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Rapport annuel 2025 : L’Ilot et la Fondation Roi Baudouin appellent à des réponses structurelles face au sans-abrisme 1024 576 L'Ilot

Rapport annuel 2025 : L’Ilot et la Fondation Roi Baudouin appellent à des réponses structurelles face au sans-abrisme

Rapport annuel 2025 : L’Ilot et la Fondation Roi Baudouin appellent à des réponses structurelles face au sans-abrisme

À Bruxelles, la progression de la précarité confirme l’urgence de dépasser les seules réponses d’urgence pour agir sur les causes profondes du sans-abrisme. Pour mieux comprendre ces enjeux, nous avons croisé les regards d’Olivier Witmeur, professeur d’entrepreneuriat et président du conseil d’administration de L’Ilot, et d’Hélène Deconinck, Coordinatrice de projet à la Fondation Roi Baudouin. Tous deux mettent en avant une même conviction : sans accès durable au logement, il est impossible de réduire structurellement le nombre de personnes sans chez-soi.

Le dernier dénombrement réalisé par Bruss’Help recense 9.777 personnes sans chez-soi à Bruxelles, soit une augmentation de 24,5 % par rapport à 2022. Parmi elles, près de 1.000 vivent directement en rue. Pour la Fondation Roi Baudouin, cette progression confirme la nécessité de réponses structurelles, appuyées sur des données fiables et sur une coordination renforcée entre les secteurs du logement, de la santé mentale, des assuétudes et de l’aide sociale. Dans ce contexte, la crise du logement apparaît comme un véritable « moteur de précarisation » et impose d’agir « sur toute la chaîne » : prévenir les ruptures, faciliter l’accès au logement, accompagner les personnes concernées et soutenir les professionnel·les de terrain.

Mettre le logement au cœur de la lutte contre le sans-abrisme

Dans ce contexte, la Fondation Roi Baudouin souligne que « le système reste trop souvent tiré vers l’urgence », alors que les données plaident pour une logique de « logement d’abord et prévention ». C’est précisément là que L’Ilot se distingue selon Hélène Deconinck. Mettre « le logement au cœur » est en effet le levier clé pour réduire durablement le nombre de personnes sans chez-soi.

Une approche de terrain, structurante pour le secteur

La Fondation Roi Baudouin met également en avant « une combinaison assez rare de quatre postures » qui caractérise L’Ilot : un accueil à bas seuil et une continuité de présence, une attention particulière aux publics les plus vulnérables — femmes victimes de violences, personnes sans papiers, sortants de prison —, mais aussi un « mix intervention – économie sociale – expertise ».

Ce positionnement permet à L’Ilot de répondre à l’urgence, tout en contribuant à faire évoluer les pratiques et les politiques de lutte contre le sans-abrisme.

Pour la Fondation Roi Baudouin, soutenir L’Ilot, c’est donc soutenir une organisation capable de répondre à l’urgence tout en faisant évoluer durablement les politiques et les pratiques, afin de « ne laisser personne de côté ».

« L’accès au logement, c’est la base de pas mal de problèmes d’aujourd’hui »

Pour Olivier Witmeur, professeur d’entrepreneuriat et président du conseil d’administration de L’Ilot, la lutte contre le sans-chez-soirisme doit dépasser la seule réponse à l’urgence. Son engagement auprès de l’association s’est construit progressivement, à travers une rencontre avec l’immobilier social, puis avec la réalité du sans-abrisme et les équipes de terrain de L’Ilot.

De ce parcours est née une conviction forte : l’accès au logement est un levier central pour permettre aux personnes sans chez-soi de reconstruire une trajectoire stable. « L’accès au logement, c’est la base de pas mal de problèmes d’aujourd’hui », résume-t-il.

Aller au-delà de l’urgence sociale

L’urgence sociale reste indispensable. Elle permet de répondre à des situations immédiates, parfois vitales. Mais elle ne peut pas constituer la seule réponse au sans-chez-soirisme.

Pour Olivier Witmeur, l’image de l’aide aux personnes sans chez-soi reste trop souvent limitée à l’intervention en rue ou à la réparation de ce qui est cassé. Or, le problème est plus profond. Il touche à l’absence de logement, à la difficulté d’activer ses droits et à l’impossibilité de se reconstruire sans point d’ancrage.

C’est là que l’approche de L’Ilot prend tout son sens. Car selon lui, l’association ne se limite pas à gérer les conséquences visibles du sans-abrisme. Elle cherche à agir sur ses causes structurelles, en plaçant le logement au cœur des solutions.

