Logement

concours Lady Fortuna Loterie Nationale
Lady Fortuna (Loterie Nationale) – Votez pour Circé de L’Ilot ! 1024 576 L'Ilot

Lady Fortuna (Loterie Nationale) – Votez pour Circé de L’Ilot !

Lady Fortuna (Loterie Nationale) – Votez pour Circé de L’Ilot !

Sommaire :
  • Qu’est-ce que le concours Lady Fortuna de la Loterie Nationale ?  
  • Comment voter pour Circé via le concours Lady Fortuna ? 
    1. Un processus simple et gratuit  
    2. Les conditions d’accès  
    3. Quand voter avec Lady Fortuna ?
  • Notre projet Circé en finale : le seul refuge pour les femmes sans chez-soi 
  • Sources et ressources

C’est officiel : le concours “Lady Fortuna” de la Loterie Nationale entre dans son ultime phase. Destinée à soutenir des projets femmes, cette initiative est une magnifique occasion de soutenir notre projet Circé, qui figure parmi les finalistes ! 

Zoom sur le processus de vote et l’importance de donner sa voix pour Circé, premier et seul centre de jour par et pour les femmes sans abri à Bruxelles.

Qu’est-ce que le concours Lady Fortuna de la Loterie Nationale ?  

Lady Fortuna est donc le nom d’un jeu à gratter particulier de la Loterie Nationale. L’initiative propose aux participant∙es non seulement de tenter leur chance, mais aussi de s’engager socialement, en votant pour un projet en faveur des femmes. Le montant que la Loterie s’engage à verser aux associations s’élève ainsi à 100 000 €. 

Comment voter pour Circé via le concours Lady Fortuna ? 

Le processus pour donner votre voix, les conditions d’accès, la période de votes… On vous dit tout sur le concours Lady Fortuna de la Loterie Nationale !   

Un processus simple et gratuit  

Concrètement, chaque joueuse ou joueur peut voter une fois pour notre projet en scannant le QR code présent au dos de son billet participatif. Elle ou il est alors renvoyé∙e sur le site de la Loterie, et n’a plus qu’à sélectionner Circé parmi les 8 projets finalistes du concours Lady Fortuna de la Loterie Nationale. 

Notons qu’il n’est pas obligatoire d’acheter le jeu à gratter pour donner votre voix à Circé ! Il est ainsi possible de voter gratuitement pour soutenir Circé.

Les conditions d’accès  

Les conditions requises pour pouvoir voter dans le contexte du concours Lady Fortuna de la Loterie Nationale sont très peu contraignantes. La participation est ainsi gratuite et ouverte à :

  • toute personne physique majeure (donc âgée de minimum 18 ans) ; 
  • résidant en Belgique ; 
  • et disposant d’un compte de la Loterie Nationale (incluant le numéro de Registre National). 

Quand voter avec Lady Fortuna ?    

La période de votes du concours Lady Fortuna de la Loterie Nationale s’étend du 26 août au 30 septembre 2025. Passé cette dernière date, il ne sera plus possible de donner votre voix pour notre projet Circé. 

Notre projet Circé en finale : le seul refuge pour les femmes sans chez-soi 

La réalité de la rue n’est pas la même selon le genre de la personne sans chez-soi. Un constat évident mais qui se vérifie à chaque « étape » du sans-abrisme : qu’il s’agisse de ses causes, de son vécu ou des stratégies utilisées pour l’affronter (voir notre étude-action).  

Les recherches menées dans le cadre de notre étude-action montrent ainsi que l’immense majorité des femmes en situation de sans-abrisme a traversé au moins une fois de la violence fondée sur le genre. Mais ce n’est pas tout. Les femmes qui vivent en rue courent un risque omniprésent que ne connaissent pas (ou nettement moins) les hommes sans chez -soi. Nous parlons ici des viols et des agressions sexuelles.  

« J’ai été violée 70 fois en 17 ans de rue. J’ai été violée par d’autres sans-abri mais aussi par des hommes avec un domicile, qui m’ont dit que j’étais moins chère qu’une prostituée ».

