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Aurélie Van De Walle

27 septembre : le gala de Florence Mendez pour L’Ilot 1024 576 L'Ilot

27 septembre : le gala de Florence Mendez pour L’Ilot

Ce vendredi 27 septembre, l’asbl L’Ilot offre une carte blanche à l’humoriste Florence Mendez. Une soirée exceptionnelle pour venir soutenir en rigolant Circé de L’Ilot, le premier Centre de jour pour et par les femmes sans abri créé il y a un an.

Pour l’occasion, l’humoriste et lan­ceuse d’alerte du #MeToo stand-​up, Florence Mendez campera le rôle de la maitresse de cérémonie, épaulée par plusieurs invités prestigieux ! Une soirée festive organisée dans le cadre du premier anniversaire de Circé de L’Ilot, mais aussi et d’abord une soirée de soutien pour le premier Centre de jour pour femmes sans abri en Belgique. Et l’occasion de se projeter déjà sur son déménagement futur dans un lieu aux espaces repensés !

En plus de passer un moment rigolo, chacune de vos présences nous aidera à faire ensemble ce pas en avant gigantesque pour la reconnaissance du sans-abrisme au féminin.

Plus d’infos et réservation à suivre via info@ilot.be. Restez connecté⸱es aux réseaux de L’Ilot !

INFOS PRATIQUES
  • Quand ? Le vendredi 27 septembre de 18h à 3h du matin
  • Où ? À La Tricoterie
  • Prix ? Prix standard : 30 euros / Prix de soutien : 100 euros
AU PROGRAMME
  • 18h-20h30 : accueil, bar & petite restauration et tombola pas pour rire
  • 20h30 – 22h00 : le gala de Florence Mendez
  • 22h00-03h00 : bar (au rez-de-chaussée) et soirée Java (au sous-sol)

Réservation obligatoire avant le 15 septembre via info@ilot.be

Rapport d’activité 2023 : l’aboutissement de deux projets essentiels 1024 576 L'Ilot

Rapport d’activité 2023 : l’aboutissement de deux projets essentiels

Notre rapport d'activité 2023 vient de sortir ! L'occasion de faire le point, en images et en chiffres, sur nos projets de 2023.

L’année écoulée a en effet marqué un tournant dans notre travail associatif grâce à l’aboutissement de deux projets essentiels pour les personnes sans chez-soi et mal-logées : les inaugurations, d’une part, de notre Centre de jour par et pour les femmes – Circé de L’Ilot – et, d’autre part, des nouveaux locaux de notre Centre de jour mixte, en travaux depuis quelques années.

En cette année électorale, et face aux défis qui se dressent face à nous, nous devrons, ensemble, redoubler d’efforts pour célébrer en 2024 des avancées concrètes en faveur des personnes sans chez-soi, mal-logées ou en risque de le devenir. Nous gardons intacte notre motivation à, un jour, mettre fin au sans-abrisme. Et cela passera par des efforts renouvelés en matière de mobilisation, de plaidoyer et de travail de terrain acharné que nous mènerons avec vous.

Photo : © Layla Aerts

Nouvelle réglementation concernant les attestations fiscales 1024 576 L'Ilot

Nouvelle réglementation concernant les attestations fiscales

Une nouvelle réglementation a été votée fin 2023 concernant les attestations fiscales. Celle-ci demande aux ONG et asbl qui délivrent des attestations fiscales (comme c’est le cas pour L’Ilot) d’inscrire les numéros nationaux de leurs donateurs et donatrices dans l’attestation fiscale (Obligation SPF Finances – art 323/3 CIR92). 

Votre avantage

Cette mention devrait permettre aux donateur·rices de bénéficier automatiquement de la déductibilité dans leur proposition de déclaration simplifiée en 2025. Vous bénéficierez toujours d’une réduction fiscale de 45% du cumul de vos dons par année civile. Ainsi, si vous faites un don de 100€, vous bénéficierez d’une réduction d’impôts de 45€. 

Pour plus de facilité, pourriez-vous dès lors nous transmettre votre numéro d’identification du registre national, pour les particuliers, il se trouve au dos de la carte d’identité belge. Pour les entreprises, il s’agit du numéro de la Banque Carrefour des Entreprises (BCE).