Le logement comme point de départ

Sans logement, il devient difficile d’accéder à certains services, d’exercer ses droits, de stabiliser sa situation administrative ou de se projeter dans l’avenir. Le logement n’est donc pas seulement un toit. Il constitue une base à partir de laquelle d’autres droits peuvent redevenir effectifs.

Cette vision guide l’action de L’Ilot : soutenir les personnes sans chez-soi dans leur parcours, tout en développant des réponses concrètes pour favoriser l’accès au logement. L’objectif est clair : ne pas seulement gérer l’urgence, mais permettre des sorties durables du sans-abrisme.

Une association engagée, professionnelle et innovante

Selon Olivier Witmeur, la force de L’Ilot réside dans sa capacité à combiner engagement militant, rigueur professionnelle et innovation. Cette combinaison permet à l’association d’agir à plusieurs niveaux : accompagnement de terrain, plaidoyer, recherche de solutions concrètes et mobilisation de partenaires.

Le plaidoyer fait partie intégrante de ce rôle. Pour faire évoluer les politiques publiques et les représentations, il faut porter une parole claire. Mais L’Ilot ne s’arrête pas à cette parole : l’association agit dans un contexte budgétaire contraint, où chaque action doit être solide, utile et mesurable.

Cette exigence se retrouve aussi dans la gouvernance. Les décisions se construisent en dialogue avec les équipes de terrain, qui connaissent les réalités vécues par les personnes accompagnées. Cette relation entre l’organe d’administration et les équipes permet d’identifier des solutions réalistes face à des problèmes complexes.

Investir dans le logement pour changer d’échelle

Pour les dix prochaines années, Olivier Witmeur formule une ambition claire pour L’Ilot : mobiliser des moyens importants pour produire davantage de logements et réduire significativement le nombre de personnes sans abri.

Son rêve ? « Un demi-milliard d’euros d’investissement immobilier pour construire assez de logements pour éradiquer en une fois le problème. » Toutes les vulnérabilités ne disparaîtront pas. Des personnes continueront à connaître des ruptures familiales, des sorties d’institutions, des difficultés de santé mentale ou d’autres situations complexes. Mais si le système ne déborde pas dès le départ, il devient possible d’accompagner ces parcours plus efficacement.

Soutenir L’Ilot, c’est donc soutenir une approche qui défend les droits humains, agit sur les causes profondes du sans-abrisme et place le logement au centre des solutions.

Pour découvrir l’ensemble de nos actions et projets en 2025, consultez notre rapport annuel complet.

précarité à bruxelles
Précarité à Bruxelles : les chiffres du Baromètre social 2025 1024 576 L'Ilot

Précarité à Bruxelles : les chiffres du Baromètre social 2025

Précarité à Bruxelles : les chiffres du Baromètre social 2025

23 % de la population bruxelloise est exposée au risque de pauvreté. C’est l’un des constats majeurs du Baromètre social 2025 publié par l’Observatoire de la Santé et du Social de Bruxelles, le service d’études de Vivalis.

Pour mieux comprendre ce que ces chiffres disent de la réalité sociale bruxelloise, L’Ilot a rencontré Marion Englert, chercheuse à l’Observatoire de la Santé et du Social et coordinatrice du Baromètre social 2025.

À Bruxelles, près d’une personne sur quatre est menacée par la précarité

En 2025, 23 % des Bruxellois·es se trouvent sous le seuil de risque de pauvreté, contre 13 % en Wallonie et 7 % en Flandre.

Les inégalités sont également fortes entre communes : six des dix communes aux revenus les plus modestes de Belgique se trouvent en Région bruxelloise, parmi lesquelles Saint-Josse-ten-Noode, Molenbeek-Saint-Jean, Anderlecht, Koekelberg, Schaerbeek et Bruxelles-Ville.

Le recours au revenu d’intégration sociale (RIS) témoigne lui aussi de cette précarité. Au 1er janvier 2025, 47 304 personnes bénéficiaient du RIS à Bruxelles. Parmi les 18-64 ans, la part de bénéficiaires du RIS ou d’un revenu équivalent est passée d’environ 3 % en 2002 à près de 7 % aujourd’hui.

Une précarité qui reste en partie invisible

Ces données ne montrent pourtant qu’une partie de la réalité.

Vivalis estime que plus de 50 000 personnes sans papiers vivraient à Bruxelles. Une population particulièrement exposée à la précarité, mais largement absente des statistiques officielles.

9 777 personnes sans chez-soi à Bruxelles

La grande précarité progresse également de manière très nette. Lors du dénombrement réalisé en 2024 par Bruss’help, 9 777 personnes sans chez-soi ont été recensées en Région bruxelloise, soit une augmentation de près de 25 % en seulement deux ans.

