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Marchienne-au-Pont : des nouveaux logements de transition pour femmes et enfants 1024 576 L'Ilot

Marchienne-au-Pont : des nouveaux logements de transition pour femmes et enfants

Marchienne-au-Pont : des nouveaux logements de transition pour femmes et enfants

Après quinze mois de rénovation en profondeur, la maison d’accueil de L’Ilot à Marchienne-au-Pont rouvre ses portes sous une forme entièrement repensée : le bâtiment accueille désormais sept studios et trois appartements destinés à héberger temporairement des femmes sans chez-soi, seules ou avec leurs enfants.

Avec ces nouveaux logements de transition à Marchienne-au-Pont, L’Ilot souhaite proposer une expérience plus proche de la vie « chez-soi », tout en maintenant un cadre sécurisant et un accompagnement social conséquent. Ce projet marque une étape importante dans le nouveau plan stratégique de L’Ilot : faire du logement le principal levier de sortie du sans-chez-soirisme.

Une maison d’accueil pensée comme un tremplin vers le logement

Pendant longtemps, les maisons d’accueil ont été organisées autour d’espaces collectifs, répondant avant tout aux situations d’urgence. Si cette réponse reste indispensable, elle ne suffit plus toujours à préparer une sortie durable du sans-chez-soirisme.

L’Ilot fait évoluer ce modèle. À Marchienne-au-Pont, les anciens espaces ont donc été transformés en unités de vie individualisées. Les femmes et les familles accueillies disposent de leur propre studio ou appartement, avec davantage d’intimité, tout en conservant l’accès à des espaces communs et à des activités collectives choisies.

Cette nouvelle configuration renforce trois dimensions essentielles à la reconstruction des parcours :

  • préserver l’intimité de chacune ;
  • restaurer la dignité après des parcours souvent marqués par des violences multiples ou de la grande précarité ;
  • proposer un cadre compatible avec la vie familiale lorsque des enfants sont présents.

L’objectif n’est pas simplement d’offrir un hébergement temporaire. Il s’agit de permettre aux personnes accueillies de retrouver progressivement les repères d’une vie autonome, dans un environnement sécurisé et protecteur.

Une expérience de vie plus proche du logement

Vivre dans un studio ou un appartement permet de retrouver progressivement des gestes et des responsabilités du quotidien : organiser son espace, préparer les repas, gérer un budget, maintenir des routines ou articuler la vie familiale avec les démarches administratives et sociales.

Cette expérience « comme en logement » constitue une étape importante pour des femmes dont les parcours ont souvent été marqués par des ruptures successives, des violences, des hébergements précaires ou une longue période sans espace personnel.

Le cadre proposé à Marchienne associe ainsi autonomie et accompagnement. Les résidentes disposent de leur propre unité de vie, mais peuvent compter sur une présence professionnelle et sur un suivi adapté à leur situation.

La dynamique collective reste également présente, mais elle n’est pas imposée. Des activités et des moments communs sont organisés pour lutter contre l’isolement, favoriser l’entraide et recréer du lien, sans remettre en cause le besoin d’intimité et de sécurité de chacune.

Un accompagnement intensif dans un cadre protecteur

Le dispositif de Marchienne-au-Pont, composé de 7 studios et 3 appartements une chambre, dont certains accessibles aux PMR, accueille volontairement un nombre limité de femmes afin de préserver la qualité de l’accompagnement. Le dispositif global pourra accueillir jusqu’à 21 personnes.

Chaque femme bénéficie d’un suivi individualisé portant notamment sur :

  • l’accès aux droits ;
  • la santé ;
  • les démarches administratives ;
  • la recherche de logement ;
  • la préparation à une installation durable.

L’accompagnement s’adapte également aux réalités vécues par les femmes accueillies, notamment lorsqu’elles ont connu des violences conjugales, des ruptures familiales ou des parcours de grande précarité.

L’objectif est simple : que le temps passé à Marchienne-au-Pont permette de reconstruire des repères suffisamment solides pour éviter un retour à la rue ou dans un environnement insécurisant. Cette approche s’appuie sur l’expertise développée par L’Ilot auprès des femmes en situation de grande précarité.

