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Logement temporaire (ISSUE) : définition, objectif et publics cibles 1024 576 L'Ilot

Logement temporaire (ISSUE) : définition, objectif et publics cibles

Photo : ©Julie Debellaing

ISSUE : le logement temporaire pour lutter face au sans-abrisme

Sommaire :

  • Qu’est-ce qu’un logement temporaire ?
  • Quel est l’objectif du logement temporaire dans le cadre du projet ISSUE ?
  • Logement temporaire (ISSUE) : quels accompagnements pour quels publics cibles ?
    • Axe 1 : l’insertion par le logement via un coaching intensif
    • Axe 2 : répit, repos et ouverture de droit
    • Axe 3 : (ré)intégration dans un logement “Housing first”
  • Quelle durée pour un logement temporaire avec ISSUE ?
  • L’occupation temporaire, une solution pragmatique face à l’explosion du sans-abrisme

Le partenariat ISSUE regroupe des acteurs représentant différents volets du secteur de la lutte contre le sans-abrisme (travail de rue, urgence, santé mentale, logement) qui mutualisent leurs expertises. L’accompagnement des personnes bénéficie dès lors de la complémentarité des approches au sein de l’équipe pluridisciplinaire de travailleuses et travailleurs.   

En date du 31/12/2025 et depuis le début du projet en mars 2020 :
– 156 personnes sans abri ont intégré 50 logements ISSUE, grâce à une collaboration avec 7 partenaires-logement.
– Pour 58 personnes, le logement temporaire a été un tremplin vers le logement durable.
– Pour 1/3 des personnes dont c’était l’objectif, le logement temporaire a permis une mise en ordre administrative et/ou une réouverture des droits.

Qu’est-ce que l’occupation temporaire ? 

L’occupation temporaire consiste à rendre habitables des logements vides (en attente de rénovation) et les mettre à disposition de personnes sans abri via une convention d’occupation. Ce dispositif est ainsi conçu comme un tremplin qui répond à l’urgence et accompagne les personnes pour une transition vers le logement durable. 

Quel est l’objectif du logement temporaire dans le cadre du projet ISSUE ?

Constatant que le nombre de personnes sans chez-soi augmente en Région de Bruxelles-Capitale, que de nombreux logements restent vides à Bruxelles, et que les centres d’hébergement sont saturés, L’Ilot, DIOGENES, le Smes, Pierre d’Angle et le Samusocial ont décidé de mutualiser leurs expertises pour créer ISSUE. Ce projet innovant nait de la volonté de penser les choses différemment et de proposer, avec le logement temporaire, une alternative complémentaire aux dispositifs existants dans le secteur d’aide aux personnes sans chez-soi.  

ISSUE saisit l’opportunité de logements individuels temporairement inoccupés pour permettre à des personnes sans chez-soi de s’y installer provisoirement et d’offrir à celles-ci un accompagnement psychosocial individualisé et sur-mesure. 

Le projet ISSUE, financé par la COCOM et soutenu par Bruss’help, se concrétise grâce à des conventions d’occupation précaire signées avec des opérateurs du logement, publics ou privés, tels que des Sociétés Immobilières de Service Public (SISP), des Agences Immobilières Sociales (AIS), CityDev (Société de Développement pour la Région de Bruxelles-Capitale) ou d’autres partenaires qui voudraient contribuer à la réalisation de la mission d’ISSUE.

Logement temporaire (ISSUE) : quels accompagnements pour quels publics cibles ?

La méthodologie du projet ISSUE s’articule autour de trois axes/objectifs qui s’adressent chacun à un public particulier :

Axe 1 : l’insertion par le logement via un coaching intensif

Cet axe vise des personnes ou familles disposant de revenus stables et désireux·ses de retrouver un logement durable ou ayant besoin d’une période tampon pour préciser leur projet de logement.

Pour cet objectif, l’intérêt spécifique du logement temporaire est la possibilité d’une expérience de logement hors des contraintes d’un bail classique qui permet une préparation approfondie en vue de l’entrée en logement durable (ex : identification des points à travailler pour maximiser les chances de maintien en logement, précision du projet logement). Par ailleurs, la stabilité offerte par le logement individuel temporaire permet une meilleure adhésion au coaching, et facilite la présence des personnes aux démarches administratives.

C’est la Cellule Captation et Création de logements qui est l’opérateur de terrain pour cet axe.

Axe 2 : répit, repos et ouverture de droits

Cet objectif concerne des personnes ou familles sans chez-soi en rue, avec ou sans papiers, avec ou sans revenus qui ont soit besoin de repos physique et/ou psychique et/ou dont l’objectif est une mise en ordre administrative. Cet axe cible aussi des personnes (auto) exclues des dispositifs d’urgence sociale.

La valeur ajoutée du logement temporaire pour cet objectif découle de la possibilité de domiciliation et de gratuité du logement permettant de travailler à la remise en ordre administrative, à l’ouverture des droits, à l’adhésion à l’aide et aux soins, notamment pour des personnes en statut précaire. Par ailleurs, le seuil de tolérance est souvent plus adapté en cas de conflit de voisinage.

Ce sont les deux associations DIOGENES et Pierre d’Angle qui sont les opérateurs terrain pour cet axe.

Axe 3 : (ré)intégration dans un logement “Housing first”

Cet axe s’adresse à des personnes sans chez-soi particulièrement fragiles en raison d’un cumul de problématiques (santé mentale, assuétudes, etc.) et qui visent une sortie définitive de la rue mais ne sont plus en mesure temporairement de fonctionner avec les contraintes d’un logement classique.

Pour ces personnes, bénéficier d’un logement de transit ISSUE et d’un accompagnement psycho-médico-social global, permet un accompagnement (intensif) à la recherche d’un logement pérenne, et constitue un tremplin vers le logement durable.

DIOGENES et le Smes sont les opérateurs terrain pour cet axe.

Quelle durée pour un logement temporaire avec ISSUE ?

La période pendant laquelle un logement provisoire peut être occupé est très variable, comme le montre ce tableau récapitulatif des bâtiments mis à disposition d’ISSUE depuis le début du projet :

Dénomination du site  Opérateurs logement  Nombre de logements  Durée d’occupation  Statut 
Peterbos  SISP Comensia  7  7 mois 

03/2020 – 09/2020 

Clôturé 
Grande Haie  SISP Log’Iris  3  17 mois 

03/2020 – 07/2021 

Clôturé 
3 pommiers  AIS les trois pommiers  13  72 mois 

01/2021 12/2025 

Prolongation jusqu’au 31/12/2026 

En cours 
Ganshoren   CityDev  1  59 mois 

02/2020 – 12/2024 

Clôturé
Trèfles  CityDev  1  47,5 mois 

04/2022 – 12/2025 

Prolongation jusqu’au 15/03/2026

En cours 

 

Dubrucq  SISP Logement Molenbeekois  14  53 mois  

03/2023 12/2025 

Prolongation jusqu’au 31/07/2027 

En cours 
Etterbeek – Log’Iris  SISP LogIris   11 15 mois 

Déc 2023 – Février 2025
Prolongation jusqu’au 31/07/2027 

Clôturé

L’occupation temporaire, une solution pragmatique face à l’explosion du sans-abrisme 

Le dernier dénombrement réalisé en 2024 estime à près de 10 000 le nombre de personnes sans chez-soi à Bruxelles. Ce chiffre a été multiplié par cinq en moins de quinze ans. Face à une crise d’une telle ampleur, notre Région se doit de déployer, sans délai, des solutions innovantes et efficaces. 

