• 18 août 2021

Social et green washing au détriment de l’aide alimentaire : le modèle Happy Hours Market

Social et green washing au détriment de l’aide alimentaire : le modèle Happy Hours Market

1024 208 L'Ilot

Happy Hours Market est une entreprise qui récupère les invendus de commerces afin de les revendre en fin de journée à prix réduit sur une application. Les restes sont ensuite déposés après 21h30 à des associations d’aide alimentaire.

Au premier regard, l’action d’une telle entreprise semble vertueuse : lutte contre le gaspillage et soutien aux associations d’aide alimentaire. Qu’en est-il vraiment?

La marchandisation de l’aide alimentaire : de la science fiction ?

Le secteur de l’aide alimentaire s’organise depuis des dizaines d’années et se professionnalise surtout depuis 2015 dans la collecte d’invendus : achat et mutualisation des moyens logistiques, partage des moyens entre associations, collaborations etc. Des plateformes d’approvisionnement et d’échange existent déjà dans le secteur (DREAM, Bourse aux dons, LOCO…).

Il n’est pas satisfaisant de venir en aide aux personnes précarisées avec des invendus, mais aujourd’hui aucune autre solution n’existe. Il est encore moins envisageable que la qualité et la quantité de cet approvisionnement soit mis à mal par les entreprises qui s’intéressent de plus en plus à cette source de nourriture – surtout en ce moment, en pleine période de crise sanitaire et sociale. Si plus d’attention n’est pas portée à ce qui est en train de se jouer actuellement, et si les pouvoirs publics voient les entreprises privées à but lucratif comme des partenaires de l’aide sociale plutôt que de soutenir structurellement les actions de terrain, les dérives continueront jusqu’à la marchandisation totale de l’aide alimentaire (avec son lot de mises en concurrence et de pratiques déloyales).

Ce modèle n’est pas une solution.