Anne Lorient, ancienne personne sans chez-soi à France Info

Ces parcours de violences que les femmes sans-chez soi subissent avant et pendant leur survie dans la rue représentent ainsi des spécificités, face auxquelles notre secteur s’est longtemps retrouvé démuni.  

Devant ces carences insupportables, nous avons donc décidé d’ouvrir en septembre 2023  Circé de L’Ilot, le tout premier centre de jour par et pour les femmes sans abri à Bruxelles. Un espace sécurisé et apaisant, pensé pour répondre au besoin d’un véritable refuge pour toutes les femmes vivant en rue, à l’abri des nombreuses violences liées au genre. Les services proposés sont variés et s’inscrivent dans cette logique :

  • repas ;
  • consigne ; 
  • douche ; 
  • lessive ; 
  • activités et accompagnement psychosocial.
crise du logement Housing Action Day
Crise du logement : définition, causes et solutions 1024 576 L'Ilot

Crise du logement : définition, causes et solutions

Photo : ©Housing Action Day 2025

Crise du logement : définition, causes et solutions

Sommaire :
  • La crise du logement : définition
  • Quelles sont les causes de la crise du logement ? 
    1. Des loyers impayables
    2. Une pénurie de logements sociaux 
    3. Des expulsions locatives à n’en plus finir  
    4. Les marchands de sommeil
  • Comment résoudre la crise du logement ?  
  • Le média Nationale 4 : un tableau complet sur la crise du logement

En Belgique, la crise du logement bat son plein. Plus de 326 000 personnes attendent désespérément un logement social, les prix de l’immobilier explosent et des milliers de familles sont expulsées chaque année. Des marchands de sommeil profitent quant à eux de la situation pour louer des logements insalubres à des prix exorbitants.

Face à cette urgence sociale, le média indépendant Nationale 4 mène l’enquête sur le terrain. De Charleroi à Liège en passant par Bruxelles, il s’emploie à décrypter les mécanismes de cette crise et à dégager des solutions concrètes.

Définition, causes profondes, pistes pour résoudre la problématique… Explorez dans cet article une analyse complète de la crise du logement et les initiatives qui permettront d’y répondre.

La crise du logement : définition 

La crise du logement en Belgique se définit comme la difficulté croissante qu’endurent les citoyen·nes pour accéder à un logement décent et abordable. Les prix de l’immobilier ne font que croître, alors que les revenus des gens ne connaissent pas la même évolution aussi rapidement.  

Résultat : un nombre toujours plus important de personnes ne parviennent plus à trouver des logements accessibles. Cette situation intolérable explique qu’en 2025, le droit au logement n’est toujours pas une réalité en Belgique.  

Quelles sont les causes de la crise du logement ? 

Les facteurs de la crise du logement sont multiples : loyers impayables, pénurie de logements sociaux, expulsions… 

Ces dynamiques entrent toutes en conflit avec le droit au logement décent, pourtant inscrit en toutes lettres dans la Constitution belge : 

« Art.23
Chacun a le droit de mener une vie conforme à la dignité humaine.
[…] à cette fin, la loi, les décrets ou les règles garantissent, les droits économiques, sociaux et culturels. Ces droits comprennent notamment :[…] le droit à un logement décent ; »

Des loyers impayables : l’inflation immobilière

La crise du logement n’épargne aucune région en Belgique. L’inflation immobilière a ainsi atteint 2,3 % à Bruxelles, 3,3 % en Flandre et 5,4 % en Wallonie au premier trimestre 2025 (Statbel).

crise du logement en chiffres

Taux d’inflation pour les logements existants par région (source : Statbel) 

L’indice des prix des logements en Belgique a d’ailleurs atteint un pic de 143,12 points durant ce même trimestre (contre 142,18 points lors du trimestre précédent) et a augmenté de 0,7 % par rapport au quatrième trimestre de 2024. Ces chiffres illustrent une hausse constante du coût du logement (Trading Economics). On voit très clairement que les prix de l’immobilier ont explosé en 10 ans, et ainsi complexifié de plus en plus l‘accès à la propriété. Nous avons affaire à une crise du logement très sévère.  

statistiques crise du logement en graphique

Indice des prix des logements belges (HPI) et taux d’inflation annuel de ces prix (source : Statbel)

En Wallonie, la pression sur les ménages s’accroît : le coût d’un loyer mensuel (637 € en moyenne en 2024) augmente beaucoup plus rapidement que l’indice des prix à la consommation (Iweps).

crise du logement en Belgique

Évolution du loyer mensuel moyen en Wallonie (source : Iweps)

Une pénurie de logements sociaux 

 Au-delà d’une inflation immobilière qui rend les loyers complètement impayables, la crise du logement est aussi due à une grave pénurie de logements sociaux. 

