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Illustratie : Prisca Jourdain
Une guidance à domicile dans la prévention du sans-abrisme 1024 712 L'Ilot

Une guidance à domicile dans la prévention du sans-abrisme

L’explosion des coûts énergétiques et l’inflation généralisée ont poussé un grand nombre de personnes vers la précarité. Trouver un nouveau logement pour les personnes sans abri est une première étape ; encore faut-il qu’elles parviennent à le conserver.

C’est pourquoi le développement d’une offre de logements dignes, accessibles et durables est indissociable d’une guidance à domicile régulière et coordonnée. Cette mission est celle de nos deux Services d’Accompagnement À Domicile (S.Ac.A.Do.), l’un actif à Bruxelles, l’autre dans la région de Charleroi. En s’adaptant au rythme de la personne ou de la famille relogée, ils jouent un rôle primordial dans sa nouvelle vie et agissent sur de multiples facettes pour qu’elle puisse s’approprier son logement et s’y stabiliser.

Quelques actions concrètes menées par les services S.Ac.A.Do. : recevoir un soutien administratif pour gérer la paperasse, bénéficier d’une guidance budgétaire pour prioriser le paiement des factures et des dettes, entendre les conseils de professionnel·les pour mieux comprendre et obtenir les aides sociales auxquelles on a droit, être accompagné·e lors d’une inscription en maison médicale ou lors de la recherche d’un logement plus digne ou plus adapté à ses moyens, apprendre à recréer du lien social ou encore à s’intégrer dans le quartier… Parfois, tout simplement, se sentir écouté·e et bénéficier d’un soutien psycho-social pour ne pas craquer…

Un réseau soutenant tissé autour de la personne est une condition importante avant de mettre fin à son accompagnement. Quand celle-ci va mieux sur le plan financier, médical, administratif, du logement, etc., se pose la question de la solitude et de la peur de se retrouver seul·e entre quatre murs. Cette solitude risque fortement de créer de nouvelles problématiques (alcoolisme, repli sur soi, tentation de retour en rue pour retrouver son ancien réseau de survie, etc.).

En 2021, une de nos équipes S.Ac.A.Do. a ainsi accompagné Marie qui payait un loyer de 900 euros avec un revenu du CPAS au taux isolé avoisinant le même montant, l’empêchant fort logiquement de vivre décemment. Suite à un accident de travail, Marie avait vu ses capacités cognitives diminuées. Nous l’avons donc soutenue dans ses démarches auprès du Service Public Fédéral Sécurité Sociale afin d’obtenir une reconnaissance comme personne handicapée. Elle a finalement eu droit à un revenu complémentaire lui permettant ainsi de pouvoir vivre plus décemment.

En 2020, la crise sanitaire nous avait contraints à adapter notre manière de travailler et à cesser les visites à domicile. Le manque de contacts avait fortement impacté les personnes accompagnées : elles avaient énormément souffert de solitude, ayant par ailleurs peu de contacts sociaux et un réseau familial quasi inexistant.

Durant cette année, nous avons plus que jamais compris l’importance de notre travail et d’un de nos lieux essentiels d’action : le domicile des personnes. C’est pourquoi, en 2021, nous avons fait de la reprise des visites à domicile une priorité. Bien entendu, celles-ci ont été réalisées dans le plus grand respect des mesures sanitaires. Nous avons également repris l’organisation d’activités collectives, qu’elles soient culturelles, sociales ou récréatives. Pique-nique, cinéma-débat, bowling ou encore visite du marché de Noël ont ainsi été mis en place pour briser le cycle de la solitude initié par la pandémie.

 

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Un Centre de jour par et pour les femmes 1024 608 L'Ilot

Un Centre de jour par et pour les femmes

Alertés par des chiffres qui semblaient incohérents compte tenu de la réalité de la pauvreté des femmes en Belgique mais aussi par des retours de terrain indiquant une grande difficulté de notre secteur à accompagner correctement les femmes vivant en rue, il nous a paru indispensable de mener une étude-action afin de mieux comprendre les trajectoires qui amènent les femmes en rue et sonder leurs besoins spécifiques. C’est ce que nous avons réalisé en 2021 et nos constats sont sans appel : le nombre de femmes sans abri ou mal logées est largement sous-évalué et l’offre de services ne leur est pas adaptée alors qu’elles subissent plus de violences que leurs homologues masculins.

