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Aurélie Van De Walle

Les prémisses d’un projet novateur pour lutter contre le sans-abrisme au féminin 1024 576 L'Ilot

Les prémisses d’un projet novateur pour lutter contre le sans-abrisme au féminin

La Fondation Fair Ground Belgium, la coopérative immobilière sociale Fair Ground Brussels et l’association L’Ilot viennent de signer l’acte d’achat de trois immeubles remarquables à Schaerbeek. La première pierre d’un projet ambitieux pour l’accueil des plus précaires.

À croire que la Rue des Palais n’a jamais aussi bien porté son nom. En officialisant l’achat de trois immeubles remarquables à Schaerbeek, la Fondation Fair Ground Belgium et l’ASBL L’Ilot se réjouissent surtout de pouvoir officialiser le lancement de projets à très forte plus-value sociale. “C’est une formidable nouvelle pour notre Fondation reconnue d’Utilité publique. Nous sommes à l'essence de notre but social en retirant ces biens du marché spéculatif. Les projets qui y seront développés sont uniques et permettent de considérablement faciliter autant qu'adoucir la vie de celles et ceux qui en bénéficieront. Les rénovations vont permettre d’avoir des espaces dignes et pérennes pour personnes sans abri en plein cœur de Bruxelles”, commente Pierre-Arthur de Béthune, administrateur de la Fondation Fair Ground Belgium et signataire de l’acte.


“Nous sommes ravis de pouvoir durablement installer notre Centre de jour par et pour les femmes sans abri - le premier de la Région de Bruxelles-Capitale - dans un bâtiment de ce standing, à cet endroit”, note Ariane Dierickx, directrice de L’Ilot. “Ce centre est un lieu de paix nécessaire pour les femmes en situation de sans-abrisme qui, malheureusement, vivent dans des milieux difficiles où elles doivent souvent faire face à des violences multiples. Leur permettre, même temporairement, de s’y ressourcer est une première étape vers la reconstruction.”

De gauche à droite, les n°32 - où sera le Centre de jour pour l’accueil d’urgence -, 34 - où sera la Maison d’accueil pour l’hébergement temporaire -, et 36 où 6 logements seront mis en location.

En acquérant l’emphytéose pour 99 ans sur les numéros 32 et 34 de ce vaste immeuble, L’Ilot pourra ainsi durablement y installer son Centre de jour par et pour les femmes sans chez-soi. L’association ouvrira également une Maison d’accueil au n°34, avec chambres et espaces communs, pour permettre au public de se poser et d’envisager une nouvelle trajectoire de vie.

Un projet complet, qui permettra donc à la fois l’accueil d’urgence et l’hébergement temporaire des femmes vivant en rue.

Du soutien de très court à long terme dans un bâtiment remarquable 

La qualité du bâti et les rénovations qui y seront apportées dans les prochains mois auront une incidence certaine sur la qualité de l’accueil et du travail social qui y seront proposés. “Cela prend du temps de se reconstruire, mais nous savons que c’est possible, surtout quand des outils tels que ceux-ci sont mis à disposition des publics fragilisés”, explique Ariane Dierickx. “Le fait que le bâtiment soit beau est aussi une aide certaine avec un impact psychologique évident. La beauté est un vrai déterminant pour retrouver une certaine estime de soi”.

La 3e maison, située au numéro 36, sera dédiée à du logement à long terme, via la coopérative Fair Ground Brussels qui en a aussi acquis l’emphytéose pour 99 ans. “Des logements existent déjà et sont gérés par une Agence immobilière sociale (AIS)”, détaille Esther Jakober, Présidente de la coopérative immobilière sociale Fair Ground Brussels. “Nous continuerons à travailler avec cette AIS mais rénoverons le bâtiment conformément à ce que nous essayons toujours de faire : offrir des logements de qualité, durables, à faible consommation énergétique et à bas coût. Au total, nous pourrons, au fil des rénovations, offrir 6 logements pour environ 13 personnes”.

Un tel projet est significatif à l’échelle de Bruxelles. Maintenant que l’acte est signé, l’enjeu est que ces Palais puissent le plus rapidement possible être entièrement opérationnels : l’inauguration est en effet attendue pour l’horizon 2027.

Note

L’achat s’est fait via un démembrement entre le tréfonds (ou sol ou foncier), qui a été acquis par le Fondation Fair Ground Belgium. 

Des emphytéoses ont été cédées pour les murs (ou le bâti) à L’Ilot pour les n°s 32 et 34 et à la coopérative Fair Ground Brussels pour le 36.