Pourtant, les données de la SLRB montrent que la vacance dans le parc social augmente, principalement en raison de la nécessité de rénover des logements. En 2022, 11,39 % des 40 500 logements sociaux étaient vides, soit 4 613 unités. En septembre 2025, ce chiffre atteignait 4 848 logements.  

Les logements sociaux sont loin d’être les seuls concernés par ce phénomène. 

logements sociaux inoccupés bruxelles

Légende : le nombre de logements sociaux inoccupés en augmentation à Bruxelles

Une des solutions consiste à opter pour l’occupation temporaire : grâce à une convention d’occupation précaire, des logements vides (en attente de rénovation) sont rendus habitables. Le but de ce dispositif est d’agir ainsi en réponse à l’urgence comme un tremplin, qui permet d’accompagner les personnes vers le logement durable.

L’expérience a montré que les modèles d’occupation temporaire, pour se dérouler au mieux, doivent pouvoir s’appuyer à chaque fois sur deux types d’acteurs : un opérateur logement (en charge de la gestion de l’infrastructure et de la gestion financière du bien), et un service d’accompagnement psycho-social (chargé d’accompagner les personnes relogées).

occupation temporaire

Légende : les deux rôles dans les modèles d’occupation temporaire

Les impacts positifs du logement temporaire bénéficient aussi bien aux personnes relogées, qu’aux propriétaires et à l’espace public.

Mais ce n’est pas tout : les études montrent que prévenir et réduire le sans-abrisme via des solutions comme l’occupation temporaire coûte nettement moins cher aux pouvoirs publics que de devoir financer et gérer la réponse d’urgence (places d’hébergement d’urgence, prise en charge en aval, etc.).

Autrement dit, l’occupation temporaire est une option économiquement plus rationnelle que l’inaction, tout en facilitant l’accès à des solutions de logement plus durables.

logement de transit impacts positifs

Légende : les impacts positifs du logement temporaire

Le logement temporaire s’impose ainsi comme un dispositif à fort impact dans un contexte de contraintes budgétaires. C’est pourquoi nous appelons à la mise en place d’un contrat-cadre régional pour les occupations temporaires intégrant les éléments suivants :

  • financement structurel et pluriannuel couvrant tous les frais des associations portant des projets d’occupation temporaire à visée sociale (personnel, fonctionnement et rénovation) ;
  • mise à disposition gratuite des logements publics inoccupés (SISP, CPAS, Communes, Régie foncière, etc.) ;
  • durée minimale de 2 ans pour l’occupation des bâtiments (adaptable exceptionnellement), jugée essentielle pour stabiliser les personnes et garantir la continuité de l’accompagnement.

Cette note de plaidoyer est portée par : ISSUE (L’Ilot, DIOGENES, Pierre d’Angle, SMES), le Samusocial, Communa et la FéBUL.

Vague de froid : femmes, hommes et enfants risquent leur vie en dormant en rue 1024 576 L'Ilot

Vague de froid : femmes, hommes et enfants risquent leur vie en dormant en rue

« Ma seule solution est de passer la nuit dehors, dans le froid. Sous la tente, tu peux accumuler les couches, mais tant qu’elles sont humides ça ne change rien. Tout le monde est logé à la même enseigne : jeunes, vieux, enfants… »

Solène*, 52 ans

Le froid, un danger mortel quand on dort dans la rue

Chaque hiver, le froid s’abat sur la Belgique et menace les personnes sans abri qui dorment dans la rue. Quand on passe la nuit dehors, un danger devient réel : ne pas se réveiller. Des femmes, des enfants et des hommes tenteront de se protéger le mieux possible dans une bouche de métro, sous un amas de couvertures ; devant chez vous, sous vos fenêtres…

Le vent glacial se glisse dans les vêtements, peu importe les couches. Impossible de bouger les doigts, les bras ou les jambes : les muscles sont raidis par le froid, tétanisés. La respiration ralentit de plus en plus ; le cœur s’arrête tout doucement de battre.

Pour celles et ceux qui affrontent chaque jour la faim et la soif, la violence de la rue, la dépression et toutes les souffrances liées à la grande précarité, s’ajoute à présent le risque de mourir de froid dans la plus totale indifférence.

Combien de temps allons-nous encore tolérer cette situation ? Ces réalités sont le reflet brutal d’une société qui abandonne les plus vulnérables à leur propre sort.

Anne et Eric racontent les nuits difficiles, le froid, la fatigue et la détresse de la rue.

Des solutions concrètes pour sauver des vies

Depuis plus de 60 ans, notre association agit à Bruxelles et en Wallonie pour offrir un soutien vital aux personnes sans chez-soi.

De l’accueil d’urgence à la (re)mise en logement en passant notamment par l’ouverture des droits et l’hébergement temporaire en Maison d’accueil, les équipes de terrain de L’Ilot proposent aux personnes sans chez-soi un panel de solutions.

Mais accueillir davantage de personnes fragilisées pendant cette période a un coût considérable : nous devons de toute urgence nous équiper en matériel, trouver des solutions de mise à l’abri et de soins supplémentaires.

C’est pourquoi nous avons besoin de votre aide d’urgence, aujourd’hui plus que jamais, pour éviter cette catastrophe dans nos rues.

Chaque geste compte : avec 20, 40 ou 100 euros, vous faites déjà la différence pour éviter une mort quasi certaine.

* Prénom d’emprunt. Solène symbolise toutes les personnes sans abri accompagnées par L’Ilot grâce à votre soutien.

L'Ilot Solidarity Challenge
L’Ilot lance son Ilot Solidarity Challenge  1024 576 L'Ilot

L’Ilot lance son Ilot Solidarity Challenge 

L’Ilot lance son Ilot Solidarity Challenge 

Parce que la solidarité ne connait pas de frontière, L’Ilot lance un nouveau défi au monde du sport : se mobiliser pour lutter avec nous contre le sans-abrisme.

L’année 2026 qui a débuté s’annonce particulièrement difficile pour les publics qui, chaque jour, passent la porte de nos milieux d’accueil. Une situation d’urgence à laquelle L’Ilot ne se résout pas. Ce pourquoi, nous avons décidé de lancer L’Ilot Solidarity Challenge.

L’idée, créer des ponts entre la réalité quotidienne d’une association qui soutient chaque jour des personnes en situation de grande précarité et des sportives et sportifs présenté·es parfois à tort comme déconnecté·es de la réalité. Parce que la lutte contre le sans-abrisme à Bruxelles et Belgique nous concerne toutes et tous.