La sous-évaluation du nombre de femmes sans abri est notamment liée à ce qu’on appelle le « sans-abrisme caché » qui les touche davantage : pour éviter la rue, elles dorment une nuit chez une amie, la suivante dans une voiture, etc. et finissent par passer sous les radars, disparaissant des statistiques. Ayant pour la plupart connu des parcours de violences (conjugales et intrafamiliales le plus souvent, mais aussi des violences sexuelles et/ou des violences liées à la traite des êtres humains ou encore à l’exil) avant de perdre leur logement, ces femmes vont, une fois en rue, vivre à nouveau sous la constante menace d’agressions multiples. Elles adoptent donc des stratégies d’invisibilisation : elles se masculinisent, négligent volontairement leur hygiène ou se déplacent sans cesse, ce qui contribue non seulement à les rendre invisibles, mais affecte aussi fortement leur santé physique et mentale

Face à ces trajectoires faites de violences, l’offre de services proposée par notre secteur n’est pas (suffisamment) adaptée aux besoins des femmes : les structures mixtes ne fonctionnent pas, car elles sont majoritairement occupées par des hommes et la mixité est insurmontable pour certaines victimes de violences graves. De ce fait, les femmes évitent ces lieux, comme en attestent les chiffres de fréquentation de nos services.

Dans une démarche intersectorielle et avec l’aide d’un groupe d’expertes du vécu, nous avons donc développé une série de recommandations pour proposer des solutions dignes et durables à ces constatations, dont la création d’un centre de jour par et pour les femmes.

Dans la lignée de nos valeurs, ce centre sera basé sur l’autonomie des bénéficiaires. Grâce à une formation des équipes sur les violences de genre et sur l’ensemble des enjeux liés aux droits des femmes, il s’agira d’un lieu où les femmes pourront se sentir en sécurité et où leur expérience sera valorisée.

Outre les besoins spécifiques des femmes, cette nouvelle structure aura également un impact sur les enfants. En effet, on sait que près de 20 % d’enfants sans abri dénombrés dans notre secteur accompagnent dans la très grande majorité des cas leur mère, et que les familles monoparentales sont presque exclusivement soutenues à bout de bras par les femmes. En agissant sur les mères, nous évitons que la précarité ne se transmette de génération en génération et que ces enfants ne deviennent, à leur tour, des adultes sans abri.

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Service d’Installation en Logement 1024 734 L'Ilot

Service d’Installation en Logement

Déménagement, emménagement, mise à disposition de matériel et de meubles, installation de mobilier, nettoyage, réparations, petits travaux, sont autant d’actions concrètes offertes par le SIL, notre Service dʼInstallation en Logement, qui travaille dans une démarche sectorielle pour l’ensemble des personnes sans abri fréquentant des services bruxellois.

Créé en plein milieu de la crise sanitaire, le SIL est actif depuis novembre 2020 et a pour mission de proposer un accompagnement logistique aux personnes sans abri lors de leur mise en logement. Il les aide à s’approprier leur nouveau lieu de vie pour qu’elles se sentent vraiment chez elles. Choisir (et recevoir gratuitement) des meubles, de l’électroménager, des éléments de décoration et autres, contribue à personnaliser le nouvel intérieur, ce qui renforce la dignité des personnes accompagnées et leur lien à leur logement, augmentant leurs chances de le garder.

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2021 : Prévenir le sans-abrisme en profondeur 1024 923 L'Ilot

2021 : Prévenir le sans-abrisme en profondeur

L’année 2020 a été, comme chacun et chacune sait, particulièrement difficile sur les plans psychologique et social. L’ensemble de nos services ont dû adapter leur mode de fonctionnement en respectant les directives pour contrer la pandémie. Les confinements successifs, les règles sanitaires et la distanciation sociale ont stoppé bon nombre d’activités essentielles pour maintenir le lien avec les personnes et reconstruire l’estime de soi.

Une de nos priorités pour 2021 était donc de tisser et renforcer les liens entre les travailleurs et travailleuses d’un côté et les usagers et usagères de l’autre. Notre leitmotiv, c’est la fin du sans-abrisme via des solutions de logement structurelles, dignes et durables. Notre action dans le domaine est donc proportionnelle aux besoins des personnes que nous accompagnons : importante et multiple. La prévention du sans-abrisme fait partie intégrante de l’approche de LʼIlot. Elle est au cœur de toutes nos réflexions orientées vers les personnes en risque de sans-abrisme.