Comment l’envoyer 

Vous pouvez l’indiquer lors d’un don via la plateforme en ligne ou dans le champ communication lors d’un virement bancaire. 

Si vous souhaitez nous faire parvenir directement votre numéro national, vous pouvez le faire par email à dons@ilot.be en mentionnant votre nom, prénom et adresse postale complète. 

Lutter contre les expulsions : interview d’Anaïs Lefrère, collaboratrice d’Unia 1024 576 L'Ilot

Lutter contre les expulsions : interview d’Anaïs Lefrère, collaboratrice d’Unia

L’Ilot ne veut pas uniquement gérer les conséquences du sans-abrisme : il est nécessaire aussi d’agir sur les causes qui amènent toujours plus de personnes à se retrouver à la rue. Avec cette série de trois vidéos, nous voulons sensibiliser sur la question des expulsions domiciliaires et sur les conséquences dramatiques qu’elles ont sur des milliers de personnes à Bruxelles.

Dans ce troisième et dernier épisode, nous avons interrogé Anaïs Lefrère, collaboratrice d’Unia afin d’explorer le lien entre expulsion et discrimination.

Vidéo avec Anaïs Lefrère, collaboratrice d'Unia.

Lutter contre les expulsions : interview d’Adèle Morvan, travailleuse sociale à S.Ac.A.Do 1024 576 L'Ilot

Lutter contre les expulsions : interview d’Adèle Morvan, travailleuse sociale à S.Ac.A.Do

L’Ilot ne veut pas uniquement gérer les conséquences du sans-abrisme : il est nécessaire aussi d’agir sur les causes qui amènent toujours plus de personnes à se retrouver à la rue. Avec cette série de trois vidéos, nous voulons sensibiliser sur la question des expulsions domiciliaires et sur les conséquences dramatiques qu’elles ont sur des milliers de personnes à Bruxelles.

Dans ce second épisode, nous retrouvons Adèle Morvan, travailleuse sociale à S.Ac.A.Do, le service d’accompagnement à domicile de L’Ilot, qui nous explique le cas des familles nombreuses, trop souvent confrontées à des expulsions domiciliaires.

Vidéo avec Adèle Morvan, travailleuse sociale à S.Ac.A.Do.

Lutter contre les expulsions : interview de Pernelle Godart, chercheuse à l’ULB 1024 576 L'Ilot

Lutter contre les expulsions : interview de Pernelle Godart, chercheuse à l’ULB

L’Ilot ne veut pas uniquement gérer les conséquences du sans-abrisme : il est nécessaire aussi d’agir sur les causes qui amènent toujours plus de personnes à se retrouver à la rue. Avec cette série de trois vidéos, nous voulons sensibiliser sur la question des expulsions domiciliaires et sur les conséquences dramatiques qu’elles ont sur des milliers de personnes à Bruxelles.

Pour ce premier épisode, nous sommes allés à la rencontre de Pernelle Godart, chercheuse à l’ULB et autrice d’une étude sur les expulsions à Bruxelles.

Vidéo avec Pernelle Godart, chercheuse à l'ULB.

Expulsions domiciliaires : fabrique à sans-abrisme. 1024 576 L'Ilot

Expulsions domiciliaires : fabrique à sans-abrisme.

Ce qui définit une personne sans abri, une personne sans chez-soi, c’est précisément le fait de ne pas disposer d’un logement à soi. Très souvent, on arrive dans cette situation suite à une expulsion de son logement. L’événement n’est pas anodin. Devenir une personne sans abri c’est être soudainement exposée à un très grand nombre de problèmes qui auront des impacts durables sur les personnes concernées. Tout le monde est conscient de ce problème et c’est notamment pour cela que les pays européens ont signé un accord ambitieux à Lisbonne visant à mettre fin au sans-abrisme.

Pourtant, et c’est un réel paradoxe, les expulsions continuent à se faire à un rythme industriel. C’est dû au fait que globalement le monde de la justice reste dans une vision sur le logement qui n’a pas été mis à jour : leur premier objectif reste de garantir l’application stricte des contrats plutôt que le droit constitutionnel à un logement décent pour toutes et tous.