Quelle que soit la région en Belgique, les files d’attente pour un logement social s’allongent à n’en plus finir. Les chiffres sont effarants. 

  • Bruxelles : plus de 52 000 ménages en attente 
  • Wallonie : 98 000 personnes patientent 
  • Flandre : 176 000 individus attendent (RTL)

 En Wallonie, il existe 100 000 logements publics mais le « taux de rotation » demeure très faible. Un peu plus de cinq ménages sur cent seulement quittent chaque année leur logement social, d’après le porte-parole de la Société Wallonne du Logement, Daniel Pollin. On constate ainsi dans cette région un gouffre entre l’offre et la demande (RTL).  

La problématique du logement social est avant tout une question d’engagement politique :  

« La plupart des logements publics sont financés par de l’argent public, ce qui nécessite des moyens colossaux pour répondre à la demande. Les gouvernements successifs […] ont choisi de concentrer leurs investissements sur la rénovation des bâtiments existants. […] En moyenne, 350 nouveaux logements sociaux sont créés chaque année, ce qui ne permet pas de combler la demande. » 

Daniel Pollin, porte-parole de la Société Wallonne du Logement, interviewé par RTL  

À cette grave pénurie s’ajoute l’insuffisance du parc de logements sociaux, qui ne représente ainsi que 7 % (à Bruxelles) et 6,5 % (en Wallonie) du parc immobilier (RTL).  

Des expulsions locatives à n’en plus finir  

L’expulsion locative constitue un autre facteur qui joue un rôle important dans la crise du logement. D’après une étude de Pernelle Godart, on dénombre, rien qu’à Bruxelles, une dizaine d’expulsions par jour. Soit plusieurs milliers par an. Mais ce n’est pas tout : ces chiffres ne comprennent même pas l’ensemble des expulsions cachées. Nombreuses sont les personnes qui sont ainsi mises à la porte sans même que les autorités ne soient mises au courant. 

Les conséquences d’une expulsion locative sont désastreuses pour les locataires les plus vulnérables. Sur le marché locatif privé, Bruxelles ne propose pas de logements au prix accessible pour les petits budgets. La saturation des logements sociaux contraint quant à elle les locataires expulsés·es à attendre 5, 10, voire 15 ans avant de se voir proposer un logement.  

Impossible donc de retrouver un logement dans ce contexte. L’expulsion amène dès lors ces publics à endurer le quotidien des personnes sans abri : l’accueil en hébergement d’urgence, le logement temporaire chez des connaissances ou même la vie en rue.

« Des familles dans des situations d’expulsion vont devoir chercher des hébergements d’urgence et quand on a 3, 4, 5, 6 enfants, il n’y a vraiment pas du tout de centres d’hébergement à Bruxelles qui soient réellement disponibles rapidement » 

Adèle Morvan, Travailleuse sociale à S.Ac.A.Do

Les marchands de sommeil  

Les marchands de sommeil sont des propriétaires qui profitent de la crise du logement pour louer un bien insalubre, surpeuplé et/ou dangereux, souvent à un prix exorbitant (police.be) : 

  • logement sale ;
  • murs humides ou nettement fissurés ;  
  • installations de gaz ou d’électricité défaillantes, etc. 

Exposé·e à ce type de situations, l’habitant·e s’expose à de multiples risques pour sa santé et sa sécurité. Pour le marchand de sommeil, l’objectif consiste à maximiser son bénéfice en louant un bien qui permet de loger une voire plusieurs personnes pour un investissement minimal. Les profils des victimes sont variés : personnes isolées, âgées ou en situation de séjour illégal, femmes avec ou sans enfants (police.be)…

Comment résoudre la crise du logement ?  