Un défi solidaire pour lutter contre le sans-abrisme

Pour inaugurer le bal, c’est la Royale Union Saint-Gilloise qui a accepté de se mobiliser aux côtés de L’Ilot. Avec le froid extrême de ces dernières semaines, impossible d’ignorer ce que vivent celles et ceux qui dorment dehors. Capitaine de l’Union et joueur emblématique du club depuis six saisons, Christian Burgess s’est fait le porte-parole des champions de Belgique en titre pour détailler les contours de l’engagement de son club contre le sans-abrisme.

Le défi ? Pour chaque but marqué en janvier, chaque membre de l’équipe et du staff de la Royale Union Saint-Gilloise donnera 10 € pour soutenir L’Ilot dans la lutte contre le sans-abrisme.

À la fin du mois, Christian nommera un autre joueur qui lancera son propre défi au profit de L’Ilot !

Vous aussi, aidez-nous à lutter contre le sans-abrisme et faites grimper le compteur en faisant un don.

Ensemble, on marque des buts. Ensemble, on marque des points contre le sans-abrisme.

précarité Belgique enfants placés
Enfants placés : quand la précarité sépare des familles 1024 576 L'Ilot

Enfants placés : quand la précarité sépare des familles

Visuel : ©Squarefish

Enfants placés : quand la précarité sépare des familles 

La pauvreté ne devrait jamais séparer une mère de son enfant

En Belgique, des enfants sont séparés de leurs mères non pas parce qu’elles sont violentes ou négligentes, mais parce qu’elles sont pauvres et sans logement.

Ce placement, souvent brutal, est vécu comme un véritable arrachement – par l’enfant comme par la mère. Et cette blessure peut marquer une vie entière.

Comment, dans un pays comme le nôtre, pouvons-nous encore accepter qu’en 2025, l’absence d’un logement et la pauvreté suffisent à justifier une séparation entre une mère et son enfant ?

Découvrez l’histoire de Nathalie, séparée de son enfant.

Quand la pauvreté devient un motif de placement

En Belgique francophone, près de 40 000 enfants sont éloignés chaque année de leur famille pour être placés en institution, en famille d’accueil ou dans des services spécialisés.
Si certains placements sont nécessaires pour protéger l’enfant, un nombre croissant d’entre eux est lié à la précarité, en particulier à l’absence de logement stable.

Quelques chiffres marquants

  • Près de 40 000 enfants sont placés chaque année, trop souvent en réponse à la pauvreté ;
  • 83 % des familles monoparentales sont portées par des femmes ;
  • 25 % des mères isolées vivent sous le seuil de pauvreté ;
  • Le placement d’un enfant coûte plus de 3 000 € par mois à la société, alors qu’un soutien à la famille coûte 4 à 5 fois moins;
  • Seuls 6,7 % des logements sont des logements sociaux en Belgique, contre 16 % en moyenne dans l’Union européenne.

Plusieurs recherches montrent que les enfants issus de familles pauvres – et en particulier ceux qui vivent avec une mère seule – sont surreprésentés dans les décisions de séparation. La précarité ne devrait jamais être un motif de placement. Pourtant, elle l’est encore.

Nos actions à L’Ilot

À L’Ilot, nous refusons de considérer la précarité et l’absence de logement comme une fatalité qui sépare les familles.

Nous agissons à plusieurs niveaux :

  • Hébergement et accompagnement des mères seules

Dans nos maisons d’accueil, nous offrons aux mères seules un toit, un cadre sécurisant et un accompagnement psychosocial. L’objectif : leur permettre de se relever, de se reconstruire… et, lorsque c’est possible, retrouver leur enfant.

  • Circé de L’Ilot : notre centre de jour pour femmes sans chez-soi

Chaque année, notre centre de jour Circé de L’Ilot accueille plusieurs centaines de femmes sans chez-soi, dont une part importante a des enfants placés ou menacés de l’être. Elles ne sont pas « perdues » : elles luttent. Elles cherchent un lieu pour reprendre pied, retrouver de la dignité et de la force.

  • Création de logements familiaux

À L’Ilot, nous souhaitons créer davantage de logements décents, accessibles, à loyers modérés, pour qu’aucune mère ne doive choisir entre vivre à la rue ou perdre son enfant.

  • Repenser nos maisons d’accueil

Nous souhaitons aussi repenser nos maisons d’accueil : réduire les espaces collectifs imposés, développer des studios individuels, autonomes et sécurisants, adaptés à la vie de famille. Des lieux où la relation parent–enfant peut continuer à se construire, même dans la précarité.

  • Création d’un centre d’étude « Femmes, précarité et travail social »

Via notre centre d’étude « Femmes, précarité et travail social » nous souhaitons lancer une étude-action pour mieux comprendre la réalité de ces mères, documenter les mécanismes de précarisation et former les professionnel·les de l’aide à la jeunesse et du sans-abrisme à mieux coopérer, au bénéfice des familles.

Ces projets peuvent éviter l’irréparable : maintenir une famille unie et offrir un avenir à un enfant sans l’arracher à sa mère.

Sources et ressources  

  • Ligue des familles, Recherche-action sur les attentes et les besoins des familles monoparentales, 2022.
  • Axelle Magazine, Kindja et Melani : récit de mamans désenfantées, 2021.
  • Défense des Enfants International – Belgique, Entretien avec Benoît Van Keirsbilck, 2022
  • Baromètre des loyers, Région de Bruxelles-Capitale, 2024
  • Estimation d’après la Cour des comptes & les données de l’ONE sur les coûts des placements
  • AGORA, Précieux enfants, 2020 ; Vie Féminine, Aide à la jeunesse aveugle aux violences faites aux femmes, 2023 ; LDH, Le placement, 2023
  • Housing Europe, The State of Housing in the EU 2023
bande dessinée précarité sans abri
Un petit expresso sans sucre 1024 576 L'Ilot

Un petit expresso sans sucre

©Abdel de Bruxelles et Alexandre de Moté

Un petit expresso sans sucre est bien plus qu’une bande dessinée : c’est une porte d’entrée vers les réalités souvent invisibles des travailleur∙euses précaires sans-chez-soi. À travers le personnage de Steph’, un indépendant ruiné qui tente de cacher à son entourage qu’il vit dans sa camionnette, l’histoire met en lumière l’insécurité de l’emploi, la perte de logement et l’érosion progressive des droits.

Pourquoi acheter cette BD ?

  • Un récit poignant : l’histoire de Steph’ illustre des situations réelles rencontrées par des milliers de personnes accompagnées par L’Ilot.
  • Un impact concret : chaque vente renforce nos actions pour mettre fin au sans-abrisme.
  • Un cadeau qui fait sens : offrir Un petit expresso sans sucre pour les fêtes est un geste original et engagé. Sensibilisez vos proches au sans-abrisme en leur offrant notre BD !

Passez à l’action !