Contact
  • Martin Grimberghs, attaché de presse de L’Ilot, [email protected], 0487/22.32.86
  • Chloé Payen, responsable communication de Fair Ground Brussels, [email protected], 0456/36.85.74
27 septembre : le gala de Florence Mendez pour L’Ilot 1024 576 L'Ilot

27 septembre : le gala de Florence Mendez pour L’Ilot

Ce vendredi 27 septembre, l’asbl L’Ilot offre une carte blanche à l’humoriste Florence Mendez. Une soirée exceptionnelle pour venir soutenir en rigolant Circé de L’Ilot, le premier Centre de jour pour et par les femmes sans abri en Belgique créé il y a un an.

Pour l’occasion, l’humoriste et lan­ceuse d’alerte du #MeToo stand-​up, Florence Mendez campera le rôle de la maitresse de cérémonie, épaulée par plusieurs invités prestigieux ! Une soirée festive organisée dans le cadre du premier anniversaire de Circé de L’Ilot, mais aussi et d’abord une soirée de soutien pour le premier Centre de jour pour femmes sans abri en Belgique. Et l’occasion de se projeter déjà sur son déménagement futur dans un lieu aux espaces repensés !

En plus de passer un moment rigolo, chacune de vos présences nous aidera à faire ensemble ce pas en avant gigantesque pour la reconnaissance du sans-abrisme au féminin.

Plus d’infos et réservation à suivre via [email protected]. Restez connecté⸱es aux réseaux de L’Ilot !

INFOS PRATIQUES
  • Quand ? Le vendredi 27 septembre de 18h à 3h du matin
  • Où ? À La Tricoterie
  • Prix ? Prix standard : 30 euros / Prix de soutien : 100 euros
AU PROGRAMME
  • 18h-20h30 : accueil, bar & petite restauration et tombola pas pour rire
  • 20h30 – 22h00 : le gala de Florence Mendez
  • 22h00-03h00 : bar (au rez-de-chaussée) et soirée Java (au sous-sol)

Réservation obligatoire via [email protected]

Rapport d’activité 2023 : l’aboutissement de deux projets essentiels 1024 576 L'Ilot

Rapport d’activité 2023 : l’aboutissement de deux projets essentiels

Notre rapport d'activité 2023 vient de sortir ! L'occasion de faire le point, en images et en chiffres, sur nos projets de 2023.

L’année écoulée a en effet marqué un tournant dans notre travail associatif grâce à l’aboutissement de deux projets essentiels pour les personnes sans chez-soi et mal-logées : les inaugurations, d’une part, de notre Centre de jour par et pour les femmes – Circé de L’Ilot – et, d’autre part, des nouveaux locaux de notre Centre de jour mixte, en travaux depuis quelques années.

En cette année électorale, et face aux défis qui se dressent face à nous, nous devrons, ensemble, redoubler d’efforts pour célébrer en 2024 des avancées concrètes en faveur des personnes sans chez-soi, mal-logées ou en risque de le devenir. Nous gardons intacte notre motivation à, un jour, mettre fin au sans-abrisme. Et cela passera par des efforts renouvelés en matière de mobilisation, de plaidoyer et de travail de terrain acharné que nous mènerons avec vous.

Photo : © Layla Aerts

Nouvelle réglementation concernant les attestations fiscales 1024 576 L'Ilot

Nouvelle réglementation concernant les attestations fiscales

Une nouvelle réglementation a été votée fin 2023 concernant les attestations fiscales. Celle-ci demande aux ONG et asbl qui délivrent des attestations fiscales (comme c’est le cas pour L’Ilot) d’inscrire les numéros nationaux de leurs donateurs et donatrices dans l’attestation fiscale (Obligation SPF Finances – art 323/3 CIR92). 

Votre avantage

Cette mention devrait permettre aux donateur·rices de bénéficier automatiquement de la déductibilité dans leur proposition de déclaration simplifiée en 2025. Vous bénéficierez toujours d’une réduction fiscale de 45% du cumul de vos dons par année civile. Ainsi, si vous faites un don de 100€, vous bénéficierez d’une réduction d’impôts de 45€. 

Pour plus de facilité, pourriez-vous dès lors nous transmettre votre numéro d’identification du registre national, pour les particuliers, il se trouve au dos de la carte d’identité belge. Pour les entreprises, il s’agit du numéro de la Banque Carrefour des Entreprises (BCE).

Comment l’envoyer 

Vous pouvez l’indiquer lors d’un don via la plateforme en ligne.