Face à la crise, il est plus qu’urgent d’agir pour que l’accès au logement devienne enfin une réalité commune pour toutes et tous en Belgique. Le pouvoir public doit absolument s’engager à augmenter le nombre de logements abordables grâce à des méthodes concrètes : 

  • Créer davantage de logements sociaux ; 
  • Encadrer les loyers ; 
  • Prévenir les expulsions ; 
  • Etc.   

Cette liste de solutions réalistes n’est pas exhaustive. La crise du logement est un phénomène complexe, qui mérite un décryptage en profondeur.  

Le média Nationale 4 : un tableau complet sur la crise du logement  

Pour sa saison 2, le média Nationale 4 se consacre à un tableau complet sur la crise du logement afin de dégager des solutions. Il propose de suivre six séries qui correspondent à autant d’urgences sociales, avec pour principaux territoires les villes de Charleroi, Bruxelles et Liège. On y découvre notamment : 

  • des témoignages sur linsalubrité à Charleroi ;
  • les expulsions incessantes du collectif bruxellois Zone Neutre ; 
  • la victoire d’un groupe de locataires face à un marchand de sommeil à Schaerbeek.  

Nationale 4 est un média thématique indépendant, sans publicité et d’accès gratuit. Pour mener à bien son travail d’investigation, il mise donc principalement sur le soutien financier de son public.    

Aux côtés d’autres associations ou collectifs, L’Ilot a décidé de soutenir ce projet plus qu’essentiel. Cette décision naturelle s’appuie sur une vision commune : comme Nationale 4, nous luttons pour que chacun·e ait accès à un logement digne et abordable

housing action day 2025
Action Logement : manifestation pour le logement à Bruxelles 551 419 L'Ilot

Action Logement : manifestation pour le logement à Bruxelles

Le 6 avril 2025, participez à l’Action Logement à Bruxelles en rejoignant notre grande manifestation contre la crise du logement ! Découvrez le mouvement, nos revendications et toutes les informations pratiques.

Action Logement : une manifestation pour le droit au logement

« Si des gens vivent dans des conditions comme ça, c’est parce que le logement est considéré comme un bien spéculatif et donc on en fait vraiment une marchandise selon les lois spéculatives de l’offre et de la demande. Le logement n’est pas considéré comme une nécessité et donc les politiques ne prennent pas les mesures nécessaires pour garantir un logement à tous et à toutes. » – Barbara Liebshardt sur BX1

Sommaire :

  • Qu’est-ce qu’Action Logement ?
  • Pourquoi se mobiliser pour le logement à Bruxelles ?
  • Quelles sont les revendications d’Action Logement ?
  • Infos pratiques sur la manifestation du 6 avril 2025
    • Où et quand a lieu l’Action Logement ?
    • Comment s’y rendre ?
  • Bibliographie

Il est essentiel de montrer au pouvoir public que nous ne sommes pas indifférent·es et passif·ves. Rejoins-nous dans le cadre de la manifestation d’Action Logement le 6 avril 2025, à 14h30 devant la Porte de Hal (Bruxelles) !

Qu’est-ce qu’Action Logement ?

Le mouvement Action Logement regroupe des associations telles que L’Ilot et des militant·es qui pensent que la crise du logement n’est pas une fatalité : la volonté politique peut suffire à la résoudre.

Chaque année, il coordonne et initie une semaine d’action ainsi que des manifestations dans les grandes villes belges, afin de réclamer le droit à un logement digne et abordable. La période choisie (fin mars/début avril) correspond à la fin du moratoire hivernal, qui marque la reprise de l’expulsion locative. Elle se ponctue dans les rues de Bruxelles avec une manifestation pour le droit au logement en Belgique.

Pourquoi se mobiliser pour le logement à Bruxelles ?

L’initiative d’Action Logement est indispensable puisqu’en 2025, le droit au logement n’est toujours pas une réalité en Belgique. Loyers impayables, insalubrité, pénurie de logements sociaux, expulsions… Autant de facteurs d’une crise du logement abordable qui rend l’accès à un logement digne dans la capitale toujours plus difficile.

