reposer en évitant un cauchemar de plus. Le manque de sommeil détruit. Dormir permet aux personnes sans abri de tenir, survivre une journée de plus. Et pour cela, beaucoup ne peuvent compter que sur leur chien.

« Avant, je ne dormais jamais. Je craignais trop qu’on m’agresse ou qu’on me vole. J’étais toujours sur mes gardes, épuisé, à bout de force. Je n’avais plus envie de vivre. Depuis que j’ai recueilli Molly, je peux enfin fermer les yeux quelques heures. Sans elle, je ne serais sûrement déjà plus là. »

Patrick*, personne sans abri, et sa chienne Molly

Des centres de jour à adapter pour accepter les chiens

Le lien vital qui unit les publics vivant en rue et leur chien est constamment mis en péril. Très peu de centres de jour acceptent les chiens. Les conséquences sont dramatiques : trop de personnes sans chez-soi renoncent à leurs besoins vitaux faute d’accueil adapté pour leur chien. Elles ne peuvent donc pas accéder aux services d’accompagnement social, prendre un repas ou une douche :

« C’est dur… Je ne peux pas aller me réchauffer, prendre une douche ou manger un vrai repas à cause de mon chien. Et je ne peux pas la laisser dehors, j’ai trop peur qu’on me la prenne ou qu’il lui arrive quelque-chose. »

Patrick*

Ce choix, inhumain, L’Ilot ne peut plus le cautionner. Nous refusons que la présence d’un chien soit un obstacle à l’accès à nos services.

Le projet innovant de L’Ilot pour accueillir les personnes sans abri avec leur chien

Toute personne dans le besoin doit pouvoir être accueillie avec dignité, qu’elle soit seule ou accompagnée de son compagnon à quatre pattes. C’est pourquoi L’Ilot lance aujourd’hui un nouveau projet d’innovation sociale : adapter nos services de première ligne pour accueillir les personnes avec leurs chiens. Ce qui implique :

  • de former nos équipes à l’accueil canin ;
  • d’aménager des espaces adaptés à leurs besoins ;
  • de fournir des soins antiparasitaires gratuits ;
  • etc.

Protéger ce lien, c’est protéger une vie. Ce projet vital, nous le portons sans aucune subvention financière. Ce qui signifie que sans votre soutien, il ne verra jamais le jour ! Votre don peut changer des vies.

Personne ne devrait être contraint de choisir entre des soins de première nécessité et son animal de compagnie.

* Prénom d’emprunt. Patrick symbolise les centaines de personnes sans abri accompagnées par L’Ilot grâce à votre soutien.

enfants placés en institution
Placement en institution et précarité : causes et alternatives 1024 576 L'Ilot

Placement en institution et précarité : causes et alternatives

Benoît Van Keirsbilck, directeur de Défense des Enfants International – Belgique, alerte sur la banalisation des mesures de retrait d’enfants de leur milieu familial. Il appelle à mieux faire respecter leurs droits, en soutenant les familles avant de les éloigner. Interview à découvrir dans le cadre de notre nouvelle publication sur les enfants placés pour cause de précarité qui paraîtra début septembre.

Pourquoi est-il important de parler des enfants placés en institution ?

Parce qu’ils et elles figurent parmi les enfants les plus vulnérables. En Belgique francophone, chaque année, près de 40.000 enfants sont placés dans des institutions, familles d’accueil ou services spécialisés. Cette séparation, censée rester une exception, est trop souvent une réponse à la pauvreté, faute de solutions de soutien adaptées.

Peut-on dire que le placement en institution est en soi un problème ?

L’accueil en dehors du milieu familial, peut être nécessaire, mais il ne doit jamais être une réponse à la misère. Or, les enfants vivant dans des familles pauvres sont surreprésentés dans les séparations familiales. C’est une injustice structurelle. Comme le rappelle la Cour européenne des droits de l’homme, vivre dans la précarité ne devrait jamais justifier une séparation familiale.

Alors, quelles alternatives au placement en institution faut-il promouvoir ?

La première responsabilité de l’État est de soutenir les familles pour qu’elles puissent remplir leur rôle. Cela passe par l’accès à un logement digne, une aide sociale suffisante, et des services de proximité. Il faut aussi développer l’accueil familial, bien accompagné, et mieux prendre en compte la parole de l’enfant dans toutes les décisions.

Les enfants ont-ils un droit à vivre avec leurs parents ?

Oui, c’est un droit fondamental. La Convention internationale des droits de l’enfant reconnaît que l’enfant a, autant que possible, le droit de grandir dans sa famille. Les parents ont la responsabilité première d’élever leurs enfants et de favoriser leur développement. Mais c’est aussi le devoir des États de leur fournir l’aide nécessaire pour qu’ils puissent assumer ce rôle.

Quels sont les engagements concrets des États dans ce domaine ?

Les États doivent mettre en place des politiques de prévention, de soutien aux familles en difficulté, et veiller à éviter les séparations non nécessaires. Cela implique notamment un accès réel à un logement, à des services sociaux et de santé, à l’éducation, mais aussi à un accompagnement dans la parentalité. N’oublions pas que la pauvreté résulte le plus souvent de l’inadéquation des politiques sociales. La limitation du droit au chômage dans le temps est un bel exemple d’une politique qui n’a pas pris en compte ses conséquences sur les enfants et les familles et qui va entraîner un nombre important de personnes dans une précarité accrue. Toute nouvelle législation devrait faire l’objet d’une évaluation relative à son impact sur les enfants et leurs droits (en anglais on parle de CRIA : child rights impact assessment).

Le fait d’être pauvre est-il un facteur de séparation des enfants de leur famille ?

Malheureusement, oui. De nombreuses études, comme la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme, montrent que la pauvreté reste un facteur aggravant. Des enfants sont encore retirés de leur famille non pas parce qu’ils sont en danger, mais parce que leurs parents n’ont pas les ressources pour subvenir à leurs besoins. C’est une injustice profonde. Et ça coûte plus cher à la société, ça a été largement démontré.

Enfants placés et pauvreté en Belgique : les chiffres clés 

Pauvreté en Belgique

  • D’après une étude récente de Statbel sur la question, plus de 2,1 millions de Belges couraient en 2024 un risque de pauvreté ou d’exclusion sociale
  • Toujours en 2024, Bruxelles-Capitale est la région qui affiche selon Statbel le risque de pauvreté ou d’exclusion sociale le plus élevé (37,2 %) 

Répartition des risques de pauvreté en Belgique (source : Statbel) 

Pauvreté infantile en Belgique

  • 19 % des enfants belges vivaient dans la pauvreté en 2023 (Bureau fédéral du Plan)
  • 13,7 % des enfants de 0 à 15 ans souffraient en 2024 de privation matérielle spécifique à leurs besoins (Statbel)
  • Cette privation varie beaucoup selon les caractéristiques des ménages dans lesquels ils évoluent. Par exemple, elle touchait (en 2024) 23,4 % des enfants à Bruxelles, mais 18,5% en Wallonie et 9% en Flandre (Statbel) 

Inégalités dans la privation matérielle des enfants en fonction des ménages (source : Statbel)  

Les chiffres du placement d’enfants en Belgique

  • En Fédération Wallonie-Bruxelles, près de 7 000 enfants sont placés chaque année suite à la décision d’un juge (RTBF, 2024)  
  • Dans la région bruxelloise, 440 enfants étaient en attente d’une place en août 2024. La pénurie des places en institution ou famille d’accueil est telle que certain·es mineur·es sont même logé·es dans des hôpitaux (RTBF).