Un espace adapté aux enfants et à la vie familiale

La présence d’enfants a été prise en compte dès la conception du projet. Les appartements permettent aux familles de disposer d’un cadre plus proche d’un véritable domicile et de préserver davantage leurs rythmes, leurs relations et leur intimité.

Un local spécifique est également prévu pour les enfants de moins de trois ans ainsi que les adolescent·es. Plus largement, les enfants peuvent être intégrés au projet jusqu’à l’âge de 18 ans. Lorsque l’un ou l’une d’entre eux atteint la majorité pendant le séjour, la continuité de son accompagnement est organisée avec les partenaires concernés.

Cette attention portée aux enfants est essentielle. Le sans-chez-soirisme affecte l’ensemble de la vie familiale : la scolarité, la santé, le sommeil, les relations sociales ou encore le sentiment de sécurité. Offrir un espace de vie individualisé permet de limiter certains de ces effets et de recréer un cadre quotidien plus stable.

Un dispositif “par et pour les femmes” : non-mixité et équipe 100 % féminine

Le projet est conçu par et pour les femmes : il repose sur un cadre non mixte et une équipe 100 % féminine, en cohérence avec les objectifs de sécurité, d’accessibilité et de continuité.

Cette organisation vise des effets opérationnels : réduire les freins à l’entrée, soutenir la confiance, limiter les risques de décrochage et permettre un accompagnement plus approfondi sur des enjeux sensibles dans un cadre de sécurité relationnelle.

Cyrielle, coordinatrice de la maison d’accueil, vous présente les nouveaux logements.

Le logement au cœur du nouveau projet de L’Ilot

La transformation du site de Marchienne-au-Pont n’est pas un projet isolé. Elle s’inscrit dans le nouveau plan stratégique 2025-2030 de L’Ilot, qui place le logement au centre de ses priorités. L’Ilot continuera bien entendu à répondre aux situations d’urgence, mais souhaite désormais consacrer une part plus importante de son énergie à deux objectifs complémentaires :

  • produire des solutions de logement accessibles et abordables ;
  • accompagner les personnes sans chez-soi vers ces logements et dans leur maintien, afin de favoriser leur autonomie.

De Marchienne-au-Pont à la rue des Palais

Cette vision prend déjà forme à travers plusieurs projets majeurs, comme le futur site de la rue des Palais à Schaerbeek. En collaboration avec Fair Ground Brussels, L’Ilot y a acquis plusieurs immeubles qui devraient accueillir, d’ici 2027, Circé de L’Ilot, notre centre de jour pour femmes sans chez-soi, dans un lieu pérenne.

Le site de la rue des Palais comprendra également des studios et appartements de transition pour des femmes seules et des mamans solos, ainsi que des logements à long terme pour des personnes sorties de la rue.

Depuis 2016, 72 logements ont déjà été créés avec des investisseuses et investisseurs privés engagé·es dans des projets immobiliers sociaux. D’ici 2030, L’Ilot souhaite changer d’échelle et développer davantage de solutions durables pour les personnes les plus vulnérables.

Un projet intégré au réseau de Charleroi

Le dispositif de Marchienne-au-Pont n’a pas vocation à fonctionner de manière isolée. Il s’inscrit dans un réseau de partenaires actifs dans les secteurs du logement, de la santé, de la parentalité, de l’aide sociale et de la lutte contre les violences faites aux femmes.

Cette coopération est indispensable pour garantir la continuité des parcours. Elle doit permettre d’assurer des orientations adaptées, de mobiliser les services spécialisés lorsque cela est nécessaire et de préparer des solutions de sortie réalistes.

Avec les logements de transition de Marchienne-au-Pont, L’Ilot concrétise une conviction qui guide désormais l’ensemble de sa stratégie : on ne sort pas durablement du sans-abrisme sans agir directement sur le logement.