Chaque achat, chaque geste compte. Ensemble, faisons la différence pour celles et ceux qui en ont le plus besoin. En savoir plus sur la mission de l’Ilot.

Une réalité tangible

Les équipes de nos maisons d’accueil en témoignent quotidiennement : le nombre de personnes ayant un revenu mais qui ne peuvent pas assumer un loyer, a fortiori à Bruxelles, est en constante augmentation. Et la situation ne risque pas d’aller en s’améliorant : au moment où les prix de l’immobilier ne cessent de grimper, les mécanismes régissant l’aide sociale ont tendance à s’atrophier, voire risquent la paralysie complète quand l’on observe la droitisation du paysage politique belge.

En effet, selon Stabel, ce sont plus de deux millions de Belges, soit 18 % de la population, qui courent un risque de pauvreté ou d’exclusion sociale. « J’ai pris ma retraite il y a trois ans. Mais je dois continuer à travailler parce que ma pension ne couvre même pas le loyer. »

« Les propriétaires demandent parfois jusqu’à trois mois de loyer en avance. C’est impossible pour moi. Même avec un salaire régulier… », « J’ai un travail mais je loge chez mes parents car je ne peux pas assumer seul un loyer. » Des témoignages de la même veine, nous en avons compilé des dizaines ces derniers mois. Nous devions réagir.

Sensibiliser en BD

S’épuiser quotidiennement au service d’un emploi précaire et peu rémunérateur est une réalité qui touche de plus en plus de personnes. Vous avez sûrement des exemples dans votre entourage. Ce qui est cependant moins tangible, c’est l’extrême difficulté de la (sur)vie en rue quand on se tue à la tâche sans pouvoir rembourser ses dettes.

C’est pour cette raison que nous avons décidé de travailler avec deux auteurs de bandes dessinés renommés, Abdel de Bruxelles (dessinateur) et Alexandre de Moté (scénariste) pour réaliser un album dépeignant cette horrible réalité : la boîte de Stéphane, menuisier, a fait faillite pendant le Covid. Acculé par les dettes, il se retrouve sans logement, à devoir vivre dans sa camionnette. Trop honteux de sa situation pour en parler à ses proches, il se débat comme il peut pour s’en sortir, mais la chute est inéluctable…

Les caractéristiques de l’album

  • Scénariste : Alexandre de Moté
  • Dessinateur : Abdel de Bruxelles
  • 32 pages
  • Couverture souple cartonnée
  • Prix de vente : 18 €
  • + d’infos : presse@ilot.be

Envie d’aider plus concrètement ?

Il vous est également possible d’agir avec un don pour nous soutenir dans des actions concrètes. Découvrez ici comment votre don nous aide à garantir la continuité de nos services car c’est bien grâce à vous que nous pouvons aider nos prochains.

Chaque don compte, agissez maintenant !

Participez aux 20 km de Bruxelles 2026 avec L’Ilot ! 1024 576 L'Ilot

Participez aux 20 km de Bruxelles 2026 avec L’Ilot !

Les inscriptions aux 20 km de Bruxelles avec L’Ilot sont clôturées ! Rendez-vous le 31 mai !

Cette année, les 20 km de Bruxelles ont lieu le dimanche 31 mai. Vous comptez y participer ? Courez ou marchez au profit de L’Ilot et aidez-nous à lutter durablement contre le sans-abrisme !

Depuis plus de 40 ans, les 20 km de Bruxelles réunissent chaque année près de 40 000 participants et participantes ! Un événement incontournable pour les sportives et sportifs en quête de défis !

Cette année encore, L’Ilot participe aux 20 km de Bruxelles en créant une équipe de coureurs et de coureuses. Mais également de marcheurs et de marcheuses. Et rejoindre l’équipe de L’Ilot pour la somme de 50 € vous offre de nombreux avantages à découvrir ci-dessous.

Pourquoi courir avec L’Ilot ?
  • En payant 50 € pour vous inscrire, vous participez uniquement aux frais d’inscription aux 20 km de Bruxelles et à l’organisation le jour-j prise en main par L’Ilot.
  • Grâce à votre collecte d’un minimum de 60 € par personne (obligatoire), vous soutenez nos actions aux côtés des personnes sans chez-soi et mal-logées.
  • Vous ne vous occupez de rien : nous prenons en charge toutes les démarches auprès des organisateurs des 20 km de Bruxelles.
  • Vous bénéficiez sur notre stand d’un vestiaire sécurisé où laisser vos affaires.
  • Nous vous offrons un brunch sucré salé d’exception préparé par les Cuisines de L’Ilot qui vous remettra d’aplomb en un clin d’œil.
  • Vous recevez un maillot original aux couleurs de L’Ilot.
  • Verres de l’amitié en fin de course.
Vous désirez participer en groupe ou avec votre entreprise ? Rien de plus facile !
  • Frais d’inscription : 50 € par coureur.euse (couvrant uniquement l’inscription aux 20 km de Bruxelles et les frais d’organisation engagés par L’Ilot).
  • Votre entreprise lance ensuite une collecte avec un minimum de 60 € obligatoire à atteindre par coureur.euse (par exemple : 10 coureur.euses = 600 € de collecte). C’est via votre collecte que vous pourrez réellement nous soutenir dans nos actions.
  • Vivez une expérience inédite de Team Building, alliant sport et moments de partage dans un cadre festif ! Tout est pris en charge : inscriptions au 20 km, remise des dossards, brunch sucré-salé après la course, vestiaire sécurisé à disposition… Un défi accessible à toutes les conditions physiques et une vraie expérience de cohésion d’équipe.

Pour vous inscrire en tant que groupe / entreprise et pour toutes questions, veuillez contacter Martin Grimberghs :
m.grimberghs@ilot.be – 0487/22.32.86

Des questions ? Contactez Martin Grimberghs : m.grimberghs@ilot.be | 0487/22.32.86

Deux jeunes filles au bord d'une piscine. Image d'illustration de la pièce de théâtre "Ces filles-là"
Événement – Soirée théâtre exceptionnelle  : « Ces filles-là » 1024 576 L'Ilot

Événement – Soirée théâtre exceptionnelle  : « Ces filles-là »

© photo : Lara-Herbinia

Une photo de Scarlett nue circule sur les réseaux. Pourtant si soudées, ces filles-là excluent l’une des leurs et la stigmatisent jusqu’à l’irréparable. Harcèlement scolaire, dérives du groupe, spectre du patriarcat au centre d’un chœur d’actrices qui, par la force des mots et de la danse, convoquent le passé au féminin et réinventent leur sororité.

Les filles de l’école Sainte Hélène ne racontent pas autre chose qu’une violence social éprouvée. Drôle, explosive, inspirée de faits réels, la pièce explore le pouvoir du groupe, les pressions que la génération numérique d’aujourd’hui s’inflige à elle-même, et le spectre du patriarcat sous-tendant les rivalités féminines. Pour raconter celles-ci et les transcender, sont convoquées autour d’un collectif de jeunes comédiennes-danseuses soudées et organiques, des femmes de générations passées qui ont lutté pour leurs droits et leur liberté.