Les prix des loyers ne cessent de croître, tandis que les Bruxellois·es s’enfoncent de plus en plus dans la précarité. Les chiffres sont effarants :

  • le prix du loyer a augmenté d’au moins 20% entre 2010 et 2020 ;
  • plus de 50 % des ménages de la capitale répondent aux conditions d’accès à un logement social (chiffres IBSA 2023) ;
  • plus de 50 000 ménages sont sur liste d’attente ;
  • le loyer absorbe en moyenne 70 % des revenus des allocataires sociaux ;
  • près d’1/3 des locataires gagnent seulement 1/4 des revenus de leur bailleur ;
  • environ 11 décisions d’expulsion sont prises chaque jour ;
  • on dénombre plus de 7 000 personnes sans abri.

Cela fait des années que la tactique adoptée par le pouvoir public dans le secteur des logements sociaux est inefficace. L’histoire du marché du logement à Bruxelles témoigne quant à elle d’une faible règlementation : on constate plutôt une sorte de jungle où règnent les investissements spéculatifs.

Il est grand temps de réclamer une autre politique, en nous mobilisant toutes et tous ensemble. Seule une large mobilisation pourra faire basculer le rapport de force en faveur du droit au logement. C’est pourquoi L’Ilot se mobilise au sein d’Action Logement, avec une série d’autres partenaires associatifs, afin de revendiquer un meilleur accès au droit au logement. Poussons le gouvernement à prendre ses responsabilités en manifestant notre désaccord !

Quelles sont les revendications d’Action Logement ?

L’accès au logement est de plus en plus compliqué. Les prix de l’immobilier ne font qu’augmenter, tandis que les revenus des gens ne suivent pas aussi vite cette courbe inflationniste. Résultat : de plus en plus de personnes n’arrivent plus à trouver des logements accessibles. Si elles en trouvent, les loyers sont souvent trop chers pour eux et les mènent ainsi après un certain temps à des expulsions.

Il faut agir sur ces questions afin de pouvoir enfin enrayer l’augmentation drastique du sans-abrisme depuis une quinzaine d’années. Oui, mais comment ? Le pouvoir public doit s’employer à accroître le nombre de logements abordables sur le marché, grâce à des méthodes réalistes :

  • Créer plus de logements sociaux

En région bruxelloise, on dénombre à peine 7 % de logements sociaux pour 50 % d’habitant·es en droit d’y accéder. Plus le parc social sera grand, plus il aura de chances d’amener les prix du marché à baisser.

  • Encadrer les loyers

On pourrait comparer la situation actuelle à une sorte de jungle dans laquelle les loyers sont de plus en plus chers. Sans contrôle collectif, un·e bailleur·se aura tendance à maximiser la rente de son bien immobilier. Et ce, alors que les locataires représentent plus de 60% des ménages à Bruxelles !

  • Prévenir les expulsions

L’impact des expulsions locatives sur la santé mentale ou physique et la situation économique des individus concernés se prolonge bien des années après l’événement. Chaque année, on en dénombre des milliers dans la capitale. Il est donc urgent de créer des filets de sécurité pour les éviter.

D’accord avec nous ? Rejoins-nous le 6 avril et manifeste pour un vrai accès au droit au logement !

Infos pratiques sur la manifestation du 6 avril 2025

Le cortège du Housing Action Day défilera sur trois kilomètres dans Bruxelles, à travers une série de lieux qui symbolisent des transformations actuelles du logement dans la région.

Où et quand a lieu l’Action Logement ?

🗓️ Date : dimanche 6 avril 2025
📍 Départ : 14h30 – Porte de Hal (Chaussée de Forest, 1060 Saint-Gilles)

Arrivée : 16h30 – Place du Jeu de Balle

Comment s’y rendre ?