Un toit n’est pas un luxe. C’est la base d’une construction durable.

journée internationale des droits des femmes
Journée internationale des droits des femmes 1024 576 L'Ilot

Journée internationale des droits des femmes

Journée internationale des droits des femmes 

Sommaire :

  • Qu’est-ce que la Journée internationale des droits des femmes ?  
  • Pourquoi le 8 mars est-il la Journée internationale des droits des femmes ? 
  • « Un toit contre du sexe » : le thème de L’Ilot pour le 8 mars 
    • Une conséquence de la crise du logement 
    • Une inégalité structurelle  
  • Nos revendications dans le cadre du 8 mars  

Le 8 mars, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, les équipes de L’Ilot marchaient dans les rues de Bruxelles pour alerter nos responsables politiques.  

Face à la crise du logement, certaines femmes n’ont plus d’autre choix que de « payer » un toit avec leur corps. Une violence structurelle qui ne fera que perdurer tant qu’un logement stable, accessible et sûr ne sera garanti pour toutes. 

Qu’est-ce que la Journée internationale des droits des femmes ?  

Célébrée le 8 mars et officialisée par les Nations unies en 1977, la Journée internationale des droits des femmes est une journée mondiale de mobilisation pour l’égalité entre les femmes et les hommes et contre toutes les formes de discriminations envers les femmes. Elle permet non seulement de dresser le bilan sur la situation, mais aussi de rappeler les inégalités persistantes (économiques, sociales, politiques…) et de porter les revendications féministes pour une société plus juste. 

Pourquoi le 8 mars est-il la Journée internationale des droits des femmes ? 

La Journée internationale des droits des femmes puise ses racines dans les luttes ouvrières et mobilisations de femmes du début du 20e siècle, en Europe et aux États-Unis. Le choix symbolique du 8 mars fait référence à la grande grève des femmes russes de Petrograd, survenue le 23 février 1917 selon le calendrier julien, soit le 8 mars dans le calendrier grégorien (source). 

 « Un toit contre du sexe » : le thème de L’Ilot pour le 8 mars 

 Dans le cadre de la Journée internationale des droits des femmes, nous avons choisi de mettre en lumière une réalité que beaucoup préfèrent ignorer. Dans nos villes, des femmes, des mères, des jeunes étudiantes, des personnes migrantes et sans chez-soi se voient proposer un lit, un canapé, une chambre… en échange de rapports sexuels. Elles ne sont pas «libres de choisir». Elles négocient leur survie. Quand la seule alternative est la rue, le consentement est vicié par définition : il ne peut exister là où la survie est en jeu.  

 Une conséquence de la crise du logement 

Ni marginal, ni anecdotique, ce phénomène est le produit direct de la crise du logement :  

  • loyers qui explosent,  
  • pénurie de logements abordables,  
  • listes d’attente interminables pour un logement social,  
  • saturation des dispositifs d’hébergement d’urgence.  

Dans un marché où «tout est plein», celles et ceux qui disposent du moins de ressources se retrouvent au bas de l’échelle, dépendant de solutions informelles, invisibles, et donc propices aux abus. Là où l’offre de logements dignes et accessibles fait défaut, l’emprise et la violence s’installent. 

Une inégalité structurelle  

Le 8 mars nous rappelle que les femmes restent en première ligne des inégalités économiques, des violences conjugales et sexuelles, de la précarité familiale. Ce chantage sexuel contre un toit repose sur des rapports de domination qui continuent de faire du corps des femmes un bien disponible. Il prospère d’autant plus facilement que le logement est rare et cher. Quand une mère solo doit choisir entre accepter les «conditions» d’un propriétaire ou dormir dehors avec ses enfants, quand une femme sans abri se voit proposer une nuit «en sécurité» chez un inconnu après un refus dans un centre d’hébergement, quand une femme sans papiers n’ose pas refuser de peur de tout perdre, nous ne sommes plus dans le registre de la liberté individuelle. Nous sommes face à une violence structurelle que notre société tolère en fermant les yeux. 