C’est parce que le sans-abrisme frappe durement les fxmmes, souvent invisibilisées et exposées à des violences multiples, que L’Ilot s’associe au Théatre de Poche pour faire de cette soirée un moment de soutien à Circé de L’Ilot, le premier centre de jour dédié aux fxmmes sans abri ouvert en septembre 2023 par L’Ilot.

Pour poursuivre notre engagement, nous organisons cette soirée dont l’entièreté des bénéfices seront directement reversées au projet de L’Ilot.

Pour participer, réserver vos tickets ici !

INFOS PRATIQUES

Quand ? Le vendredi 24 avril à 20h30

Où ? Au Théâtre de Poche (Chem. du Gymnase 1A, 1000 Bruxelles)

Prix ? Prix standard : 30 euros / Prix de soutien : 100 euros

sans abrisme
Exclusion du chômage : L’Ilot face à un tsunami social ! 1024 576 L'Ilot

Exclusion du chômage : L’Ilot face à un tsunami social !

©Arnaud Ghys

Exclusion du chômage : L’Ilot face à un tsunami social !

Sommaire :

  • Qui sera exclu du chômage ?
  • Exclusion du chômage : l’explosion du sans-abrisme comme conséquence
  • L’Ilot face au tsunami social : plus de demandes, moins de moyens
    • Votre soutien peut tout changer
  • Sources

En Belgique, les dernières mesures fédérales, parmi lesquelles l’exclusion du chômage, toucheront plus de 180 000 personnes ; et 42 % d’entre elles pourraient perdre toute source de revenu. 

Pour L’Ilot et les personnes sans abri que nous accompagnons, l’heure est grave. La combinaison entre d’une part des coupes budgétaires imposées aux associations venant en aide aux plus fragiles et, de l’autre, des mesures politiques qui vont fortement augmenter la pauvreté, prépare un tsunami social jamais vu.  

Et l’hiver approche, avec pour toutes ces personnes son lot de mauvaises nouvelles : diminution drastique des droits sociaux, exclusions du chômage, précarisation des femmes comme des étudiants et étudiantes, politique de non-accueil, etc. 

Qui sera exclu du chômage ? 

L’exclusion du chômage touchera plus de 180 000 personnes, contactées par vagues à partir du 15 septembre 2025. L’Observatoire de la Santé et du Social de Bruxelles-Capitale (service d’études de Vivalis) s’est penché sur le parcours socioéconomique possible des potentiels exclu∙es et l’impact de la réforme sur les CPAS bruxellois.  

D’après les estimations de l’Observatoire, au cours des 6 mois suivant l’exclusion, et parmi les 24.700 exclu∙es du chômage de moins de 55 ans :

  • 42 % pourraient perdre toute source de revenu ; 
  • 32 % se retrouveraient avec un revenu d’intégration sociale du CPAS ;
  • 21 % bénéficieraient d’un emploi ;
  • et 5 % tomberaient dans l’assurance maladie-invalidité.

Exclusion du chômage : l’explosion du sans-abrisme comme conséquence

Les chiffres affolants de L’Observatoire de la Santé et du Social de Bruxelles-Capitale montrent qu’en Région bruxelloise, le risque est accru de voir l’exclusion du chômage augmenter la précarité d’une part de la population déjà très fragilisée.

Cette mesure du gouvernement Arizona s’accompagne d’autres décisions fédérales qui ne feront qu’augmenter considérablement la pauvreté :

  • diminution drastique des droits sociaux ;
  • précarisation des femmes comme des étudiants et étudiantes ;
  • politique de non-accueil, etc.

C’est un tsunami social qui se prépare. L’impact des réformes sera effroyable pour un nombre très important de personnes : le risque de perte de logement et d’augmentation de la population sans abri n’a jamais été aussi grand.  

Et ce, alors que le nombre de personnes sans chez-soi à Bruxelles a augmenté de 25 % en deux ans, atteignant le chiffre alarmant de 10 000 personnes – 50 000 sur tout le territoire national. Bientôt, ce seront des milliers de personnes supplémentaires qui seront forcées de vivre sans chez-soi.

Un véritable tsunami de précarité, alors que dans le même temps, nous subissons des coupes drastiques de subsides, telles que celle du « Plan Grand Froid » qui envoie ce message terrible : débrouillez-vous ! Sans oublier la diminution de la déduction fiscale sur les dons en Belgique, qui risque de décourager des élans de solidarité pourtant essentiels.

L’Ilot face au tsunami social : plus de demandes, moins de moyens 

Chaque jour, nous devons refuser des demandes dans nos différents centres. La pression augmente et les sollicitations se multiplient. Sarah, 52 ans, mère de quatre enfants, atteinte d’arthrose, nous parlait encore récemment de ses douleurs empirées par chaque nuit passée dehors dans le froid.

Aucune détresse n’est mise de côté et nous accompagnons chaque jour toutes celles et ceux qui franchissent notre porte. Concrètement, nous finançons sur fonds propres un tiers des besoins du centre de jour mixte et la moitié du budget de Circé de L’Ilot, notre centre de jour pour femmes sans chez-soi. Et ces fonds propres, ce sont surtout vos dons qui les composent.

Il est urgent d’agir aujourd’hui. Votre don, quel qu’en soit le montant, est une aide directe et concrète aux personnes qui n’ont plus de chez-soi. En 2024, 2 254 personnes ont franchi les portes de nos centres de jour, comme Sarah et bien d’autres.

Votre soutien peut tout changer 

Chaque don est un acte de résistance contre l’abandon :  

  • Avec 40 €, vous offrez 10 repas à une personne sans abri ;
  • Avec 100 €, vous rendez possible l’accueil complet d’une personne comme Sarah pendant 12 jours dans notre centre de jour ;
  • Avec 300 €, vous offrez 1 mois et demi d’accueil de jour à une personne sans chez-soi.

À L’Ilot, nous choisissons de continuer à ouvrir nos portes, nous refusons de dépendre des autorités publiques qui n’assument plus leurs responsabilités. Nous ne pourrons pas lutter seuls. Nous avons besoin de votre solidarité face à cette crise sociale qui s’annonce. Ce que vous donnez aujourd’hui peut transformer une vie dès demain.

manifestation contre les violences faites aux femmes
Manifestation contre les violences faites aux femmes 1024 576 L'Ilot

Manifestation contre les violences faites aux femmes

Manifestation contre
les violences faites aux femmes

Sommaire :

  • Manifestation contre les violences faites aux femmes : infos pratiques
  • Pourquoi une manifestation le 23 novembre ?
  • Pourquoi notre association participe-t-elle à la manifestation contre les violences faites aux femmes en 2025 ?
    • Les violences faites aux femmes sans chez-soi : une problématique multifacette
      • Des enfants placés pour cause de précarité
      • La fuite d’un conjoint violent
      • Les violences physiques et/ou sexuelles contre un toit
    • Des mesures fédérales qui favorisent les violences économiques faites aux femmes
      • Réforme du chômage
      • Réforme des pensions
  • Comment notre association lutte-t-elle contre les violences faites aux femmes ?
    • Circé de L’Ilot et Maison d’accueil pour femmes et familles
  • Sources

Le dimanche 23 novembre 2025, L’Ilot prendra part à la manifestation contre les violences faites aux femmes, organisée par la Plateforme Mirabal à Bruxelles. Cet événement citoyen, qui rassemble des dizaines d’organisations, s’inscrit dans le cadre de la Journée internationale pour l‘élimination de la violence à l’égard des femmes du 25 novembre et vise à exiger des mesures politiques concrètes pour combattre cette grave problématique.