Sur le terrain, cela se concrétise notamment par les Services dʼAccompagnement À Domicile (S.Ac.A.Do.) et dʼInstallation en Logement (SIL). Avec l’aggravation de la crise socioéconomique qui a directement suivi celle du COVID et qui a été récemment amplifiée par la crise de l’énergie et l’effondrement du pouvoir d’achat des ménages, nos actions de prévention se révèlent plus essentielles que jamais : accompagner les personnes en risque de sans-abrisme pour leur éviter une perte de logement est aussi important qu’accompagner les personnes ayant déjà perdu leur logement. Le risque de sans-abrisme concerne aujourd’hui très concrètement un nombre considérable et continuellement croissant de personnes et de familles. Les accompagner aujourd’hui, c’est freiner l’augmentation du nombre de personnes en rue demain. Pour toutes ces personnes qui, chaque jour, doivent choisir entre payer le loyer ou remplir le frigo, la visite de nos équipes est indispensable. Il s’agit de se sentir un peu mieux chez soi et de pouvoir y rester.

Pour LʼIlot, l’enjeu est de taille : prévenir le sans-abrisme en profondeur. Loin d’une conception humanitaire ou caritative de l’aide aux personnes, les services de LʼIlot s’inscrivent dans une vision qui promeut la justice sociale et ont pour objectif de lutter contre le sans-abrisme par le rétablissement des droits des personnes. Cette conception du travail social privilégie les solutions sur le long terme, en incluant activement les personnes bénéficiaires dans la démarche proposée. Il s’agit de rendre les personnes actrices de leur avenir et d’ouvrir la voie vers l’autonomie et l’émancipation.

 

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Vague de chaleur : les personnes sans abri en danger 786 519 L'Ilot

Vague de chaleur : les personnes sans abri en danger

La vague de chaleur qui survient fragilisera à nouveau largement les publics vivant en rue : pas d’accès à de l’eau fraiche, à une douche pour se rafraichir, à un local tempéré… Ainsi, une période qui est déjà difficile pour tous et toutes devient insupportable pour les personnes sans abri.

La mobilisation politique et citoyenne vis-à-vis des personnes sans abri se focalise trop souvent sur la phase hivernale. Pourtant, ce n’est pas forcément l’hiver qui est la période durant laquelle il y a le plus de décès parmi les gens à la rue. Le « Collectif les Morts de la Rue » recense les décès à Bruxelles et ses chiffres, année après année, démontrent qu’autant de personnes sans abri décèdent dans la rue en été qu'en hiver.

À Bruxelles, et de manière générale dans les villes en Belgique, l’accès à des points d’eau potable dans les espaces publics est beaucoup trop rare. Sans le travail associatif visant à apporter des bouteilles d’eau en rue, il y a de vrais risques de déshydratation des populations y vivant.

Les publics particulièrement touchés par les problèmes d’assuétude présentent des risques encore plus élevés : pas assez hydratés, trop exposés au soleil, sans vêtements adaptés... Ce qui peut mener à l’hyperthermie. Cet enjeu n’est pas juste celui de cette semaine : nous savons que les vagues de chaleur vont être de plus en plus fréquentes avec le réchauffement climatique. Nous devons nous y préparer.

« Il y a donc un enjeu à revoir la manière dont ces phénomènes de vagues de chaleur sont abordés », explique Ariane Dierickx, Directrice de L’Ilot asbl.
« De la même manière que les médias commencent à interroger l’imagerie utilisée pour l’illustrer, les pouvoirs publics doivent chercher à apporter des solutions structurelles. Nous sommes face aux effets concrets du réchauffement climatique, il n’y aura pas de retour en arrière. Il s’agit donc de considérer cette réalité comme structurelle. »

Parmi les solutions apportées par L’Ilot : distribution d’eau gratuite sur le Parvis de Saint-Gilles (via le Centre de jour), accueil au sein de ce même Centre pour des douches, repas, etc. et des solutions d’hébergement au sein de nos Maisons pour les personnes fragilisées.