Nos revendications dans le cadre du 8 mars  

Nous affirmons qu’il est urgent de changer de perspective. À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, nous rappelons que la première prévention contre ces violences, c’est le logement : disponible, abordable, inconditionnel. Tant que des milliers de femmes vivront sans chez-soi, en hébergement précaire, en colocation forcée ou chez des tiers qui peuvent «faire pression», nous continuerons à produire les conditions parfaites pour ce chantage sexuel. 

Concrètement, cela implique des choix politiques clairs : augmenter massivement le parc de logements (publics, sociaux et associatifs), encadrer les loyers, garantir aux femmes le droit à un hébergement d’urgence inconditionnel, soutenir et financer des dispositifs spécifiques pour les femmes sans chez-soi… 

Prévenir ces violences suppose aussi de sortir de l’hypocrisie. On ne peut pas, d’un côté, restreindre l’accès aux droits sociaux, durcir les conditions d’accès au chômage, précariser les personnes migrantes, laisser les femmes assumer l’essentiel de la charge des enfants après une séparation… et, de l’autre, se dire «choqué·e» quand des personnes, acculées, en viennent à «payer» leur toit avec leur corps. Le chantage sexuel contre un logement n’est pas une dérive isolée : c’est le symptôme d’un système qui accepte que certaines vies n’aient pas de place, pas de chambre à soi. 

Dans le contexte de la Journée internationale des droits des femmes, nous demandons aux responsables politiques à tous les niveaux de pouvoir : 

  • l’intégration au Plan d’action national de lutte contre les violences basées sur le genre, le lien entre sans-abrisme au féminin et violences, notamment sexuelles, subie par les femmes ;
  • un plan ambitieux et chiffré de création de logements accessibles, pensé en lien avec les associations de terrain et les premières concernées; 
  • l’intégration systématique d’une approche spécifique aux femmes dans les politiques de logement et de lutte contre la pauvreté ; 
  • des moyens renforcés et pérennes pour les services d’accompagnement et centres de jour qui travaillent avec les femmes sans chez-soi et mal logées. 

Nous n’acceptons pas que, dans un pays riche, au cœur de l’Europe, la survie de milliers de femmes se joue chaque soir au prix de leur dignité et de leur intégrité physique. Tant que l’accès au logement restera une course où les plus fragilisées partent avec plusieurs longueurs de retard, les prédateurs auront toujours un coup d’avance. 

La Journée internationale des droits des femmes ne peut pas se réduire à des slogans ou à quelques déclarations symboliques. Mettre fin à cette violence exige du courage politique et un changement de cap: considérer le logement non comme une variable d’ajustement, mais comme un droit fondamental. Si chacune disposait d’un logement stable, accessible et sûr, cette forme de chantage perdrait mécaniquement son pouvoir.  

Carte blanche signée par Ariane Dierickx, directrice de l’Ilot; Maïté Meeûs, créatrice de « Balance ton bar »; Laurent Demoulin, asbl Diogènes; Maria Miguel Sierra, « La Voix des Femmes »; Amélie Servotte, Vie Féminine asbl; Valérie Lootvoet, Université des Femmes; Hafida Bachir, Cofondatrice d’Egali-T ASBL; Fatma Karali, Des Mères Veilleuses; Isabella Lenarduzzi, Jump – Solutions for Equity at Work; Francesca Operti, Isala; Donatienne Portugaels, Mouvement pour l’Egalité entre les Femmes et les Hommes.
prix fédéral de lutte contre la pauvreté
Prix fédéral de lutte contre la pauvreté – Votez pour Circé (Ilot) ! 1024 576 L'Ilot

Prix fédéral de lutte contre la pauvreté – Votez pour Circé (Ilot) !

Prix fédéral de lutte contre la pauvreté – Votez pour Circé (Ilot) !

Sommaire :
  • Qu’est-ce que le Prix fédéral de lutte contre la pauvreté ?
  • Prix fédéral de lutte contre la pauvreté : comment voter ?
  • Pourquoi voter pour Circé de L’Ilot ?
  • Ressources

En 2025, le Prix fédéral de lutte contre la pauvreté concerne « des actions préventives ou curatives qui assurent la continuité des soins et de l’aide » pour ce public (news.belgium).