Parmi elles, près de 1 000 personnes vivaient directement en rue. Ces chiffres montrent que le sans-abrisme ne se limite pas aux personnes dormant dans l’espace public : il concerne également celles qui vivent dans des structures d’hébergement, des logements temporaires ou dans différentes formes de mal-logement.

Le logement au cœur de la précarité

Le coût du logement pèse particulièrement lourd dans le budget des ménages les plus pauvres.

Les 20 % de Bruxellois·es disposant des revenus les plus faibles consacrent plus de la moitié de leurs revenus au logement. Une fois celui-ci payé, il leur reste à peine plus de 10 euros par personne et par jour pour se nourrir, se déplacer, se soigner et couvrir leurs autres besoins.

Ces difficultés ont également des conséquences sur la santé. À Bruxelles, près de cinq années d’espérance de vie séparent les communes les plus riches des plus pauvres. Certaines maladies chroniques, comme le diabète, sont également nettement plus fréquentes parmi les populations aux revenus les plus faibles.

Des inégalités qui se cumulent

Le Baromètre social 2025 rappelle ainsi que pauvreté, difficultés d’accès au logement, santé et recours à l’aide sociale sont étroitement liés.

Pour L’Ilot, ces chiffres mettent également en lumière les mécanismes qui peuvent conduire progressivement au mal-logement et au sans-abrisme. Agir contre le sans-abrisme implique donc non seulement d’accompagner les personnes qui en sont victimes, mais aussi de prévenir la perte du logement et de développer davantage de solutions de logement dignes et abordables.

Retrouvez l’ensemble des chiffres, analyses et indicateurs dans le Baromètre social 2025 de l’Observatoire de la Santé et du Social de Bruxelles.

sexe contre logement
Sexe contre logement : une réalité inacceptable 1024 576 L'Ilot

Sexe contre logement : une réalité inacceptable

Location offerte. Sexe exigé.

En Belgique, faute de logements accessibles, des femmes sans chez-soi sont contraintes d’accepter des rapports sexuels pour avoir un toit. Fuir les violences de la rue ne devrait jamais conduire à en subir d’autres.

Ce n’est ni un « arrangement », ni un choix libre. C’est une violence rendue possible par la crise du logement, la précarité et l’absence d’alternatives sûres. Un rapport de force brutal, fondé sur la peur de la rue et la menace de perdre ses enfants, ses papiers ou le peu de stabilité qu’il reste.

Chaque jour, chercher un toit peut devenir une nouvelle zone de danger pour des femmes déjà fragilisées par la pauvreté, les violences ou une rupture familiale. Un toit ne devrait jamais se payer avec son corps.

Quand le toit devient un chantage sexuel

Aucune femme ne devrait avoir à choisir entre la rue et la violence sexuelle pour dormir à l’abri. Cette stratégie de survie laisse des traces profondes : estime de soi détruite, sentiment d’être un objet de transaction, confiance brisée… C’est pourquoi notre association, active depuis plus de 65 ans en Belgique, construit déjà une chaîne de protection et de reconstruction. Un lieu sûr. Un accompagnement global. Un soutien vers le logement. Un suivi après l’entrée en habitation.

Marathon de Charleroi : participez aux 5 km avec L’Ilot à Jumet 1024 576 L'Ilot

Marathon de Charleroi : participez aux 5 km avec L’Ilot à Jumet

Marathon de Charleroi : participez aux 5 km avec L’Ilot à Jumet

Le marathon de Charleroi est un rendez-vous sportif, mais aussi une belle occasion de se mobiliser pour une cause essentielle. Ce 26 avril, l’équipe de L’Ilot à Jumet participera à nouveau aux 5 km de la troisième édition du marathon de Charleroi avec l’envie de rassembler un maximum de participantes et de participants autour de ce défi solidaire.

Pourquoi participer au marathon de Charleroi avec L’Ilot ?

Participer au marathon de Charleroi avec L’Ilot, c’est soutenir concrètement les personnes sans chez-soi ou mal-logées, tout en rejoignant une équipe engagée sur le terrain. À Jumet, nos équipes accompagnent chaque jour des hommes en situation de sans-abrisme. En rejoignant notre équipe, vous soutenez L’Ilot dans son action quotidienne contre le sans-abrisme.

Un témoignage fort derrière cette initiative

Cette initiative est portée notamment par un résident de la maison d’accueil de Jumet qui est sous bracelet électronique. Pour lui, s’entraîner à une course comme le marathon de Charleroi représente un véritable défi, avec des horaires stricts, des déplacements limités et un quotidien sous contrainte. Et c’est aussi ce que l’on veut rendre visible cette année.