Pour L’Ilot, cette participation revêt une dimension particulière : celle de porter la voix des femmes sans chez-soi, confrontées à des violences multiples (économiques, physiques, sexuelles, etc.). Nous marcherons également en réaction aux réformes fédérales (chômage, pensions, etc.) qui menacent d’aggraver la précarité féminine en Belgique, et augmentent donc le risque que des milliers de femmes basculent dans le sans-abrisme.

Manifestation contre les violences faites aux femmes : infos pratiques

À l’initiative de la Plateforme Mirabal, la manifestation nationale contre les violences faites aux femmes se déroulera le dimanche 23 novembre 2025 à Bruxelles à partir de 14h.

En pratique :

  • Horaire exact
    • 12h : discours et performances
    • 13h30 : rassemblement
    • 14h : départ de la manifestation
  • Itinéraire
    • Départ : Place Poelaert
    • Arrivée : Parvis de Saint-Gilles
  • Comment s’y rendre en transports publics ?
    • Métro : lignes 2 et 6
    • Tram : lignes 8 et 93

Pourquoi une manifestation le 23 novembre ?

Organisée depuis 2017 par la plateforme Mirabal, cette manifestation contre les violences faites aux femmes regroupe des dizaines d’organisations qui s’associent dans le cadre de la Journée internationale contre les violences faites aux femmes (25/11/25). L’objectif est clair : il s’agit d’attirer l’attention sur la thématique et d’exiger des mesures politiques pour combattre ce fléau [1].

Le 25 novembre a été proclamé Journée internationale contre les violences faites aux femmes par l’Assemblée générale des Nations Unies, en 1999. La date n’a pas été choisie au hasard : elle honore la mémoire des sœurs Mirabal, des militantes pour la liberté qui furent assassinées en 1960 sur les ordres du chef d’État Rafael Trujillo [2].

Pourquoi participons-nous à la manifestation en 2025 ?

En prenant part à la manifestation du 23 novembre à Bruxelles, L’Ilot affirme sa volonté de lutter contre les violences faites aux femmes sans chez-soi. 

Notre participation à cette marche citoyenne illustre également notre réaction à un panel de mesures fédérales en matière de chômage et de pension, qui risquent d’aggraver les violences faites aux femmes en Belgique.  

Les violences faites aux femmes sans chez-soi : une problématique multifacette

Les femmes contraintes d’affronter la réalité d’une vie sans chez-soi font également face à de graves violences, qu’elles soient économiques, physiques ou encore sexuelles.

Des enfants placés pour cause de précarité

Le placement des enfants pour cause de précarité financière et / ou d’une situation de mal logement de la mère est un cercle vicieux, qui consiste à « enfoncer » les femmes dans la misère.

Des mères seules, en situation de grande précarité, se voient retirer leur enfant non pas parce qu’elles sont défaillantes, mais parce qu’elles n’ont pas de logement stable. Le marché locatif privé est pourtant inaccessible pour une maman solo émargeant au CPAS ou avec un petit revenu. Et attendre un logement social peut prendre des années. Faute de solution intermédiaire, le placement devient une réponse par défaut [3].

« Alors déjà que tu es à la rue, et en plus on t’enlève tes enfants, c’est… c’est double punition. Et pourquoi ? Elles n’ont pas demandé ça, elles subissent… elles subissent. Et eux ils nous achèvent. Personne ne cherche à ce moment-là à vous aider, à vous élever, non, on vient et on vous enfonce, on vous enfonce, on vous enfonce… »

Judith, mère sans abri

La fuite d’un conjoint violent

Les violences conjugales représentent un facteur important de la chute des femmes dans le sans-abrisme, puisque ces dernières doivent souvent fuir cette situation inhumaine sans ressources (économiques, morales, sociales, etc.) pour subvenir à leurs propres besoins. La pauvreté individuelle concerne 32 % des femmes en couple, contre seulement 7 % des hommes en couple [4].

« Souvent les femmes qui se retrouvent en rue étaient victimes de violences conjugales ou de choses comme ça. Il devrait y avoir plus de prise en charge car souvent, ils nous disent : « ah Madame, désolée, on ne peut rien faire pour vous », et attendent que le pire se passe. Et ensuite on se retrouve à la rue, sans moyen, sans rien et vulnérable. C’est déjà aux institutions de prendre conscience de réagir plus tôt, plus vite, avant que les femmes ne tombent à la rue. »

Ysaline, femme sans abri

Notre étude sur le sans-abrisme au féminin [5] renseigne que les femmes sans chez-soi ont presque toutes vécu et/ou fui des situations de foyers violents (dans l’enfance et/ou à l’âge adulte). Pour la plupart d’entre elles, la seule « échappatoire » était la rue : ceci signifie qu’elles étaient déjà dans une situation très précaire économiquement au sein de leur foyer (charge majoritaire des enfants, pas ou peu de travail, peu de revenus, etc.).

Les violences physiques et/ou sexuelles contre un toit

Les femmes qui endurent le sans-abrisme se voient régulièrement proposer un toit par des hommes qui ne cherchent qu’à « profiter » de leur vulnérabilité. Quand elles acceptent, une relation de domination, de pouvoir s’instaure immédiatement. Elles se sentent redevables, et cette situation donne lieu quasi systématiquement à des violences physiques et/ou sexuelles [6].

Des mesures fédérales qui favorisent les violences économiques faites aux femmes

Les mesures politiques du gouvernement fédéral concernant le chômage et les pensions risquent d’aggraver encore les violences économiques que subissent les femmes en Belgique. En effet, le policy brief d’InES [7] de juin 2025 met en évidence que plusieurs réformes fédérales présentées comme « neutres » ont en réalité des effets genrés.  

La stratégie gouvernementale repose sur l’hypothèse selon laquelle l’augmentation du taux d’emploi permettrait de relancer les recettes sociales et de réduire le déficit public. Les responsabilités invisibles et non rémunérées (tâches domestiques, soins aux enfants, soutien émotionnel, etc.) qui pèsent essentiellement sur les femmes limitent pourtant clairement leur disponibilité pour l’emploi rémunéré, et en particulier le temps plein. Les politiques de réduction budgétaire pèsent donc davantage sur les femmes, comme l’illustre cette liste non exhaustive de mesures fédérales.