L’Ilot en deux mots
L’Ilot a pour mission de répondre aux besoins rencontrés par les personnes sans abri et en situation de grande précarité en organisant entre autres une offre de services de première nécessité, d’accueil et d’hébergement temporaire, de création et de captation de solutions de logement dignes et durables, ainsi que de guidance à domicile pour les personnes récemment relogées.

Contacts
Jérémie Mercier | Responsable de la communication | 0472/54.00.09 | j.mercier@ilot.be
Aude Garelly | Conseillère de direction | 0473/42.48.03 | a.garelly@ilot.be

Le communiqué de presse dans son intégralité

Incendie à Jumet : « j’espère que ça ira dans ma vie » 1024 768 L'Ilot

Incendie à Jumet : « j’espère que ça ira dans ma vie »

Paul* était résident à la Maison d'accueil pour hommes sans abri de L'Ilot à Jumet.

Il fait partie des personnes temporairement hébergées au sein de notre Maison d'accueil de Marchienne-au-Pont. En déplacement pour le travail lors de l'incendie, il a découvert le drame en s'y rendant dimanche matin.

Grâce aux liens déjà créés entre les équipes de Marchienne-au-Pont et Jumet, les adaptations de fonctionnement en urgence suite à l'incendie se sont déroulées sereinement, même si elles rendent plus difficile le travail social au quotidien.

*prénom d'emprunt

Incendie à Jumet : « ça nous demande énormément d’efforts, de pousser les murs » 1024 498 L'Ilot

Incendie à Jumet : « ça nous demande énormément d’efforts, de pousser les murs »

Henri est le directeur de la Maison d'accueil pour hommes sans abri de L'Ilot à Marchienne-au-Pont.

Pour accueillir certains hébergés et l'équipe sociale de notre Maison d'accueil de Jumet, ravagée par un incendie dans la nuit du 14 au 15 mai, ses collègues et lui doivent réaménager l'espace de leur maison, trouver de la place, "bouger les murs" dans l'urgence et sans financement supplémentaire.

Depuis quelques semaines, Emmaüs Marchienne-au-Pont a définitivement cédé la gestion de sa maison d'accueil pour hommes sans abri et de sa recyclerie à notre association.

Forts des liens déjà créés entre les équipes de Marchienne-au-Pont et Jumet, les adaptations de fonctionnement en urgence suite à l'incendie se sont déroulées sereinement, même si elles rendent plus difficile le travail social au quotidien.

Incendie à Jumet : « À deux minutes près, j’étais mort. » 700 503 L'Ilot

Incendie à Jumet : « À deux minutes près, j’étais mort. »

Philippe* a failli perdre la vie dans l'incendie qui a ravagé notre maison d'accueil pour hommes à Jumet.

Choqué, hospitalisé suite au drame, il n'a désormais plus d'endroit stable et sécurisé pour notamment passer un peu de temps avec sa fille de trois ans.

*Prénom d'emprunt

Incendie à Jumet : le reportage de Télésambre 1024 578 L'Ilot

Incendie à Jumet : le reportage de Télésambre

 

Dans la nuit du 14 au 15 mai, un incendie a ravagé notre maison d'accueil pour hommes de Jumet. Nos équipes témoignent sur Télésambre.

Ariane Dierickx, Directrice de L'Ilot, et Simon Niset, Directeur de la Maison d'accueil pour hommes de Jumet, témoignent sur Télésambre de l'ampleur de la catastrophe et de l'absolue nécessité de rapidement trouver des solutions et des fonds pour rouvrir la maison au plus vite et apporter des solutions aux personnes sans abri de la région de Charleroi.

Le reportage dans son intégralité

Photo d'illustration : © Télésambre

Incendie à Jumet : « Voir la maison vide, je n’y aurais jamais cru… » 1024 1013 L'Ilot

Incendie à Jumet : « Voir la maison vide, je n’y aurais jamais cru… »

Dans la nuit du 14 au 15 mai, un incendie a ravagé notre maison d'accueil pour hommes de Jumet. Eric, responsable du potager participatif et ancien usager de la maison, témoigne.

Éric, sur place depuis plusieurs jours, est perdu au milieu des décombres. Épuisé, il est submergé par l’ampleur des dégâts et leur impact psychologique sur l’équipe sociale et les résidents. Il nous décrit son désarroi et ses craintes pour l’avenir.