Son témoignage rappelle une réalité souvent invisible :

« Porter un bracelet électronique, ce n’est pas juste “rester chez soi”. C’est vivre avec des horaires stricts, des déplacements limités, et la sensation constante d’être surveillé. Chaque minute compte, chaque imprévu devient un stress. Derrière ce dispositif, il y a une réalité souvent invisible : celle d’un quotidien contraint, où la liberté se mesure en heures autorisées. C’est une peine, mais aussi un combat pour se reconstruire malgré les restrictions. Certes, moins contraignant de par où je suis passé. Mais tout de même restreint. »

Comment rejoindre l’équipe de L’Ilot ?

L’inscription est de 35 €. Elle comprend les démarches d’inscription, le dossard, un maillot L’Ilot ainsi que des pâtisseries préparées avec cœur par les équipes et les résidents de Jumet après la course.

Chaque participant·e s’engage également à créer une page de collecte avec un objectif minimum de 50 €, en mobilisant ses proches, ses collègues ou sa famille.

Pourquoi courir avec L’Ilot ?

Participer aux 5 km du marathon de Charleroi avec L’Ilot Jumet, c’est relever un défi personnel, rejoindre une équipe engagée et soutenir concrètement nos actions auprès des personnes sans chez-soi et mal-logées.

La date limite d’inscription est fixée au 5 avril.

Merci pour votre soutien.

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Logement temporaire (ISSUE) : définition, objectif et publics cibles 1024 576 L'Ilot

Logement temporaire (ISSUE) : définition, objectif et publics cibles

Photo : ©Julie Debellaing

ISSUE : le logement temporaire pour lutter face au sans-abrisme

Sommaire :

  • Qu’est-ce qu’un logement temporaire ?
  • Quel est l’objectif du logement temporaire dans le cadre du projet ISSUE ?
  • Logement temporaire (ISSUE) : quels accompagnements pour quels publics cibles ?
    • Axe 1 : l’insertion par le logement via un coaching intensif
    • Axe 2 : répit, repos et ouverture de droit
    • Axe 3 : (ré)intégration dans un logement “Housing first”
  • Quelle durée pour un logement temporaire avec ISSUE ?
  • L’occupation temporaire, une solution pragmatique face à l’explosion du sans-abrisme

Le partenariat ISSUE regroupe des acteurs représentant différents volets du secteur de la lutte contre le sans-abrisme (travail de rue, urgence, santé mentale, logement) qui mutualisent leurs expertises. L’accompagnement des personnes bénéficie dès lors de la complémentarité des approches au sein de l’équipe pluridisciplinaire de travailleuses et travailleurs.   

En date du 31/12/2025 et depuis le début du projet en mars 2020 :
– 156 personnes sans abri ont intégré 50 logements ISSUE, grâce à une collaboration avec 7 partenaires-logement.
– Pour 58 personnes, le logement temporaire a été un tremplin vers le logement durable.
– Pour 1/3 des personnes dont c’était l’objectif, le logement temporaire a permis une mise en ordre administrative et/ou une réouverture des droits.

Qu’est-ce que l’occupation temporaire ? 

L’occupation temporaire consiste à rendre habitables des logements vides (en attente de rénovation) et les mettre à disposition de personnes sans abri via une convention d’occupation. Ce dispositif est ainsi conçu comme un tremplin qui répond à l’urgence et accompagne les personnes pour une transition vers le logement durable. 

Quel est l’objectif du logement temporaire dans le cadre du projet ISSUE ?

Constatant que le nombre de personnes sans chez-soi augmente en Région de Bruxelles-Capitale, que de nombreux logements restent vides à Bruxelles, et que les centres d’hébergement sont saturés, L’Ilot, DIOGENES, le Smes, Pierre d’Angle et le Samusocial ont décidé de mutualiser leurs expertises pour créer ISSUE. Ce projet innovant nait de la volonté de penser les choses différemment et de proposer, avec le logement temporaire, une alternative complémentaire aux dispositifs existants dans le secteur d’aide aux personnes sans chez-soi.  

ISSUE saisit l’opportunité de logements individuels temporairement inoccupés pour permettre à des personnes sans chez-soi de s’y installer provisoirement et d’offrir à celles-ci un accompagnement psychosocial individualisé et sur-mesure. 

Le projet ISSUE, financé par la COCOM et soutenu par Bruss’help, se concrétise grâce à des conventions d’occupation précaire signées avec des opérateurs du logement, publics ou privés, tels que des Sociétés Immobilières de Service Public (SISP), des Agences Immobilières Sociales (AIS), CityDev (Société de Développement pour la Région de Bruxelles-Capitale) ou d’autres partenaires qui voudraient contribuer à la réalisation de la mission d’ISSUE.

