• 7 mai 2026

Précarité à Bruxelles : les chiffres du Baromètre social 2025

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Précarité à Bruxelles : les chiffres du Baromètre social 2025

Précarité à Bruxelles : les chiffres du Baromètre social 2025 1024 576 L'Ilot

Précarité à Bruxelles : les chiffres du Baromètre social 2025

23 % de la population bruxelloise est exposée au risque de pauvreté. C’est l’un des constats majeurs du Baromètre social 2025 publié par l’Observatoire de la Santé et du Social de Bruxelles, le service d’études de Vivalis.

Pour mieux comprendre ce que ces chiffres disent de la réalité sociale bruxelloise, L’Ilot a rencontré Marion Englert, chercheuse à l’Observatoire de la Santé et du Social et coordinatrice du Baromètre social 2025.

À Bruxelles, près d’une personne sur quatre est menacée par la précarité

En 2025, 23 % des Bruxellois·es se trouvent sous le seuil de risque de pauvreté, contre 13 % en Wallonie et 7 % en Flandre.

Les inégalités sont également fortes entre communes : six des dix communes aux revenus les plus modestes de Belgique se trouvent en Région bruxelloise, parmi lesquelles Saint-Josse-ten-Noode, Molenbeek-Saint-Jean, Anderlecht, Koekelberg, Schaerbeek et Bruxelles-Ville.

Le recours au revenu d’intégration sociale (RIS) témoigne lui aussi de cette précarité. Au 1er janvier 2025, 47 304 personnes bénéficiaient du RIS à Bruxelles. Parmi les 18-64 ans, la part de bénéficiaires du RIS ou d’un revenu équivalent est passée d’environ 3 % en 2002 à près de 7 % aujourd’hui.

Une précarité qui reste en partie invisible

Ces données ne montrent pourtant qu’une partie de la réalité.

Vivalis estime que plus de 50 000 personnes sans papiers vivraient à Bruxelles. Une population particulièrement exposée à la précarité, mais largement absente des statistiques officielles.

9 777 personnes sans chez-soi à Bruxelles

La grande précarité progresse également de manière très nette. Lors du dénombrement réalisé en 2024 par Bruss’help, 9 777 personnes sans chez-soi ont été recensées en Région bruxelloise, soit une augmentation de près de 25 % en seulement deux ans.

Parmi elles, près de 1 000 personnes vivaient directement en rue. Ces chiffres montrent que le sans-abrisme ne se limite pas aux personnes dormant dans l’espace public : il concerne également celles qui vivent dans des structures d’hébergement, des logements temporaires ou dans différentes formes de mal-logement.

Le logement au cœur de la précarité

Le coût du logement pèse particulièrement lourd dans le budget des ménages les plus pauvres.

Les 20 % de Bruxellois·es disposant des revenus les plus faibles consacrent plus de la moitié de leurs revenus au logement. Une fois celui-ci payé, il leur reste à peine plus de 10 euros par personne et par jour pour se nourrir, se déplacer, se soigner et couvrir leurs autres besoins.

Ces difficultés ont également des conséquences sur la santé. À Bruxelles, près de cinq années d’espérance de vie séparent les communes les plus riches des plus pauvres. Certaines maladies chroniques, comme le diabète, sont également nettement plus fréquentes parmi les populations aux revenus les plus faibles.

Des inégalités qui se cumulent

Le Baromètre social 2025 rappelle ainsi que pauvreté, difficultés d’accès au logement, santé et recours à l’aide sociale sont étroitement liés.

Pour L’Ilot, ces chiffres mettent également en lumière les mécanismes qui peuvent conduire progressivement au mal-logement et au sans-abrisme. Agir contre le sans-abrisme implique donc non seulement d’accompagner les personnes qui en sont victimes, mais aussi de prévenir la perte du logement et de développer davantage de solutions de logement dignes et abordables.

Retrouvez l’ensemble des chiffres, analyses et indicateurs dans le Baromètre social 2025 de l’Observatoire de la Santé et du Social de Bruxelles.