Si vous souhaitez nous faire parvenir directement votre numéro national, vous pouvez le faire par email à dons@ilot.be en mentionnant votre nom, prénom et adresse postale complète. 

Lutter contre les expulsions : interview d’Anaïs Lefrère, collaboratrice d’Unia 1024 576 L'Ilot

Lutter contre les expulsions : interview d’Anaïs Lefrère, collaboratrice d’Unia

L’Ilot ne veut pas uniquement gérer les conséquences du sans-abrisme : il est nécessaire aussi d’agir sur les causes qui amènent toujours plus de personnes à se retrouver à la rue. Avec cette série de trois vidéos, nous voulons sensibiliser sur la question des expulsions domiciliaires et sur les conséquences dramatiques qu’elles ont sur des milliers de personnes à Bruxelles.

Dans ce troisième et dernier épisode, nous avons interrogé Anaïs Lefrère, collaboratrice d’Unia afin d’explorer le lien entre expulsion et discrimination.

Vidéo avec Anaïs Lefrère, collaboratrice d'Unia.

Lutter contre les expulsions : interview d’Adèle Morvan, travailleuse sociale à S.Ac.A.Do 1024 576 L'Ilot

Lutter contre les expulsions : interview d’Adèle Morvan, travailleuse sociale à S.Ac.A.Do

L’Ilot ne veut pas uniquement gérer les conséquences du sans-abrisme : il est nécessaire aussi d’agir sur les causes qui amènent toujours plus de personnes à se retrouver à la rue. Avec cette série de trois vidéos, nous voulons sensibiliser sur la question des expulsions domiciliaires et sur les conséquences dramatiques qu’elles ont sur des milliers de personnes à Bruxelles.

Dans ce second épisode, nous retrouvons Adèle Morvan, travailleuse sociale à S.Ac.A.Do, le service d’accompagnement à domicile de L’Ilot, qui nous explique le cas des familles nombreuses, trop souvent confrontées à des expulsions domiciliaires.

Vidéo avec Adèle Morvan, travailleuse sociale à S.Ac.A.Do.

Lutter contre les expulsions : interview de Pernelle Godart, chercheuse à l’ULB 1024 576 L'Ilot

Lutter contre les expulsions : interview de Pernelle Godart, chercheuse à l’ULB

L’Ilot ne veut pas uniquement gérer les conséquences du sans-abrisme : il est nécessaire aussi d’agir sur les causes qui amènent toujours plus de personnes à se retrouver à la rue. Avec cette série de trois vidéos, nous voulons sensibiliser sur la question des expulsions domiciliaires et sur les conséquences dramatiques qu’elles ont sur des milliers de personnes à Bruxelles.

Pour ce premier épisode, nous sommes allés à la rencontre de Pernelle Godart, chercheuse à l’ULB et autrice d’une étude sur les expulsions à Bruxelles.

Vidéo avec Pernelle Godart, chercheuse à l'ULB.

Expulsions domiciliaires : fabrique à sans-abrisme. 1024 576 L'Ilot

Expulsions domiciliaires : fabrique à sans-abrisme.

Ce qui définit une personne sans abri, une personne sans chez-soi, c’est précisément le fait de ne pas disposer d’un logement à soi. Très souvent, on arrive dans cette situation suite à une expulsion de son logement. L’événement n’est pas anodin. Devenir une personne sans abri c’est être soudainement exposée à un très grand nombre de problèmes qui auront des impacts durables sur les personnes concernées. Tout le monde est conscient de ce problème et c’est notamment pour cela que les pays européens ont signé un accord ambitieux à Lisbonne visant à mettre fin au sans-abrisme.

Pourtant, et c’est un réel paradoxe, les expulsions continuent à se faire à un rythme industriel. C’est dû au fait que globalement le monde de la justice reste dans une vision sur le logement qui n’a pas été mise à jour : leur premier objectif reste de garantir l’application stricte des contrats plutôt que le droit constitutionnel à un logement décent pour toutes et tous.

Les chiffres à Bruxelles

À Bruxelles, il y a 11 jugements d'expulsion qui tombent chaque jour de l'année. C'est près de 4.000 par an. Et ce n'est que la partie immergée de l'iceberg, car il y a aussi toutes les expulsions cachées : des gens sont mis à la porte de chez eux sans aucun passage devant la justice et sans possibilité de se défendre.

Dans 6 cas sur 10, le jugement est rendu en l'absence du locataire, qui n'aura donc pas eu l'occasion de se défendre.

Quand le propriétaire est lui absent à l'audience, l'affaire n'est alors pas traitée. Le système est ainsi fait qu'il protège d'avantage le propriétaire d'une perte d'argent que le locataire de la perte d'un droit fondamental : le logement.