Logement temporaire (ISSUE) : quels accompagnements pour quels publics cibles ?

La méthodologie du projet ISSUE s’articule autour de trois axes/objectifs qui s’adressent chacun à un public particulier :

Axe 1 : l’insertion par le logement via un coaching intensif

Cet axe vise des personnes ou familles disposant de revenus stables et désireux·ses de retrouver un logement durable ou ayant besoin d’une période tampon pour préciser leur projet de logement.

Pour cet objectif, l’intérêt spécifique du logement temporaire est la possibilité d’une expérience de logement hors des contraintes d’un bail classique qui permet une préparation approfondie en vue de l’entrée en logement durable (ex : identification des points à travailler pour maximiser les chances de maintien en logement, précision du projet logement). Par ailleurs, la stabilité offerte par le logement individuel temporaire permet une meilleure adhésion au coaching, et facilite la présence des personnes aux démarches administratives.

C’est la Cellule Captation et Création de logements qui est l’opérateur de terrain pour cet axe.

Axe 2 : répit, repos et ouverture de droits

Cet objectif concerne des personnes ou familles sans chez-soi en rue, avec ou sans papiers, avec ou sans revenus qui ont soit besoin de repos physique et/ou psychique et/ou dont l’objectif est une mise en ordre administrative. Cet axe cible aussi des personnes (auto) exclues des dispositifs d’urgence sociale.

La valeur ajoutée du logement temporaire pour cet objectif découle de la possibilité de domiciliation et de gratuité du logement permettant de travailler à la remise en ordre administrative, à l’ouverture des droits, à l’adhésion à l’aide et aux soins, notamment pour des personnes en statut précaire. Par ailleurs, le seuil de tolérance est souvent plus adapté en cas de conflit de voisinage.

Ce sont les deux associations DIOGENES et Pierre d’Angle qui sont les opérateurs terrain pour cet axe.

Axe 3 : (ré)intégration dans un logement “Housing first”

Cet axe s’adresse à des personnes sans chez-soi particulièrement fragiles en raison d’un cumul de problématiques (santé mentale, assuétudes, etc.) et qui visent une sortie définitive de la rue mais ne sont plus en mesure temporairement de fonctionner avec les contraintes d’un logement classique.

Pour ces personnes, bénéficier d’un logement de transit ISSUE et d’un accompagnement psycho-médico-social global, permet un accompagnement (intensif) à la recherche d’un logement pérenne, et constitue un tremplin vers le logement durable.

DIOGENES et le Smes sont les opérateurs terrain pour cet axe.

Quelle durée pour un logement temporaire avec ISSUE ?

La période pendant laquelle un logement provisoire peut être occupé est très variable, comme le montre ce tableau récapitulatif des bâtiments mis à disposition d’ISSUE depuis le début du projet :

Dénomination du site  Opérateurs logement  Nombre de logements  Durée d’occupation  Statut 
Peterbos  SISP Comensia  7  7 mois 

03/2020 – 09/2020 

Clôturé 
Grande Haie  SISP Log’Iris  3  17 mois 

03/2020 – 07/2021 

Clôturé 
3 pommiers  AIS les trois pommiers  13  72 mois 

01/2021 – 12/2025 

Prolongation jusqu’au 31/12/2026 

En cours 
Ganshoren   CityDev  1  59 mois 

02/2020 – 12/2024 

Clôturé
Trèfles  CityDev  1  47,5 mois 

04/2022 – 12/2025 

Prolongation jusqu’au 15/03/2026

En cours 

 

Dubrucq  SISP Logement Molenbeekois  14  53 mois  

03/2023 – 12/2025 

Prolongation jusqu’au 31/07/2027 

En cours 
Etterbeek – Log’Iris  SISP Log’ Iris   11 15 mois 

Déc 2023 – Février 2025
Prolongation jusqu’au 31/07/2027 

Clôturé

L’occupation temporaire, une solution pragmatique face à l’explosion du sans-abrisme 

Le dernier dénombrement réalisé en 2024 estime à près de 10 000 le nombre de personnes sans chez-soi à Bruxelles. Ce chiffre a été multiplié par cinq en moins de quinze ans. Face à une crise d’une telle ampleur, notre Région se doit de déployer, sans délai, des solutions innovantes et efficaces. 

Pourtant, les données de la SLRB montrent que la vacance dans le parc social augmente, principalement en raison de la nécessité de rénover des logements. En 2022, 11,39 % des 40 500 logements sociaux étaient vides, soit 4 613 unités. En septembre 2025, ce chiffre atteignait 4 848 logements.  