🚇 Transports publics :
– Métro : lignes 2 et 6 – arrêt Porte de Hal (sortie 3)
– Tram : lignes 3, 4, 51, 82

Bibliographie

https://housing-action-day.be/fr/medias/materiel-daction
https://ibsa.brussels
https://housing-action-day.be/fr/edition-2023/manifestation-a-bruxelles
https://housing-action-day.be/fr/agenda

dénombrement sans abri Bruxelles
Expulsion locative : définition, chiffres et conséquences 1024 683 L'Ilot

Expulsion locative : définition, chiffres et conséquences

Photo : ©Arnaud Ghys

Expulsion locative : fin de la trêve hivernale bruxelloise

  1. Qu’est-ce qu’une expulsion locative ?
  2. Expulsion locative : les chiffres à Bruxelles
  3. Les conséquences des expulsions
  4. Ressources

Mars 2025. Les beaux jours font doucement leur retour, et il souffle sur Bruxelles comme un parfum d’été… La réalité est pourtant bien moins belle pour toute une série d’habitants·es de la capitale. Le 15 mars signe la fin de la trêve hivernale qui gelait les décisions juridiques d’expulsion locative. Passé cette date, des locataires bruxellois·es seront donc mis·es dehors. Pour certains·es, c’est le début du sans-abrisme.

Qu’est-ce qu’une expulsion locative ?

L’expulsion locative est une procédure légale permettant aux propriétaires de récupérer leur bien en cas de manquement des locataires à leurs obligations contractuelles.

À Bruxelles, un « moratoire hivernal » interdit les expulsions entre le 1er novembre et le 15 mars, même si le propriétaire détient un titre exécutoire tel qu’un jugement du juge de paix.

Expulsion locative : les chiffres à Bruxelles

On dénombre une dizaine d’expulsions par jour à Bruxelles. Soit plusieurs milliers par an. Bien qu’horrifiants, ces chiffres ne comptabilisent même pas toutes les expulsions locatives cachées. De nombreuses personnes sont en effet mises à la porte sans même que les autorités ne soient mises au courant.

Dans plus de la moitié des cas, le jugement se délivre en l’absence du locataire. L’affaire n’est pourtant pas traitée lorsque le propriétaire est absent à l’audience… Le système protège ainsi davantage les bénéfices financiers de ce dernier que le droit du locataire à disposer d’un logement, inscrit noir sur blanc dans la constitution belge :

« Art.23
Chacun a le droit de mener une vie conforme à la dignité humaine.
[…] à cette fin, la loi, les décrets ou les règles garantissent, les droits économiques, sociaux et culturels. Ces droits comprennent notamment :
[…] le droit à un logement décent ; »

Les conséquences des expulsions

Pour les locataires, les conséquences d’une expulsion locative sont désastreuses. La quête d’un logement au prix accessible pour les petits budgets est vaine à Bruxelles. Impossible donc, dans ces conditions, de retrouver un logement sur le marché locatif privé.

Et les logements sociaux ? Face à leur saturation (plus de 50 000 foyers sur la liste d’attente), les locataires expulsés·es sont contraints·es d’attendre 5, 10, voire 15 ans avant qu’on leur propose un logement.

L’expulsion amène ainsi ces publics à connaître la réalité des personnes sans abri : accueil en hébergement d’urgence, logement chez des amis·es ou même arrivée à la rue.

« Des familles dans des situations d’expulsion vont devoir chercher des hébergements d’urgence et quand on a 3, 4, 5, 6 enfants, il n’y a vraiment pas du tout de centres d’hébergement à Bruxelles qui soient réellement disponibles rapidement ». Adèle Morvan, Travailleuse sociale à S.Ac.A.Do

Comme le démontrent des études, la perte d’un logement engendre également des conséquences psychologiques : insécurité à long terme pour les enfants, perte de repères… Le coût des expulsions est aussi énorme pour la collectivité puisque la procédure implique toute une série d’officiers·ères publics·ques.

Vidéo avec Adèle Morvan, travailleuse sociale à S.Ac.A.Do.

interview expulsions Anais lefrère
Lutter contre les expulsions : interview d’Anaïs Lefrère, collaboratrice d’Unia 1024 576 L'Ilot

Lutter contre les expulsions : interview d’Anaïs Lefrère, collaboratrice d’Unia

L’Ilot ne veut pas uniquement gérer les conséquences du sans-abrisme : il est nécessaire aussi d’agir sur les causes qui amènent toujours plus de personnes à se retrouver à la rue. Avec cette série de trois vidéos, nous voulons sensibiliser sur la question des expulsions domiciliaires et sur les conséquences dramatiques qu’elles ont sur des milliers de personnes à Bruxelles.

