Retour sur la journée d’étude « Femmes, précarité et travail social »
Ce mardi 19 mai, L’Ilot présentait à La Bellone son nouveau projet de Centre d’étude “Femmes, Précarité et Travail social”, porté par Justine Dofal, chargée du projet.
Cette journée d’étude venait clôturer une année de recherche, de rencontres et d’échanges autour des réalités vécues par les femmes en situation de grande précarité, de mal-logement ou de sans-chez-soirisme. Elle a réuni notamment des professionnel·les du secteur social-santé, des associations partenaires, des chercheuses, des actrices de terrain et des femmes sans chez-soi concernées.
Avec au cœur des échanges, une question essentielle : comment mieux comprendre les parcours des femmes précarisées pour construire un accompagnement social plus juste et mieux adapté à leurs besoins et aux violences qu’elles traversent ?
Pourquoi créer un Centre d’étude “Femmes, Précarité et Travail social” ?
Le constat de départ est clair : les parcours des femmes en grande précarité restent encore trop souvent invisibilisés dans les politiques publiques et dans les dispositifs d’aide.
Les femmes sans chez-soi ou en situation de mal-logement vivent des parcours souvent marqués par des violences, des ruptures familiales, des difficultés d’accès aux droits, à la santé ou au logement. Ces expériences requièrent des réponses adaptées, pensées à partir de leurs besoins et de leurs vécus.
C’est pour répondre à cet enjeu que L’Ilot a créé le Centre d’étude “Femmes, Précarité et Travail social”, dans la continué de notre travail autour du sans-chez-soirisme féminin, notamment avec l’ouverture de Circé de L’Ilot, premier centre de jour bruxellois dédié aux femmes sans chez-soi.
Former et outiller les professionnel·les de terrain
Lors de cette rencontre à La Bellone, plusieurs intervenantes ont pris part aux tables rondes et aux discussions collectives : Justine Dofal (chargée du projet), Susan Even (doctorante UCLouvain x L’Ilot), Cécile Rugira (directrice Solidarité Femmes), Concetta Mayenga (travailleuse sociale L’Ilot), Christine Mahy (secrétaire générale et politique du Réseau Wallon de Lutte contre la Pauvreté), mais également Céline Nieuwenhuys (Fédération des Services Sociaux -FdSS), Christine Vanhessen (Fédération AMA), Valérie Lootvoet (Université des Femmes), Sarah de Liamchine (New Samusocial), Ariane Dierickx (L’Ilot) et des femmes sans chez-soi concernées.
À l’issue des tables rondes, nous avons interviewé plusieurs de ces intervenantes autour d’une question centrale : pourquoi un Centre d’étude “Femmes, Précarité et Travail social” est-il primordial pour le secteur de l’aide aux personnes sans chez-soi ?
Leur réponse converge vers un même besoin : former et outiller les travailleur·euses sociaux·ales, mais aussi l’ensemble des acteur·rices qui accompagnent les femmes précarisées au quotidien.
Pour Christine Mahy, secrétaire générale et politique du Réseau Wallon de Lutte contre la Pauvreté, il est essentiel de relier les savoirs existants aux réalités de terrain :
« On a encore besoin de connaissances, mais on a surtout besoin de relier les connaissances qu’on a pour voir comment on peut les optimaliser dans l’action, et surtout comment ce centre continuera à se nourrir des premières concernées, c’est-à-dire les femmes précarisées. »
Cécile Rugira, directrice de Solidarité Femmes, insiste elle aussi sur l’importance d’une formation spécifique :
« Il faut absolument former les travailleur·euses sociaux·ales. Il faut un accompagnement individualisé, spécifique pour ces femmes. Si on n’est pas bien formé·es, on ne sait pas bien comment accompagner. »
Pour Justine Dofal, chargée du projet, l’enjeu est également de mieux prendre en compte les violences vécues par les femmes :
« Il y a un vrai besoin d’accompagnement spécifique des femmes, qui soit à l’écoute de ce qu’elles ont vécu, qui soit formé sur l’accueil et l’accompagnement des femmes lorsqu’elles sont victimes de violences. »
L’Ilot remercie toutes les personnes présentes pour leur écoute, leurs prises de parole et leur contribution à cette réflexion collective.
N’hésitez pas à nous partager vos retours ou suggestions suite à la journée via notre formulaire en ligne.