Les logements sociaux sont loin d’être les seuls concernés par ce phénomène. 

logements sociaux inoccupés bruxelles

Légende : le nombre de logements sociaux inoccupés en augmentation à Bruxelles

Une des solutions consiste à opter pour l’occupation temporaire : grâce à une convention d’occupation précaire, des logements vides (en attente de rénovation) sont rendus habitables. Le but de ce dispositif est d’agir ainsi en réponse à l’urgence comme un tremplin, qui permet d’accompagner les personnes vers le logement durable.

L’expérience a montré que les modèles d’occupation temporaire, pour se dérouler au mieux, doivent pouvoir s’appuyer à chaque fois sur deux types d’acteurs : un opérateur logement (en charge de la gestion de l’infrastructure et de la gestion financière du bien), et un service d’accompagnement psycho-social (chargé d’accompagner les personnes relogées).

occupation temporaire

Légende : les deux rôles dans les modèles d’occupation temporaire

Les impacts positifs du logement temporaire bénéficient aussi bien aux personnes relogées, qu’aux propriétaires et à l’espace public.

Mais ce n’est pas tout : les études montrent que prévenir et réduire le sans-abrisme via des solutions comme l’occupation temporaire coûte nettement moins cher aux pouvoirs publics que de devoir financer et gérer la réponse d’urgence (places d’hébergement d’urgence, prise en charge en aval, etc.).

Autrement dit, l’occupation temporaire est une option économiquement plus rationnelle que l’inaction, tout en facilitant l’accès à des solutions de logement plus durables.

logement de transit impacts positifs

Légende : les impacts positifs du logement temporaire

Le logement temporaire s’impose ainsi comme un dispositif à fort impact dans un contexte de contraintes budgétaires. C’est pourquoi nous appelons à la mise en place d’un contrat-cadre régional pour les occupations temporaires intégrant les éléments suivants :

  • financement structurel et pluriannuel couvrant tous les frais des associations portant des projets d’occupation temporaire à visée sociale (personnel, fonctionnement et rénovation) ;
  • mise à disposition gratuite des logements publics inoccupés (SISP, CPAS, Communes, Régie foncière, etc.) ;
  • durée minimale de 2 ans pour l’occupation des bâtiments (adaptable exceptionnellement), jugée essentielle pour stabiliser les personnes et garantir la continuité de l’accompagnement.

Cette note de plaidoyer est portée par : ISSUE (L’Ilot, DIOGENES, Pierre d’Angle, SMES), le Samusocial, Communa et la FéBUL.

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Exclusion du chômage : L’Ilot face à un tsunami social ! 1024 576 L'Ilot

Exclusion du chômage : L’Ilot face à un tsunami social !

©Arnaud Ghys

Exclusion du chômage : L’Ilot face à un tsunami social !

Sommaire :

  • Qui sera exclu du chômage ?
  • Exclusion du chômage : l’explosion du sans-abrisme comme conséquence
  • L’Ilot face au tsunami social : plus de demandes, moins de moyens
    • Votre soutien peut tout changer
  • Sources

En Belgique, les dernières mesures fédérales, parmi lesquelles l’exclusion du chômage, toucheront plus de 180 000 personnes ; et 42 % d’entre elles pourraient perdre toute source de revenu. 

Pour L’Ilot et les personnes sans abri que nous accompagnons, l’heure est grave. La combinaison entre d’une part des coupes budgétaires imposées aux associations venant en aide aux plus fragiles et, de l’autre, des mesures politiques qui vont fortement augmenter la pauvreté, prépare un tsunami social jamais vu.  

Et l’hiver approche, avec pour toutes ces personnes son lot de mauvaises nouvelles : diminution drastique des droits sociaux, exclusions du chômage, précarisation des femmes comme des étudiants et étudiantes, politique de non-accueil, etc. 

Qui sera exclu du chômage ? 

L’exclusion du chômage touchera plus de 180 000 personnes, contactées par vagues à partir du 15 septembre 2025. L’Observatoire de la Santé et du Social de Bruxelles-Capitale (service d’études de Vivalis) s’est penché sur le parcours socioéconomique possible des potentiels exclu∙es et l’impact de la réforme sur les CPAS bruxellois.  

D’après les estimations de l’Observatoire, au cours des 6 mois suivant l’exclusion, et parmi les 24.700 exclu∙es du chômage de moins de 55 ans :

  • 42 % pourraient perdre toute source de revenu ; 
  • 32 % se retrouveraient avec un revenu d’intégration sociale du CPAS ;
  • 21 % bénéficieraient d’un emploi ;
  • et 5 % tomberaient dans l’assurance maladie-invalidité.