Réforme du chômage

De la limitation du chômage dans le temps à l’exception des « 31 ans de carrière », les mesures prises par le gouvernement fédéral rompent de façon majeure avec les principes historiques de la sécurité sociale belge. Et dans ce contexte, les femmes représentent le public le plus inquiété.

La limitation du chômage à 2 ans

Si les hommes sont actuellement majoritaires parmi les allocataires du chômage, les femmes sont surreprésentées dans les catégories les plus fragiles : 

  • personnes de plus de 50 ans ;
  • travailleuses à temps partiel ;
  • personnes en invalidité ;
  • carrières fragmentées ;
  • etc.

Il est important de souligner que les interruptions de carrière que rencontrent plus fréquemment les femmes interviennent souvent en raison de contraintes, telles que les responsabilités familiales, la maladie ou encore l’absence de structures d’accueil adaptées.

D’après l’étude de Statbel [8] sortie en 2024, 40,2 % des femmes travaillent à temps partiel, contre seulement 12,1 % des hommes ; et quatre travailleurs à temps partiel sur cinq (76,3 %) sont des femmes. Et dans de nombreux cas, le temps partiel constitue à nouveau une réponse à la contrainte (obligations familiales).

Le CPAS : un derniers recours limité

La bascule vers les CPAS à la suite d’une exclusion du chômage montre de graves limites. Parmi elles, soulignons que le RIS (revenu d’intégration sociale) est encore et toujours attribué selon des critères qui s’opposent au principe d’individualisation des droits de la sécurité sociale.

Les femmes cohabitantes de plus de 55 ans et sans revenu peuvent ainsi se voir refuser une aide ou octroyer une aide partielle insuffisante, en raison des ressources de leur conjoint ou cohabitant. De quoi renforcer la dépendance financière des cohabitantes envers les hommes concernés.  

L’exception des « 31 ans de carrière »

Dans le cadre de la limitation de la durée des allocations de chômage dans le temps, une exception est prévue pour les personnes âgées de 55 ans et plus. La condition est la suivante : ces profils doivent avoir travaillé au moins 31 ans d’ici 2026 ou 35 d’ici 2030.

Protectrice à première vue, cette clause prend en réalité les contours d’un mirage pour la plupart des femmes concernées : elles ne peuvent y accéder en raison d’interruptions de carrière et de périodes de travail à temps partiel souvent non choisies.

Réforme des pensions

Derrière les objectifs affichés de soutenabilité financière, les mesures de la réforme des pensions impliquent un resserrement généralisé des droits, dont l’impact est structurellement inégalitaire. En raison de carrières plus courtes, de temps partiels majoritairement subis et de charges familiales inégalement réparties, les femmes seront les plus durement touchées.

Allongement de carrière

La redéfinition d’une année de carrière à 156 jours pénalise directement toutes les travailleuses engagées à temps partiel (soit 40,2 % des femmes), alors même que les obligations familiales les y contraignent dans de nombreux cas.

La pénalité financière de 5 % par an pour la pension anticipée (départ avant l’âge légal de 67 ans) à partir de 2026 frappe quant à elle violemment les travailleuses des secteurs à forte usure professionnelle : soins, nettoyage, grande distribution ou encore éducation. En effet, ces catégories de métiers les privent de la santé nécessaire au prolongement de leur activité, incité par le gouvernement fédéral. Preuve s’il en faut : les femmes sont surreprésentées dans les effectifs des personnes reconnues en invalidité. Elles quittent donc plus fréquemment l’emploi pour cause de maladie, d’usure ou de conditions de travail inadaptées.

Réduction des périodes assimilées

Le plafonnement des périodes assimilées (maintien des droits pendant un laps de temps sans travail effectif) à 20 % à partir de 2031 touche les interruptions pour raisons familiales ou parentales. Une mesure qui atteint donc à nouveau davantage le genre féminin, puisque 62 % à 81 % des congés parentaux sont pris par des femmes. 

Recul des droits dérivés

Le recul des droits dérivés (survie, divorce et ménage) pénalise les femmes âgées qui, dans le passé, avaient dû cesser ou réduire leur activité professionnelle pour s’occuper du foyer. L’allocation transitoire de deux ans, censée remplacer la pension de survie, est par exemple plus qu’insuffisante pour garantir un revenu décent et aggrave les risques de pauvreté en fin de vie.

Suppression de l’enveloppe bien-être

La suppression de l’enveloppe bien-être prive les centaines de milliers de personnes qui en bénéficiaient (pensionné∙es au minimum légal, personnes âgées isolées, invalides, chômeur∙ses de longue durée, etc.) d’un outil pourtant indispensable pour ajuster les allocations les plus basses face à l’inflation du coût de la vie.

L’impact de cette décision est particulièrement marqué pour les femmes, surreprésentées parmi les bénéficiaires des plus petites pensions ou des allocations d’assistance. Plus rien ne vient compenser les écarts de revenus qui dessinent les contours d’une précarité structurelle genrée.

On le voit, les réformes du gouvernement fédéral en matière de chômage et de pension portent en elles des conséquences dramatiques pour toutes les femmes concernées : moins de revenus propres aujourd’hui, pensions plus basses demain et dépendance économique accrue. Dans ce contexte préoccupant, le risque d’une bascule dans le sans-abrisme prend d’autant plus d’épaisseur. 

Comment notre association lutte-t-elle contre les violences faites aux femmes ? 

De notre centre de jour Circé à notre Centre d’expertise, en passant par notre maison d’accueil pour femmes et familles « le 160 », nous luttons chaque jour sur plusieurs fronts contre les violences faites aux femmes.

Circé de L’Ilot

La réalité de la vie en rue n’est pas la même selon le genre de la personne sans chez-soi. Un constat évident, mais qui se vérifie à chaque « étape » du sans-abrisme : qu’il s’agisse de ses causes, de son vécu ou des stratégies utilisées pour l’affronter (voir notre étude-action). L’immense majorité des femmes sans logement stable a rencontré au moins une fois de la violence fondée sur le genre ; et la vie en rue les expose toutes au risque des viols et agressions sexuelles.

Ce parcours de violences représente ainsi des spécificités que Circé de L’Ilot prend en compte, en tant que premier centre de jour par et pour les femmes sans abri à Bruxelles. Il s’agit d’un espace sécurisé et apaisant, pensé pour répondre au besoin d’un véritable refuge pour toutes les femmes vivant en rue, à l’abri des nombreuses violences liées au genre. Les services proposés sont variés : repas, consignes, douches, lessives, activités et accompagnement psychosocial.

Maison d’accueil pour femmes et familles

Située à Saint-Gilles, notre maison d’accueil pour femmes et familles propose quant à elle bien plus qu’un logement temporaire puisqu’elle fournit aussi :

  • des repas équilibrés ;
  • un accompagnement psycho-social individuel ;
  • une aide à la recherche d’une formation ou d’un emploi ;
  • un sentiment de sécurité, tant physique qu’émotionnelle ;
  • etc.