Dans ce troisième et dernier épisode, nous avons interrogé Anaïs Lefrère, collaboratrice d’Unia afin d’explorer le lien entre expulsion et discrimination.

Vidéo avec Anaïs Lefrère, collaboratrice d’Unia.

interview expulsions Adèle Morvan
Lutter contre les expulsions : interview d’Adèle Morvan, travailleuse sociale à S.Ac.A.Do 1024 576 L'Ilot

Lutter contre les expulsions : interview d’Adèle Morvan, travailleuse sociale à S.Ac.A.Do

L’Ilot ne veut pas uniquement gérer les conséquences du sans-abrisme : il est nécessaire aussi d’agir sur les causes qui amènent toujours plus de personnes à se retrouver à la rue. Avec cette série de trois vidéos, nous voulons sensibiliser sur la question des expulsions domiciliaires et sur les conséquences dramatiques qu’elles ont sur des milliers de personnes à Bruxelles.

Dans ce second épisode, nous retrouvons Adèle Morvan, travailleuse sociale à S.Ac.A.Do, le service d’accompagnement à domicile de L’Ilot, qui nous explique le cas des familles nombreuses, trop souvent confrontées à des expulsions domiciliaires.

Vidéo avec Adèle Morvan, travailleuse sociale à S.Ac.A.Do.

interview expulsions pernelle Godart
Lutter contre les expulsions : interview de Pernelle Godart, chercheuse à l’ULB 1024 576 L'Ilot

Lutter contre les expulsions : interview de Pernelle Godart, chercheuse à l’ULB

L’Ilot ne veut pas uniquement gérer les conséquences du sans-abrisme : il est nécessaire aussi d’agir sur les causes qui amènent toujours plus de personnes à se retrouver à la rue. Avec cette série de trois vidéos, nous voulons sensibiliser sur la question des expulsions domiciliaires et sur les conséquences dramatiques qu’elles ont sur des milliers de personnes à Bruxelles.

Pour ce premier épisode, nous sommes allés à la rencontre de Pernelle Godart, chercheuse à l’ULB et autrice d’une étude sur les expulsions à Bruxelles.

Vidéo avec Pernelle Godart, chercheuse à l’ULB.

lutter contre les expulsions
Expulsions domiciliaires : fabrique à sans-abrisme. 1024 576 L'Ilot

Expulsions domiciliaires : fabrique à sans-abrisme.

Ce qui définit une personne sans abri, une personne sans chez-soi, c’est précisément le fait de ne pas disposer d’un logement à soi. Très souvent, on arrive dans cette situation suite à une expulsion de son logement. L’événement n’est pas anodin. Devenir une personne sans abri c’est être soudainement exposée à un très grand nombre de problèmes qui auront des impacts durables sur les personnes concernées. Tout le monde est conscient de ce problème et c’est notamment pour cela que les pays européens ont signé un accord ambitieux à Lisbonne visant à mettre fin au sans-abrisme.

Pourtant, et c’est un réel paradoxe, les expulsions continuent à se faire à un rythme industriel. C’est dû au fait que globalement le monde de la justice reste dans une vision sur le logement qui n’a pas été mise à jour : leur premier objectif reste de garantir l’application stricte des contrats plutôt que le droit constitutionnel à un logement décent pour toutes et tous.

Les chiffres à Bruxelles

À Bruxelles, il y a 11 jugements d’expulsion qui tombent chaque jour de l’année. C’est près de 4.000 par an. Et ce n’est que la partie immergée de l’iceberg, car il y a aussi toutes les expulsions cachées : des gens sont mis à la porte de chez eux sans aucun passage devant la justice et sans possibilité de se défendre.

Dans 6 cas sur 10, le jugement est rendu en l’absence du locataire, qui n’aura donc pas eu l’occasion de se défendre.