Exclusion du chômage : l’explosion du sans-abrisme comme conséquence

Les chiffres affolants de L’Observatoire de la Santé et du Social de Bruxelles-Capitale montrent qu’en Région bruxelloise, le risque est accru de voir l’exclusion du chômage augmenter la précarité d’une part de la population déjà très fragilisée.

Cette mesure du gouvernement Arizona s’accompagne d’autres décisions fédérales qui ne feront qu’augmenter considérablement la pauvreté :

  • diminution drastique des droits sociaux ;
  • précarisation des femmes comme des étudiants et étudiantes ;
  • politique de non-accueil, etc.

C’est un tsunami social qui se prépare. L’impact des réformes sera effroyable pour un nombre très important de personnes : le risque de perte de logement et d’augmentation de la population sans abri n’a jamais été aussi grand.  

Et ce, alors que le nombre de personnes sans chez-soi à Bruxelles a augmenté de 25 % en deux ans, atteignant le chiffre alarmant de 10 000 personnes – 50 000 sur tout le territoire national. Bientôt, ce seront des milliers de personnes supplémentaires qui seront forcées de vivre sans chez-soi.

Un véritable tsunami de précarité, alors que dans le même temps, nous subissons des coupes drastiques de subsides, telles que celle du « Plan Grand Froid » qui envoie ce message terrible : débrouillez-vous ! Sans oublier la diminution de la déduction fiscale sur les dons en Belgique, qui risque de décourager des élans de solidarité pourtant essentiels.

L’Ilot face au tsunami social : plus de demandes, moins de moyens 

Chaque jour, nous devons refuser des demandes dans nos différents centres. La pression augmente et les sollicitations se multiplient. Sarah, 52 ans, mère de quatre enfants, atteinte d’arthrose, nous parlait encore récemment de ses douleurs empirées par chaque nuit passée dehors dans le froid.

Aucune détresse n’est mise de côté et nous accompagnons chaque jour toutes celles et ceux qui franchissent notre porte. Concrètement, nous finançons sur fonds propres un tiers des besoins du centre de jour mixte et la moitié du budget de Circé de L’Ilot, notre centre de jour pour femmes sans chez-soi. Et ces fonds propres, ce sont surtout vos dons qui les composent.

Il est urgent d’agir aujourd’hui. Votre don, quel qu’en soit le montant, est une aide directe et concrète aux personnes qui n’ont plus de chez-soi. En 2024, 2 254 personnes ont franchi les portes de nos centres de jour, comme Sarah et bien d’autres.

Votre soutien peut tout changer 

Chaque don est un acte de résistance contre l’abandon :  

  • Avec 40 €, vous offrez 10 repas à une personne sans abri ;
  • Avec 100 €, vous rendez possible l’accueil complet d’une personne comme Sarah pendant 12 jours dans notre centre de jour ;
  • Avec 300 €, vous offrez 1 mois et demi d’accueil de jour à une personne sans chez-soi.

À L’Ilot, nous choisissons de continuer à ouvrir nos portes, nous refusons de dépendre des autorités publiques qui n’assument plus leurs responsabilités. Nous ne pourrons pas lutter seuls. Nous avons besoin de votre solidarité face à cette crise sociale qui s’annonce. Ce que vous donnez aujourd’hui peut transformer une vie dès demain.

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Manifestation nationale : L’Ilot présent dans les rues 1024 576 L'Ilot

Manifestation nationale : L’Ilot présent dans les rues

Manifestation nationale : L’Ilot présent dans les rues de Bruxelles

Sommaire :

  • Pourquoi L’Ilot participait-il à la manifestation nationale ?
    • Des décisions du gouvernement fédéral préoccupantes
    • Le désinvestissement du Fédéral face au sans-abrisme
  • Que demandons-nous ?
  • Quelle suite à la manifestation nationale ?
  • Prochaine manifestation nationale : contre les violences faites aux femmes
  • Sources

Le 14 octobre, les équipes de L’Ilot ont participé à la manifestation nationale organisée à Bruxelles pour interpeller le gouvernement fédéral au sujet d’une série de mesures déjà adoptées ou en voie de l’être. Retour sur les raisons de notre mobilisation.

Pourquoi notre association participait-elle à la manifestation nationale ?

L’Ilot, comme l’ensemble des organisations du secteur de l’aide aux personnes sans abri, est profondément inquiète face à l’avenir qui se profile. Notre slogan est « L’Ilot – Sortir du sans-abrisme », mais les politiques actuelles semblent malheureusement nous mener dans la direction inverse. Il était donc essentiel de se mobiliser aux côtés de nos partenaires de terrain à l’occasion de la manifestation nationale.