Sources

[1]  « Manifestation nationale contre les violences faites aux femmes : Stop violences sexistes et sexuelles ! » (Féda Bxl asbl)

[2] « Journées d’action contre la violence faite aux femmes » (Gouvernement du Québec)

[3] « Pauvreté en Belgique : enfants placés pour cause de précarité »

[4] DELCLITE Thomas, GEENENS Geneviève, « Inégalité de revenus entre femmes et hommes et pauvreté individuelle », Statbel, Analyse n°07, 2019, mis en ligne en novembre 2019, consulté le 10 octobre 2021.

[5] Étude-action « Sans-abrisme au féminin : sortir de l’invisibilité » (Ilot asbl)

[6] Groupe de recherche du Centre d’expertise de L’Ilot.

[7] « Comment le gouvernement Arizona accroît la précarisation des femmes » (collectif InES)

[8] « Un aperçu de la Belgique au gré des chiffres – Chiffres clés 2024 » (Statbel)

manifestation nationale
Manifestation nationale : L’Ilot présent dans les rues 1024 576 L'Ilot

Manifestation nationale : L’Ilot présent dans les rues

Manifestation nationale : L’Ilot présent dans les rues de Bruxelles

Sommaire :

  • Pourquoi L’Ilot participait-il à la manifestation nationale ?
    • Des décisions du gouvernement fédéral préoccupantes
    • Le désinvestissement du Fédéral face au sans-abrisme
  • Que demandons-nous ?
  • Quelle suite à la manifestation nationale ?
  • Prochaine manifestation nationale : contre les violences faites aux femmes
  • Sources

Le 14 octobre, les équipes de L’Ilot ont participé à la manifestation nationale organisée à Bruxelles pour interpeller le gouvernement fédéral au sujet d’une série de mesures déjà adoptées ou en voie de l’être. Retour sur les raisons de notre mobilisation.

Pourquoi notre association participait-elle à la manifestation nationale ?

L’Ilot, comme l’ensemble des organisations du secteur de l’aide aux personnes sans abri, est profondément inquiète face à l’avenir qui se profile. Notre slogan est « L’Ilot – Sortir du sans-abrisme », mais les politiques actuelles semblent malheureusement nous mener dans la direction inverse. Il était donc essentiel de se mobiliser aux côtés de nos partenaires de terrain à l’occasion de la manifestation nationale.

Des décisions du gouvernement fédéral préoccupantes

Alors que le phénomène du sans-abrisme ne cesse d’augmenter depuis 15 ans en Belgique, le gouvernement fédéral a pris plusieurs décisions qui risquent d’en accélérer encore la progression.

En voici trois particulièrement préoccupantes :

  • Le non-accueil des demandeurs d’asile par la Belgique, pourtant obligatoire du point de vue du droit, amène d’ores et déjà 2 000 personnes supplémentaires à se retrouver sans logement, principalement à Bruxelles. [source]
  • L’exclusion massive du chômage au 1er janvier 2026, qui va saturer les services receveurs. Il est, de plus, estimé que sur les 184 462 personnes concernées, environ 40 % se retrouveront sans revenu aucun [source]. Dans ces conditions, il est difficile d’imaginer qu’une partie d’entre elles ne basculent pas dans le sans-abrisme à court ou moyen terme.
  • Le projet visant à réduire le nombre de malades longue durée [source]. Ces publics particulièrement vulnérables ont de plus grandes chances de tomber dans le sans-abrisme que d’autres catégories de population en cas de perte de revenus.

Le désinvestissement du Fédéral face au sans-abrisme 

Le gouvernement fédéral se désengage clairement de la lutte contre la pauvreté. Résultat : une diminution des moyens pour les organisations — comme la nôtre — qui devront pourtant absorber les conséquences sociales de ces décisions. Voici ci-dessous trois exemples concrets.

  • Avec la diminution de la déduction fiscale pour les dons aux associations, il sera désormais plus difficile de se financer grâce à la générosité privée. Cette mesure représente une perte directe de moyens pour nos organisations. Pour aller plus loin, retrouvez notre carte blanche dans le Vif.
  • La réduction de 45 % du financement de l’aide alimentaire [source] amènera demain davantage de gens à connaître la faim en Belgique. Les Restos du Cœur ont déjà alerté sur leurs grandes difficultés financières.
  • La suppression du Plan Grand Froid, qui représente une perte de 325 000 € pour l’hiver 2025-2026, et trois fois plus pour l’hiver prochain. [source]

Que demandons-nous ?

Nous demandons avant tout que le gouvernement fédéral réinvestisse dans ses missions de lutte contre la grande précarité. Dans ces temps difficiles, l’État doit garantir un financement décent aux derniers filets de sécurité encore en place dans notre société. Il est impensable de faire reposer sur les Régions l’entière charge des conséquences sociales des politiques fédérales.

Nous demandons ensuite une politique plus humaine et plus juste. On ne fait pas progresser une société à coups de sanctions et d’exclusions. Nous avons besoin d’un projet mobilisateur, positif et solidaire, qui prenne réellement en compte les risques de basculement dans la grande précarité.

Quelle suite à la manifestation nationale ?

Tant qu’aucune inflexion ne sera apportée à la trajectoire actuelle du gouvernement fédéral, nous continuerons à plaider, auprès de nos élus et dans la rue, pour que les choses changent.

Aidez-nous à porter ce message, signez notre pétition contre le désinvestissement de l’Etat fédéral !

Prochaine manifestation nationale : contre les violences faites aux femmes 

Le dimanche 23 novembre, à Bruxelles, aura lieu une manifestation nationale contre les violences faites aux femmes. Des dizaines d’organisations féministes, sociales, citoyennes et syndicales défileront ensemble à cette occasion. En effet, de nombreuses mesures du gouvernement fédéral frappent d’abord le genre féminin.

Infos pratiques  

  • Date : dimanche 23 novembre
  • Heure et lieu de RDV : départ à 14h – Place Poelart (Bruxelles)
  • Itinéraire : de la Place Poelaert au Parvis de Saint-Gilles

Sources 

[1] Ciré asbl : « Politique de non-accueil: état des lieux – 2025 »

[2] Vivalis : « Projet de limitation de la durée d’octroi des allocations de chômage à deux ans : le devenir possible des exclus du chômage et effets potentiels sur les CPAS »

[3] La DH : « Médecins et malades de longue durée sous surveillance, « l’Arizona ouvre la porte à une véritable chasse aux sorcières : dans quel pays vit-on ? »

[4] Le Vif : « Dons aux sans-abri : pourquoi la baisse de la déduction fiscale inquiète les associations »

[5] La Libre : « Les acteurs de l’aide alimentaire alertent sur la baisse de leur budget »

[6] Parlement Bruxellois : « Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale et Assemblée réunie de la COCOM : séance plénière du 26 septembre 2025 »

Près de 40 000 enfants sont placés chaque année en Belgique francophone

En Belgique, des enfants sont séparés de leurs mères parce qu’elles sont en situation précaire.

Pas violentes. Pas négligentes. Juste pauvres et sans logement.

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