C'est pourtant inscrit dans la constitution belge :
"Art. 23
Chacun a le droit de mener une vie conforme à la dignité humaine.
[…] à cette fin, la loi, les décrets ou les règles garantissent, les droits économiques, sociaux et culturels. Ces droits comprennent notamment :
[…] le droit à un logement décent;"

Les conséquences des expulsions

Être expulsé⋅e ce n'est pas anodin : trouver un logement abordable pour les petits revenus est devenu strictement impossible à Bruxelles. Il y a donc une impossibilité de retrouver du logement sur le marché privé pour ces publics. Or les logements sociaux sont eux complètement saturés : avec plus de 50.000 foyers sur la liste d’attente, il faut 5, 10 ou même 15 ans, selon les profils, avant de se voir proposer un premier bien.

Dans ces conditions, l’expulsion est synonyme de début du sans-abrisme : accueil en hébergement d’urgence, logement chez des ami⋅es ou même arrivée à la rue.

Les études ont aussi montré les conséquences psychologiques sur la santé des personnes concernées, notamment chez les enfants, que cette insécurité marquera durablement. Quand un logement peut être retrouvé dans l’urgence de la situation c’est quasi toujours un logement qui impose de gros changements : on doit souvent changer de quartier, perdre son cercle social, ses soutiens, l’école de ses enfants…

Ces éléments dessinent une situation particulièrement épineuse pour les familles avec plusieurs enfants : ces publics ne sont pas protégés des expulsions, que du contraire même, mais subissent en plus des conséquences négatives encore plus importantes lorsqu’expulsées : impossibilité de retrouver du logement, impact délétère sur l’équilibre des enfants et leur scolarité... Cela peut enfin amener à la création de boucles de reproduction sociale : dans le public sans abri, certains ont commencé leur itinéraire de rue durant leur enfance sans parvenir à en sortir une fois l’âge adulte atteint.

Vidéo avec Pernelle Godart, chercheuse à l'ULB.

Vidéo avec Adèle Morvan, travailleuse sociale à S.Ac.A.Do.

Une question de Justice (sociale)

Certains pourraient être tentés de voir là une forme de Justice : si on n’honore pas correctement le payement de son loyer, on « mériterait » d’en subir les conséquences. C’est méconnaitre les enjeux du logement en termes de justice sociale : locataire forcé toute sa vie, une personne précaire aura dépensé en moyenne plus d’argent pour son logement à la fin de sa vie qu’une personne plus aisée, alors même qu’elle aura résidé dans des logements beaucoup moins qualitatifs, quand ils n’étaient pas carrément insalubres. Sans compter sur une réalité méconnue : se faire expulser coute beaucoup d’argent car une partie du cout de l’expulsion est facturé à la personne expulsée qui subit ainsi la double peine.

Une pratique discriminatoire

Les chiffres montrent que vous êtes plus susceptibles d'être expulsé⋅e si vous êtes d'origine étrangère, si vous avez des enfants, si vous êtes pauvre, si vous êtes noir⋅e. De plus, ces conséquences ne s'additionnent pas : quand vous cumulez ces caractéristiques, elles se multiplient.

Les mêmes personnes qui sont donc déjà les plus discriminées sur le marché du logement vont se retrouver être aussi les plus susceptibles d’être expulsées. Pourtant, leur accès difficile à ce marché devrait constituer une raison de protection supplémentaire contre l’expulsion. Ce n’est malheureusement pas le cas, ce qui a conduit UNIA à rédiger un avis relatif à la question dans laquelle l’institution rappelle ces balises et insiste sur les risques de discrimination dans les jugements d’expulsions.

Vidéo avec Anaïs Lefrère, collaboratrice d'Unia.

Avec le soutien de :

Retour sur les 20 km de Bruxelles 2024 avec L’Ilot 1024 576 L'Ilot

Retour sur les 20 km de Bruxelles 2024 avec L’Ilot

Ce dimanche 26 mai, ce sont près de 200 coureurs et coureuses ainsi que marcheurs et marcheuses qui ont participé aux 20 km de Bruxelles au profit de L'Ilot et qui se sont réuni⋅es dans un seul et même but : mettre fin au sans-abrisme.