Deux prix de 15 000 € sont attribués, respectivement par un jury d’experts et par le vote du public (du 4 au 28 septembre 2025). La cérémonie de remise se tiendra quant à elle le 2 octobre 2025 (news.belgium).

Après ISSUE en 2024, L’Ilot voit cette fois son projet Circé figurer parmi les 9 finalistes ! Il s’agit là d’une belle consécration pour le premier et seul centre de jour par et pour les femmes sans abri à Bruxelles.

Qu’est-ce que le Prix fédéral de lutte contre la pauvreté ?

Créé le 4 juillet 2008 et organisé par le SPP Intégration sociale (SPP Intégration sociale), le Prix fédéral de lutte contre la pauvreté met en lumière des initiatives qui améliorent concrètement la vie quotidienne des personnes en situation de précarité (news.belgium).

Prix fédéral de lutte contre la pauvreté : comment voter ?

Voter pour le projet Circé de L’Ilot n’a rien de plus simple ! Il vous suffit de :

Pourquoi voter pour Circé de L’Ilot ?

Finaliste du Prix fédéral de lutte contre la pauvreté, Circé de L’Ilot est, à notre connaissance, le seul projet conçu par et pour les femmes en Belgique. Unique à Bruxelles, ce centre de jour pour femmes sans abri puise ses racines dans les nombreux constats d’une recherche-action menée par L’Ilot :

  • les femmes sont invisibilisées en rue ;
  • la majorité des femmes en rue sont victimes de différents types de violences (intrafamiliales, conjugales, etc.) et de dominations ;
  • les femmes sont en minorité dans les centres mixtes et y rencontrent très souvent les hommes qui se sont montrés violents envers elles.

L’impact positif de Circé pour ses usagères est indispensable. Le centre répond aussi bien aux besoins vitaux (se nourrir, se laver, etc.) que psychiques. En effet, il offre un accompagnement psycho-médico-social grâce à une équipe formée spécifiquement aux problématiques de genre, de travail social et de violences (subies par les femmes en rue).

La plupart des usagères viennent régulièrement à Circé, ce qui leur permet de retrouver du pouvoir d’agir mais aussi d’être en sécurité pendant quelques heures et à l’abri de la chaleur ou des intempéries.

Moira Fornier, Coordinatrice de Circé

Ressources  

SPP Intégration sociale :

manifestation femmes 8 mars
8 mars : L’Ilot manifeste pour les droits des femmes 1024 576 L'Ilot

8 mars : L’Ilot manifeste pour les droits des femmes

Salaires inférieurs, temps partiels subis, métiers sous-valorisés, retraites plus faibles… En Belgique, les femmes sont les premières victimes de la précarité financière. Une réalité qui les maintient dans une dépendance économique et les expose davantage à la précarité, au mal-logement et au sans-abrisme.

L’homme le plus pauvre de Belgique est une femme

La précarité économique touche particulièrement les femmes, notamment celles issues de milieux défavorisés, migrantes ou monoparentales. En Belgique, 70 % des personnes pauvres sont des femmes. Les familles monoparentales, souvent dirigées par des femmes, vivent avec un risque de pauvreté de 41 %. Et les femmes seules de moins de 65 ans sont également plus exposées à la précarité. Les femmes occupent souvent des emplois précaires et mal rémunérés, particulièrement dans les secteurs du soin et de l’action sociale, tout en assumant une charge de travail domestique disproportionnée.

Quelques chiffres
  • 70 % des personnes en situation de pauvreté individuelle sont des femmes.
  • Une femme en couple a quatre fois plus de risques d’être en précarité (32 %) qu’un homme en couple (7 %).
  • La dépendance financière concerne 23 % des femmes en couple contre seulement 3 % des hommes.
  • Les revenus annuels nets moyens des hommes s’élèvent à 25.935 €, contre 18.585 € pour les femmes.
  • 66,4 % des femmes de 20 à 64 ans travaillent, contre 74,5 % des hommes.

Ces chiffres sont issus de notre étude-action « Sans-abrisme au féminin : sortir de l’invisibilité », sortie en 2022.