Les chiffres à Bruxelles

À Bruxelles, il y a 11 jugements d'expulsion qui tombent chaque jour de l'année. C'est près de 4.000 par an. Et ce n'est que la partie immergée de l'iceberg, car il y a aussi toutes les expulsions cachées : des gens sont mis à la porte de chez eux sans aucun passage devant la justice et sans possibilité de se défendre.

Dans 6 cas sur 10, le jugement est rendu en l'absence du locataire, qui n'aura donc pas eu l'occasion de se défendre.

Quand le propriétaire est lui absent à l'audience, l'affaire n'est alors pas traitée. Le système est ainsi fait qu'il protège d'avantage le propriétaire d'une perte d'argent que le locataire de la perte d'un droit fondamental : le logement.

C'est pourtant inscrit dans la constitution belge :
"Art. 23
Chacun a le droit de mener une vie conforme à la dignité humaine.
[…] à cette fin, la loi, les décrets ou les règles garantissent, les droits économiques, sociaux et culturels. Ces droits comprennent notamment :
[…] le droit à un logement décent;"

Les conséquences des expulsions

Être expulsé⋅e ce n'est pas anodin : trouver un logement abordable pour les petits revenus est devenu strictement impossible à Bruxelles. Il y a donc une impossibilité de retrouver du logement sur le marché privé pour ces publics. Or les logements sociaux sont eux complètement saturés : avec plus de 50.000 foyers sur la liste d’attente, il faut 5, 10 ou même 15 ans, selon les profils, avant de se voir proposer un premier bien.

Dans ces conditions, l’expulsion est synonyme de début du sans-abrisme : accueil en hébergement d’urgence, logement chez des amis ou même arrivée à la rue.

Les études ont aussi montré les conséquences psychologiques sur la santé des personnes concernées, notamment chez les enfants, que cette insécurité marquera durablement. Quand un logement peut être retrouvé dans l’urgence de la situation c’est quasi toujours un logement qui impose de gros changements : on doit souvent changer de quartier, perdre son cercle social, ses soutiens, l’école de ses enfants…

Ces éléments dessinent une situation particulièrement épineuse pour les familles avec plusieurs enfants : ces publics ne sont pas protégés des expulsions, que du contraire même, mais subissent en plus des conséquences négatives encore plus importantes lorsqu’expulsées : impossibilité de retrouver du logement, impact délétère sur l’équilibre des enfants et leur scolarité... Cela peut enfin amener à la création de boucles de reproduction sociale : dans le public sans abri, certains ont commencé leur itinéraire de rue durant leur enfance sans parvenir à en sortir une fois l’âge adulte atteint.

Vidéo avec Pernelle Godart, chercheuse à l'ULB.

Vidéo avec Adèle Morvan, travailleuse sociale à S.Ac.A.Do.

Une question de Justice (sociale)

Certains pourraient être tentés de voir là une forme de Justice : si on n’honore pas correctement le payement de son loyer, on « mériterait » d’en subir les conséquences. C’est méconnaitre les enjeux du logement en termes de justice sociale : locataire forcé toute sa vie, une personne précaire aura dépensé en moyenne plus d’argent pour son logement à la fin de sa vie qu’une personne plus aisée, alors même qu’elle aura résidé dans des logements beaucoup moins qualitatifs, quand ils n’étaient pas carrément insalubres. Sans compter sur une réalité méconnue : se faire expulser coute beaucoup d’argent car une partie du cout de l’expulsion est facturé à la personne expulsée qui subit ainsi la double peine.

Une pratique discriminatoire

Les chiffres montrent que vous êtes plus susceptibles d'être expulsé⋅e si vous êtes d'origine étrangère, si vous avez des enfants, si vous êtes pauvre, si vous êtes noir⋅e. De plus, ces conséquences ne s'additionnent pas : quand vous cumulez ces caractéristiques, elles se multiplient.

Les mêmes personnes qui sont donc déjà les plus discriminées sur le marché du logement vont se retrouver être aussi les plus susceptibles d’être expulsées. Pourtant, leur accès difficile à ce marché devrait constituer une raison de protection supplémentaire contre l’expulsion. Ce n’est malheureusement pas le cas, ce qui a conduit UNIA à rédiger un avis relatif à la question dans laquelle l’institution rappelle ces balises et insiste sur les risques de discrimination dans les jugements d’expulsions.