Des décisions du gouvernement fédéral préoccupantes

Alors que le phénomène du sans-abrisme ne cesse d’augmenter depuis 15 ans en Belgique, le gouvernement fédéral a pris plusieurs décisions qui risquent d’en accélérer encore la progression.

En voici trois particulièrement préoccupantes :

  • Le non-accueil des demandeurs d’asile par la Belgique, pourtant obligatoire du point de vue du droit, amène d’ores et déjà 2 000 personnes supplémentaires à se retrouver sans logement, principalement à Bruxelles. [source]
  • L’exclusion massive du chômage au 1er janvier 2026, qui va saturer les services receveurs. Il est, de plus, estimé que sur les 184 462 personnes concernées, environ 40 % se retrouveront sans revenu aucun [source]. Dans ces conditions, il est difficile d’imaginer qu’une partie d’entre elles ne basculent pas dans le sans-abrisme à court ou moyen terme.
  • Le projet visant à réduire le nombre de malades longue durée [source]. Ces publics particulièrement vulnérables ont de plus grandes chances de tomber dans le sans-abrisme que d’autres catégories de population en cas de perte de revenus.

Le désinvestissement du Fédéral face au sans-abrisme 

Le gouvernement fédéral se désengage clairement de la lutte contre la pauvreté. Résultat : une diminution des moyens pour les organisations — comme la nôtre — qui devront pourtant absorber les conséquences sociales de ces décisions. Voici ci-dessous trois exemples concrets.

  • Avec la diminution de la déduction fiscale pour les dons aux associations, il sera désormais plus difficile de se financer grâce à la générosité privée. Cette mesure représente une perte directe de moyens pour nos organisations. Pour aller plus loin, retrouvez notre carte blanche dans le Vif.
  • La réduction de 45 % du financement de l’aide alimentaire [source] amènera demain davantage de gens à connaître la faim en Belgique. Les Restos du Cœur ont déjà alerté sur leurs grandes difficultés financières.
  • La suppression du Plan Grand Froid, qui représente une perte de 325 000 € pour l’hiver 2025-2026, et trois fois plus pour l’hiver prochain. [source]

Que demandons-nous ?

Nous demandons avant tout que le gouvernement fédéral réinvestisse dans ses missions de lutte contre la grande précarité. Dans ces temps difficiles, l’État doit garantir un financement décent aux derniers filets de sécurité encore en place dans notre société. Il est impensable de faire reposer sur les Régions l’entière charge des conséquences sociales des politiques fédérales.

Nous demandons ensuite une politique plus humaine et plus juste. On ne fait pas progresser une société à coups de sanctions et d’exclusions. Nous avons besoin d’un projet mobilisateur, positif et solidaire, qui prenne réellement en compte les risques de basculement dans la grande précarité.

Quelle suite à la manifestation nationale ?

Tant qu’aucune inflexion ne sera apportée à la trajectoire actuelle du gouvernement fédéral, nous continuerons à plaider, auprès de nos élus et dans la rue, pour que les choses changent.

Aidez-nous à porter ce message, signez notre pétition contre le désinvestissement de l’Etat fédéral !

Prochaine manifestation nationale : contre les violences faites aux femmes 

Le dimanche 23 novembre, à Bruxelles, aura lieu une manifestation nationale contre les violences faites aux femmes. Des dizaines d’organisations féministes, sociales, citoyennes et syndicales défileront ensemble à cette occasion. En effet, de nombreuses mesures du gouvernement fédéral frappent d’abord le genre féminin.

Infos pratiques  

  • Date : dimanche 23 novembre
  • Heure et lieu de RDV : départ à 14h – Place Poelart (Bruxelles)
  • Itinéraire : de la Place Poelaert au Parvis de Saint-Gilles

Sources 

[1] Ciré asbl : « Politique de non-accueil: état des lieux – 2025 »

[2] Vivalis : « Projet de limitation de la durée d’octroi des allocations de chômage à deux ans : le devenir possible des exclus du chômage et effets potentiels sur les CPAS »

[3] La DH : « Médecins et malades de longue durée sous surveillance, « l’Arizona ouvre la porte à une véritable chasse aux sorcières : dans quel pays vit-on ? »

[4] Le Vif : « Dons aux sans-abri : pourquoi la baisse de la déduction fiscale inquiète les associations »

[5] La Libre : « Les acteurs de l’aide alimentaire alertent sur la baisse de leur budget »

[6] Parlement Bruxellois : « Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale et Assemblée réunie de la COCOM : séance plénière du 26 septembre 2025 »