Moins de revenus… Mais plus de dépenses

Au quotidien, les femmes font face à des dépenses supplémentaires qui alourdissent leur budget et creusent encore davantage les inégalités financières par rapport aux hommes. Parmi celles-ci :

  • La taxe rose : les rasoirs, shampoings, crèmes, etc. sont plus chers que leurs équivalents masculins.
  • Les protections hygiéniques, qui représentent une charge financière de jusqu’à 120 € par an.
  • Les consultations gynécologiques, plus chères qu’une simple consultation médicale.
  • Le maquillage, les soins de la peau et les produits capillaires achetés par les femmes à cause des attentes sociales.
  • Frais de garde et parentalité à leur charge.
  • Dépenses liées à la sécurité : Certaines femmes investissent dans des taxis/Ubers tard le soir par peur des agressions, ce qui entraîne des frais supplémentaires par rapport aux hommes qui utilisent plus souvent les transports en commun la nuit.
Manifestation pour les droits des femmes

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, L’Ilot rappelle que l’accès à un revenu digne et durable est la clé pour sortir durablement de la précarité. Ce samedi 8 mars, nous descendrons dans les rues pour faire entendre notre voix et exiger des politiques économiques qui garantissent aux femmes sans abri des revenus dignes et une véritable indépendance financière.

femmes sans abri
L’horreur : le quotidien des femmes sans abri 1024 576 L'Ilot

L’horreur : le quotidien des femmes sans abri

Jessica* a fui un mari violent pour se réfugier dans notre maison d’accueil pour femmes.
Photo : © Layla Aerts

La journée du 25 novembre est dédiée dans le monde entier à la lutte contre toutes les formes de violences à l’égard des femmes. Bientôt trois mois après l’ouverture par L’Ilot du premier Centre de jour pour femmes sans abri à Bruxelles (Circé de L’Ilot), cette journée résonne encore un peu plus aux oreilles des équipes et des usagères de notre association.

Comme nous l’avions craint, les situations des celles fréquentant ce nouveau dispositif (un peu plus de 80 à ce jour) sont assez terrifiantes : des femmes particulièrement vulnérables et demandant des accompagnements les plus lourds arrivent en masse et osent désormais pousser les portes d’un centre où elles sentent qu’elles seront enfin entendues et correctement accompagnées.

Si
l’étudeaction « Sans-abrisme au féminin : sortir de l’invisibilité » que nous avions menée il y a deux ans nous avait permis d’anticiper le type de situations que l’équipe aurait à gérer une fois le centre ouvert, nous avonsnousmêmes été surpris·es par le niveau d’horreur et de gravité de ces situations et par le caractère quasi systématique de ce que les femmes vivant en rue subissent en termes de violences physiques, sexuelles et psychologiques.

Vu ce niveau de gravité et d’horreur, chacune de ces situations nécessite un accompagnement individuel et intensif de la part de notre équipe. Pendant ce temps, des dizaines d’autres femmes attendent leur tour pour bénéficier d’un accompagnement psychosocial de la part de l’équipe. Malgré la réelle volonté des autorités publiques de soutenir et financer ce projet, cet état de fait démontre que le cadre de financement tel que prévu pour un tel dispositif est déjà insuffisant.

circé femmes sans abri

Sonia* a vécu l'enfer

Sonia* fréquente régulièrement les services de L’Ilot. Comme toutes les femmes sans abri, elle a connu un parcours de violences multiples. Sa reconstruction est difficile, tant les traumatismes subis sont multiples.

Aujourd’hui, ce cadre de financement public est en effet le même pour tous les centres de jour, quel que soit le seuil d’accès et le type de public accueilli. Malheureusement, les situations évoquées cidessus ne peuvent pas être correctement accompagnées avec un tel cadre de financement.

En conclusion et seulement trois mois après l’ouverture du centre, l’équipe pourtant extrêmement engagée est déjà à genoux et nous savons que ces travailleuses ne pourront pas tenir sans un renfort rapide de personnel.
Or, le constat d’indispensabilité de structures spécialisées pour ce public spécifique est désormais implacable. C’est pourquoi nous profitons de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes pour rappeler la nécessité de financer dignement les aides apportées aux femmes sans abri ou en risque de sansabrisme.