Vidéo avec Anaïs Lefrère, collaboratrice d'Unia.

Retour sur les 20 km de Bruxelles 2024 avec L’Ilot 1024 576 L'Ilot

Retour sur les 20 km de Bruxelles 2024 avec L’Ilot

Ce dimanche 26 mai, ce sont près de 200 coureurs et coureuses ainsi que marcheurs et marcheuses qui ont participé aux 20 km de Bruxelles au profit de L'Ilot et qui se sont réuni⋅es dans un seul et même but : mettre fin au sans-abrisme.

Merci à toutes et à tous pour votre participation et votre soutien si précieux envers L’Ilot ! Merci également à toutes celles et ceux qui ont lancé une collecte individuelle au profit de L'Ilot et ont sollicité leurs proches pour les soutenir. Et enfin merci également aux Cuisines de L’Ilot pour les délices culinaires à l’arrivée. On a déjà hâte de vous retrouver l’année prochaine, encore plus nombreux et nombreuses !
KART #8 | Basculement et sans-abrisme : « Ce que je sais, c’est que je ne ferai plus les mêmes erreurs. » 1024 576 L'Ilot

KART #8 | Basculement et sans-abrisme : « Ce que je sais, c’est que je ne ferai plus les mêmes erreurs. »

Dans le coeur battant de nos villes, derrière les façades lumineuses et les vitrines scintillantes, se cachent des histoires invisibles à l'œil nu, des vies éclipsées par l'ombre du sans-abrisme. Parmi ces récits, celui de Guy, que rien ne prédestinait à se retrouver en rue. Il avait un travail stable dans l’HoReCa, une compagne, des enfants, une vie sociale… une normalité apparente qui a volé en éclats le jour où il a perdu son logement suite à ses problèmes d’addictions aux jeux.

À travers le témoignage poignant de Guy, L’Ilot cherche à rappeler que « ça n’arrive pas qu’aux autres » et que des personnes que rien ne destinait à l’errance et à la précarité peuvent également basculer dans le sans-abrisme. Guy partage avec nous son parcours de vie, marqué par les épreuves : la perte de son logement, ses années passées en prison, la perte de contact avec ses filles…

ON NE CHOISIT PAS LA RUE, ON SUBIT UN POINT DE BASCULE.

L’offre d’accompagnement globale proposée par L’Ilot permet de briser ce cercle destructeur, offrant non seulement un toit mais aussi un accompagnement pour reconstruire des vies brisées. L'histoire de Guy, bien que marquée par des moments de profonde détresse, est aussi une histoire d’espoir et de guérison grâce à l'intervention de L’Ilot. Depuis juillet dernier, Guy est résident de la Maison d’accueil pour hommes sans abri de L’Ilot à Marchienne-au-Pont, dans laquelle il peut se reconstruire et se stabiliser dans l’attente d’un logement.

Photos : © Layla Aerts

« J’ai, en tout, passé six ans en rue avant d’arriver à L’Ilot en juillet dernier. »

Le point de bascule, c’est quand le portefeuille commence à se vider ! La vie coûte cher, il faut se nourrir… J’ai travaillé dans l’HoReCa et dans le bâtiment pendant 35 ans, j’avais une situation, deux enfants, une femme, mais il y a un moment où travailler pour vivre, cela n’a plus suffit.

J’ai un tempérament de joueur aussi, cela n’aide pas. J’ai fait le con, mais il n’y a pas de secret, les problèmes d’addictions aux jeux, ils amènent des problèmes d’argent... Et jouer m’a fait chuter : j’ai commencé à voler, à braquer… Jamais avec violence. Mais, finalement, cela m’a fait cumuler plus de 20 ans de prison jusqu’à maintenant. Suite à mes problèmes d’argent et de jeu, à cause de la prison, j’ai perdu mon logement. J’ai, en tout, passé six ans en rue avant d’arriver à L’Ilot en juillet dernier.

Le temps de perdre le contact avec mes deux filles de 33 et 25 ans. Je ne peux pas les blâmer, elles n’ont eu que le son de cloche de leur mère pendant cette période-là. Je n’ai rien pu y faire. Quand on n’a pas de situation, c’est compliqué de se défendre. Je ne me sentais pas capable d’aller vers elles pour leur parler, leur expliquer ma situation.