Merci à toutes et à tous pour votre participation et votre soutien si précieux envers L’Ilot ! Merci également à toutes celles et ceux qui ont lancé une collecte individuelle au profit de L'Ilot et ont sollicité leurs proches pour les soutenir. Et enfin merci également aux Cuisines de L’Ilot pour les délices culinaires à l’arrivée. On a déjà hâte de vous retrouver l’année prochaine, encore plus nombreux et nombreuses !
KART #8 | Basculement et sans-abrisme : « Ce que je sais, c’est que je ne ferai plus les mêmes erreurs. » 1024 576 L'Ilot

KART #8 | Basculement et sans-abrisme : « Ce que je sais, c’est que je ne ferai plus les mêmes erreurs. »

Dans le coeur battant de nos villes, derrière les façades lumineuses et les vitrines scintillantes, se cachent des histoires invisibles à l'œil nu, des vies éclipsées par l'ombre du sans-abrisme. Parmi ces récits, celui de Guy, que rien ne prédestinait à se retrouver en rue. Il avait un travail stable dans l’HoReCa, une compagne, des enfants, une vie sociale… une normalité apparente qui a volé en éclats le jour où il a perdu son logement suite à ses problèmes d’addictions aux jeux.

À travers le témoignage poignant de Guy, L’Ilot cherche à rappeler que « ça n’arrive pas qu’aux autres » et que des personnes que rien ne destinait à l’errance et à la précarité peuvent également basculer dans le sans-abrisme. Guy partage avec nous son parcours de vie, marqué par les épreuves : la perte de son logement, ses années passées en prison, la perte de contact avec ses filles…

ON NE CHOISIT PAS LA RUE, ON SUBIT UN POINT DE BASCULE.

L’offre d’accompagnement globale proposée par L’Ilot permet de briser ce cercle destructeur, offrant non seulement un toit mais aussi un accompagnement pour reconstruire des vies brisées. L'histoire de Guy, bien que marquée par des moments de profonde détresse, est aussi une histoire d’espoir et de guérison grâce à l'intervention de L’Ilot. Depuis juillet dernier, Guy est résident de la Maison d’accueil pour hommes sans abri de L’Ilot à Marchienne-au-Pont, dans laquelle il peut se reconstruire et se stabiliser dans l’attente d’un logement.

Photos : © Layla Aerts

« J’ai, en tout, passé six ans en rue avant d’arriver à L’Ilot en juillet dernier. »

Le point de bascule, c’est quand le portefeuille commence à se vider ! La vie coûte cher, il faut se nourrir… J’ai travaillé dans l’HoReCa et dans le bâtiment pendant 35 ans, j’avais une situation, deux enfants, une femme, mais il y a un moment où travailler pour vivre, cela n’a plus suffit.

J’ai un tempérament de joueur aussi, cela n’aide pas. J’ai fait le con, mais il n’y a pas de secret, les problèmes d’addictions aux jeux, ils amènent des problèmes d’argent... Et jouer m’a fait chuter : j’ai commencé à voler, à braquer… Jamais avec violence. Mais, finalement, cela m’a fait cumuler plus de 20 ans de prison jusqu’à maintenant. Suite à mes problèmes d’argent et de jeu, à cause de la prison, j’ai perdu mon logement. J’ai, en tout, passé six ans en rue avant d’arriver à L’Ilot en juillet dernier.

Le temps de perdre le contact avec mes deux filles de 33 et 25 ans. Je ne peux pas les blâmer, elles n’ont eu que le son de cloche de leur mère pendant cette période-là. Je n’ai rien pu y faire. Quand on n’a pas de situation, c’est compliqué de se défendre. Je ne me sentais pas capable d’aller vers elles pour leur parler, leur expliquer ma situation.

« Ce que je sais, c’est que je ne ferai plus les mêmes erreurs. »

Ce n’est pas pour rien qu’il y a beaucoup de suicides. Moi, je suis un optimiste. Je me dis que je suis né pour vivre, pas pour m’exploser. Les gens peuvent me juger. Ce que j’ai vécu, je l’ai vécu, je ne peux pas revenir en arrière. Ce que je sais, c’est que je ne ferai plus les mêmes erreurs. Ce qui me manque aujourd’hui pour reprendre une vie, c’est de retrouver un logement. Une fois que cela sera le cas, je suis convaincu que je pourrai avoir une vie normale.

En attendant, je ne comprends pas qu’on puisse laisser autant de gens dehors. Il faut être plus solidaire, cela ne sert à rien de stigmatiser les gens.

Comment vous pouvez aider

Votre soutien est crucial. Chaque geste compte pour faire une différence dans la vie des personnes sans abri. Nous vous invitons à rester connectés avec L’Ilot, pour suivre nos actions et découvrir comment, ensemble, nous pouvons contribuer à prévenir et à combattre le sans-abrisme.

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