L’interview de Katima, usagère du Centre Circé de L’Ilot.

Le parcours de Mina : ferez-vous les bons choix ? 150 150 L'Ilot

Le parcours de Mina : ferez-vous les bons choix ?

Victime de violences conjugales, sans ressources, sans contacts… Incarnez Mina, une maman de trois enfants devant fuir un mari devenu violent. À qui faire confiance ? Où aller ? Choisirez-vous les options lui évitant la rue ?

Tout part d’un constat, mis en avant par l’étude-action “Sans-abrisme au féminin : sortir de l’invisibilité” publiée par L’Ilot début 2022 : le nombre de femmes sans abri ou mal logées est largement sous-évalué et l’offre de services ne leur est pas adaptée alors même qu’elles subissent plus de violences – notamment liées au genre – que leurs homologues masculins.

Dans une démarche intersectorielle et avec l’aide d’un groupe d’expertes du vécu, L’Ilot a développé une série de recommandations pour proposer des solutions concrètes, dignes et durables. Parmi elles : la création d’un centre de jour par et pour les femmes sans abri.

Le Centre de jour Circé de L’Ilot a donc ouvert ses portes en septembre 2023. Les récits terrifiants partagés par ses premières occupantes démontrent encore une fois qu’il était plus qu’urgent de proposer sans délai un refuge à celles sur qui s’abattent les pires violences qu’une société patriarcale est capable d’exercer sur les femmes. L’histoire que vous allez découvrir n’est malheureusement qu’un exemple parmi d’autres de cette triste réalité.

Mina a quitté le Maroc avec ses trois enfants pour rejoindre son mari en Belgique. Après quelques mois, celui-ci est devenu violent. Craignant pour sa vie, Mina a fui le domicile conjugal. Elle se retrouve dehors, sans domicile, sans argent, sans connaître la langue… Où aller ? À qui se confier ou faire confiance ? Comment s’en sortir ?

Le parcours est semé d’embûches et les choix que vous poserez pourraient bien être lourds de conséquences…

L’interview de Katima, usagère du Centre Circé de L’Ilot.

L’interview d’Anne, coordinatrice du Centre Circé de L’Ilot.

reportage transversales femmes à la rue
« Femmes à la rue, au bout de l’impasse », le nouveau reportage sur L’Ilot et les femmes sans abri à Bruxelles 1024 576 L'Ilot

« Femmes à la rue, au bout de l’impasse », le nouveau reportage sur L’Ilot et les femmes sans abri à Bruxelles

« Être une femme à la rue c’est avoir tous les problèmes des hommes, plus les problèmes des femmes ». Intriguée par le pourquoi d’un premier Centre de jour pour et par les femmes à Bruxelles, une équipe de la RTBF nous a accompagnés au cours des six derniers mois pour comprendre l’intérêt d’un tel projet.

C’est un constat alarmant qui leur a mis la puce à l’oreille. Quand nous avons contacté la RTBF et plus précisément la rédaction de l’équipe de l’émission « Transversales » de La Première, nous les avons d’abord bombardé de chiffres.

Parce que ceux-là parlent souvent d’eux-mêmes. À Bruxelles, en 15 ans, le nombre de personnes sans abri a quadruplé. Plus de 7000 personnes sont sans abri dans la capitale, et parmi elles, au moins 1 sur 5 serait une femme. Des femmes qui subissent dans la rue de nombreuses violences, mais pour lesquelles aucun centre d’accueil spécifique n’existe alors.