« Ce que je sais, c’est que je ne ferai plus les mêmes erreurs. »

Ce n’est pas pour rien qu’il y a beaucoup de suicides. Moi, je suis un optimiste. Je me dis que je suis né pour vivre, pas pour m’exploser. Les gens peuvent me juger. Ce que j’ai vécu, je l’ai vécu, je ne peux pas revenir en arrière. Ce que je sais, c’est que je ne ferai plus les mêmes erreurs. Ce qui me manque aujourd’hui pour reprendre une vie, c’est de retrouver un logement. Une fois que cela sera le cas, je suis convaincu que je pourrai avoir une vie normale.

En attendant, je ne comprends pas qu’on puisse laisser autant de gens dehors. Il faut être plus solidaire, cela ne sert à rien de stigmatiser les gens.

Comment vous pouvez aider

Votre soutien est crucial. Chaque geste compte pour faire une différence dans la vie des personnes sans abri. Nous vous invitons à rester connectés avec L’Ilot, pour suivre nos actions et découvrir comment, ensemble, nous pouvons contribuer à prévenir et à combattre le sans-abrisme.

Envie d’aider plus concrètement ?

Il vous est également possible d’agir avec un don pour nous soutenir dans des actions concrètes. Découvrez ici comment votre don nous aide à garantir la continuité de nos services car c’est bien grâce à vous que nous pouvons aider nos prochains.

Chaque don compte, agissez maintenant.

Avec le soutien de

KART #8 | Basculement et sans-abrisme : « Je pensais que je serais heureuse, comme tout le monde » 1024 576 L'Ilot

KART #8 | Basculement et sans-abrisme : « Je pensais que je serais heureuse, comme tout le monde »

Dans le coeur battant de nos villes, derrière les façades lumineuses et les vitrines scintillantes, se cachent des histoires invisibles à l'œil nu, des vies éclipsées par l'ombre du sans-abrisme. Parmi ces récits, celui d’Isabelle, à la rue depuis ses 16 ans. Elle en a aujourd’hui 52. Comme tout le monde, elle espérait une vie heureuse, avoir un boulot, un foyer, une vie normale. Jusqu’au énième point de bascule : la séparation avec son conjoint, la découverte des loyers impayés, l’expulsion et, à nouveau, la violence de la rue.

À travers le témoignage poignant d’Isabelle, L’Ilot cherche à rappeler que « ça n’arrive pas qu’aux autres » et que des personnes que rien ne destinait à l’errance et à la précarité peuvent également basculer dans le sans-abrisme. Isabelle partage avec nous son parcours de vie, marqué par les épreuves : la perte de son père, son soutien constant malgré sa maladie d’Alzheimer, la violence et l'abus auxquels elle a été confrontée, et son combat pour continuer à espérer et à avancer malgré le désespoir.

ON NE CHOISIT PAS LA RUE, ON SUBIT UN POINT DE BASCULE.

L’offre d’accompagnement globale proposée par L’Ilot permet de briser ce cercle destructeur, offrant non seulement un toit mais aussi un accompagnement pour reconstruire des vies brisées. L'histoire d’Isabelle, bien que marquée par des moments de profonde détresse, est aussi une histoire d’espoir et de guérison grâce à l'intervention de L’Ilot. Aujourd’hui, Isabelle est une usagère régulière du Centre de jour pour fxmmes sans abri Circé de L’Ilot où elle peut entre autres prendre une bonne douche, se reposer ou bénéficier d’un accompagnement psychosocial dans un espace sécurisé et apaisant.

Photos : © Layla Aerts

« C’est la première fois que je me retrouve seule en rue et pourtant cela fait 30 ans que j’y suis. »

Le basculement, c’était il y a seulement quelques semaines. Jusque-là, je vivais dans la rue avec mon papa. Il a 72 ans et il m’a toujours aidée. Cela faisait déjà quelques années qu’il était atteint de la maladie d’Alzheimer, mais il était toujours à mes côtés.

Ensemble, avec sa petite pension et ma mutuelle, on arrivait encore à se payer une nuit d’hôtel de temps en temps. Mais il y a quelques semaines, à la suite d’un arrêt cardiaque, il a été hospitalisé à César de Paepe. Aujourd’hui, il est paralysé des jambes et je vis seule.