Quand le propriétaire est lui absent à l’audience, l’affaire n’est alors pas traitée. Le système est ainsi fait qu’il protège d’avantage le propriétaire d’une perte d’argent que le locataire de la perte d’un droit fondamental : le logement.

C’est pourtant inscrit dans la constitution belge :
« Art. 23
Chacun a le droit de mener une vie conforme à la dignité humaine.
[…] à cette fin, la loi, les décrets ou les règles garantissent, les droits économiques, sociaux et culturels. Ces droits comprennent notamment :
[…] le droit à un logement décent; »

Les conséquences des expulsions

Être expulsé⋅e ce n’est pas anodin : trouver un logement abordable pour les petits revenus est devenu strictement impossible à Bruxelles. Il y a donc une impossibilité de retrouver du logement sur le marché privé pour ces publics. Or les logements sociaux sont eux complètement saturés : avec plus de 50.000 foyers sur la liste d’attente, il faut 5, 10 ou même 15 ans, selon les profils, avant de se voir proposer un premier bien.

Dans ces conditions, l’expulsion est synonyme de début du sans-abrisme : accueil en hébergement d’urgence, logement chez des ami⋅es ou même arrivée à la rue.

Les études ont aussi montré les conséquences psychologiques sur la santé des personnes concernées, notamment chez les enfants, que cette insécurité marquera durablement. Quand un logement peut être retrouvé dans l’urgence de la situation c’est quasi toujours un logement qui impose de gros changements : on doit souvent changer de quartier, perdre son cercle social, ses soutiens, l’école de ses enfants…

Ces éléments dessinent une situation particulièrement épineuse pour les familles avec plusieurs enfants : ces publics ne sont pas protégés des expulsions, que du contraire même, mais subissent en plus des conséquences négatives encore plus importantes lorsqu’expulsées : impossibilité de retrouver du logement, impact délétère sur l’équilibre des enfants et leur scolarité… Cela peut enfin amener à la création de boucles de reproduction sociale : dans le public sans abri, certains ont commencé leur itinéraire de rue durant leur enfance sans parvenir à en sortir une fois l’âge adulte atteint.

Vidéo avec Pernelle Godart, chercheuse à l’ULB.

Vidéo avec Adèle Morvan, travailleuse sociale à S.Ac.A.Do.

Une question de Justice (sociale)

Certains pourraient être tentés de voir là une forme de Justice : si on n’honore pas correctement le payement de son loyer, on « mériterait » d’en subir les conséquences. C’est méconnaitre les enjeux du logement en termes de justice sociale : locataire forcé toute sa vie, une personne précaire aura dépensé en moyenne plus d’argent pour son logement à la fin de sa vie qu’une personne plus aisée, alors même qu’elle aura résidé dans des logements beaucoup moins qualitatifs, quand ils n’étaient pas carrément insalubres. Sans compter sur une réalité méconnue : se faire expulser coute beaucoup d’argent car une partie du cout de l’expulsion est facturé à la personne expulsée qui subit ainsi la double peine.

Une pratique discriminatoire

Les chiffres montrent que vous êtes plus susceptibles d’être expulsé⋅e si vous êtes d’origine étrangère, si vous avez des enfants, si vous êtes pauvre, si vous êtes noir⋅e. De plus, ces conséquences ne s’additionnent pas : quand vous cumulez ces caractéristiques, elles se multiplient.

Les mêmes personnes qui sont donc déjà les plus discriminées sur le marché du logement vont se retrouver être aussi les plus susceptibles d’être expulsées. Pourtant, leur accès difficile à ce marché devrait constituer une raison de protection supplémentaire contre l’expulsion. Ce n’est malheureusement pas le cas, ce qui a conduit UNIA à rédiger un avis relatif à la question dans laquelle l’institution rappelle ces balises et insiste sur les risques de discrimination dans les jugements d’expulsions.

Vidéo avec Anaïs Lefrère, collaboratrice d’Unia.

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Votez pour Circé de L’Ilot et aidez-nous à remporter jusqu’à 100 000 € au grand concours Lady Fortuna de la Loterie Nationale !

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