C’est ce qu’expliquait en janvier 2022 notre étude action réalisée sur le sujet. 91 pages pour analyser des chiffres sous-évalués, comprendre des parcours lourds de violences et questionner un secteur pensé au « masculin universel ». Et comme conclusion la recommandation de la mise sur pied d’un dispositif d’accueil de jour bas seuil, par et pour les femmes, indispensable selon la directrice de L’Ilot Ariane Dierickx : « Quand elles sont en rue, elles revivent des phénomènes de violence beaucoup plus difficiles. Pouvoir accueillir ces femmes dans un endroit où elles se sentent en sécurité et où il y a une écoute particulière, c’était indispensable pour nous. »

De la théorie à la pratique il aura donc fallu un peu plus de 18 mois. Le 20 septembre dernier, Circé de L’Ilot voyait enfin le jour au bout d’un été agité entre remise à neuf de ce nouveau lieu d’accueil, maraudes dans le quartier autour de la Gare du Midi pour faire connaitre le centre et les formations genre et travail social suivies par l’équipe sociale. Comme l’explique Cindy Meirsschaut, experte du vécu et pair-aidante à Circé, le Centre a été voulu comme une maison : « On se sert soi-même son café, il y a des canapés, des bouquins… Pour qu’elles se rappellent à quel point c’est chouette de se sentir comme à la maison car on est toujours dans l’instant présent et dans la survie quand on vit en rue. »

Des semaines stressantes, mais constructrices que l’équipe de « Transversales » aura donc accompagnée précautionneusement.  Avec distance, mais profondeur. Sans voyeurisme, mais toujours avec curiosité. En résulte le reportage puissant de Sophie Mergen. Trente minutes pour mieux comprendre l’indispensabilité d’un service longtemps absent, mais déjà indispensable pour vous faire une idée plus précise de ce qu’est le sans abrisme au féminin.

Inauguration du centre CIRCÉ de L’Ilot 150 150 L'Ilot

Inauguration du centre CIRCÉ de L’Ilot

Ce mercredi 13 septembre a eu lieu l’inauguration du Centre Circé de L’Ilot, le premier centre de jour par et pour les femmes sans abri à Bruxelles.

Ce mercredi 13 septembre, nous avons inauguré le centre Circé de L’Ilot, un lieu d’accueil uniquement pensé par et pour des femmes sans abri et dont l’objectif sera d’accueillir, en mixité choisie, des usagères en situation ou en risque de mal-logement.

Pourquoi Circé ?

Symbole de l’émancipation féminine dans la mythologie grecque, Circé suit son propre chemin et son idéologie. Son mythe a été repris par le patriarcat pour justifier la marginalisation et la punition de femmes trop libres, trop indépendantes et plus savantes que les hommes. C’est une sorcière et derrière ce terme se cache toujours la même idée : celle d’une femme ayant acquis plus de pouvoir que ce que la société ne tolère.

Un nom choisi par la nouvelle équipe sociale 100 % féminine qui sera à l’œuvre dès ce mois de septembre, et l’aboutissement d’un long projet né des multiples constats réalisés depuis plusieurs années au sein de notre association sur le manque de prise en compte d’un sans-abrisme au féminin.

La rue : un monde de violences, particulièrement pour les femmes.

C’est ainsi qu’en janvier 2022 était publiée notre étude-action « Femmes sans abri : sortir de l’invisibilité ». Celle-ci mettait en avant les chiffres, effarants, concernant la présence en rue de nombreuses femmes sans chez-soi et les violences auxquelles elles sont régulièrement confrontées.

Parmi les constats de cette recherche-action : la sous-estimation du nombre de femmes sans abri, mais aussi les interminables parcours de violences qu’elles ont pu subir avant et pendant leur survie dans la rue.

Des spécificités face auxquelles notre secteur s’est longtemps retrouvé démuni : pas assez équipé, trop peu formé, mal accompagné… C’est à cette équation multiple que le tout premier Centre de jour par et pour les femmes sans abris à Bruxelles devra répondre.

Un moment d’échange et de partage autour de la situation des femmes sans abri

Des défis en cascades dans les mois à venir, mais une inauguration et un moment festif d’abord pour marquer la reconnaissance de notre combat pour la prise en compte d’un sans-abrisme au féminin. Organisé en présence de la marraine Lisette Lombé, nouvelle poétesse nationale dès janvier 2024, de partenaires et, bien sûr, de notre équipe sociale, nous avons également fait de cet événement un espace d’échanges.

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