C’est la première fois que je me retrouve seule en rue et pourtant cela fait 30 ans que j’y suis. Avant d’être avec mon père, j’étais avec un compagnon, Sofiane, rencontré dans la station de Métro Botanique. Il était violent et il m’a entrainée à prendre de la drogue. Il est finalement décédé il y a deux ans. Un an après ma mère. Son décès, ça a été un autre choc.

Il y a quelques semaines je me suis donc retrouvée seule en rue pour la première fois. Ce qui m’a amenée à faire une tentative de suicide à la suite d’un viol que j’ai subi. Je dormais dans un hôtel et j’ai été abordée en rue par une femme enceinte de huit mois. Je lui ai dit qu’elle pouvait venir avec moi à condition de venir seule. Je n’allais tout de même pas laisser une femme enceinte de huit mois en rue…

Finalement, elle est venue avec quelqu’un qu’elle m’a présenté comme étant son cousin. On entre dans la chambre, ils vont à la salle de bain et ils m’appellent. J’avais déjà compris. Je suis entrée, ils ont fermé la porte. Je me suis fait tabasser la gueule, elle s’est assise de tout son poids sur mes jambes et lui m’a violée. Dans la foulée, j’ai essayé de me foutre en l’air, mais je me suis manquée.

« Sans L’Ilot, je serais morte. Circé m’a sauvé la vie. »

Depuis, et sans L’Ilot, je serais morte. Vous m’avez sauvé la vie. Circé m’a sauvé la vie. Je m’y sens protégée. L’écoute n’est pas la même, on peut se parler vraiment. Les travailleuses voient quand je ne suis pas bien. Quand j’ai le cafard. Quand j’ai envie de pleurer ou que j’ai des idées noires. Clairement, je ne serais pas encore prête pour fréquenter des hommes.

Mais j’avance quand même. Dans quelques mois, on m’a téléphoné récemment, je vais récupérer un logement. Je suis la première sur la liste. Ça va me permettre de reprendre une vie normale, comme les gens normaux. Ça n’a pas de prix. Je pourrai recevoir mes enfants, mes petits-enfants. Mon seul souhait aujourd’hui, c’est d’être entourée.

« Mes filles pensent beaucoup à moi, ce sont les premières à me téléphoner. »

Dans mon malheur, j’ai cette chance. C’est que je n’ai jamais perdu de contact avec mes parents qui se sont toujours bien occupés de mes enfants pendant toutes ces années de rue. Aujourd’hui, grâce à eux, je suis grand-mère de deux petits garçons et de deux petites filles. Mes filles pensent beaucoup à moi, ce sont les premières à me téléphoner : « Maman, où tu es ? Où est ce que tu dors ? Est-ce que tu as besoin d’argent ? »

Si elles avaient les moyens, elles me prendraient avec elles à la maison. Elles ne m’ont jamais jugée. Quand je les ai eues, j’étais si jeune. Ma première quand j’avais 17 ans. J’étais encore chez mes parents, puis j’ai eu ma deuxième petite, dans mon chez-moi. Un petit appartement, mais avec tout ce qu’il me fallait. Je pensais que je serais heureuse, comme tout le monde. Et puis j’ai tout perdu et ça m’a cassée. Ça a été dur. Mon compagnon qui avait tous pris sous son nom, ne payait plus. Et il me trompait. On s’est quittés et je suis devenue le père et la mère de mes enfants. Depuis, je vis sur la moitié d’un cœur depuis des années, mais je continue de me battre.

Comment vous pouvez aider

Votre soutien est crucial. Chaque geste compte pour faire une différence dans la vie des personnes sans abri. Nous vous invitons à rester connectés avec L’Ilot, pour suivre nos actions et découvrir comment, ensemble, nous pouvons contribuer à prévenir et à combattre le sans-abrisme.

Envie d’aider plus concrètement ?

Il vous est également possible d’agir avec un don pour nous soutenir dans des actions concrètes. Découvrez ici comment votre don nous aide à garantir la continuité de nos services car c’est bien grâce à vous que nous pouvons aider nos prochains.

Chaque don compte, agissez maintenant.

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