
En Belgique, l’espérance de vie des personnes sans abri est de seulement 49 ans, contre plus de 80 ans pour la population générale. Ce chiffre glaçant illustre l’impact dévastateur de la vie dans la rue. Vivre sans chez-soi, c’est affronter chaque jour le froid, la faim, les maladies et les agressions, dans une bataille incessante pour la survie. Les personnes sans abri ont un risque de mortalité 6,5 fois plus élevé que le reste de la population. Une personne sur trois souffre de maladies psychiatriques sévères, et un tiers est touché par des addictions.
Cette réalité brutale ne peut plus être ignorée : en 2023, plus de 80 personnes sont mortes dans la rue à Bruxelles, soit le double des chiffres de 2009. Les femmes sans abri ont une espérance de vie encore plus basse avec une moyenne de 46 ans. Environ deux tiers d’entre elles meurent de maladies ou des suites d’agressions, souvent dans l’indifférence générale.
Comment, dans un pays comme le nôtre, pouvons-nous encore tolérer cette situation en 2026 ? Ces chiffres sont le reflet brutal d’une société qui abandonne les plus vulnérables à leur propre sort.
LA RUE TUE : des chiffres marquants
- les personnes sans abri ont un risque de mortalité 6,5 fois plus élevé que le reste de la population ;
- une personne sur trois souffre de maladies psychiatriques sévères ;
- un tiers est touché par des addictions ;
- 5.8 décès par mois en moyenne ;
- les femmes qui vivent en rue ont une espérance de vie encore plus basse, avec une moyenne de 45,6 ans ;
- 29% de ces femmes avaient des enfants.
Témoignages
Quand tu vis dans la rue, ta priorité, c’est de survivre : trouver un endroit où dormir, avoir quelque chose à manger. Tu te dis que les douleurs ou les malaises, ça peut attendre. Moi, j’ai négligé une douleur à la tête pendant des mois. À 43 ans, j’ai appris que c’était une tumeur au cerveau. Dans une autre vie, on aurait réglé ça dès le début, ma mutuelle aurait couvert. En rue, tout prend des proportions démesurées.
Marc*, 44 ans
J’ai été violée 6 fois. Ça devenait une habitude d’être harcelée. On m’emmenait dans des guet-apens. En rue, il n’y a plus de considération. Tu n’es plus personne. Ils pensent qu’on est faible, qu’on va tout accepter parce qu’on est à la rue, qu’on a perdu notre dignité. On a l’impression d’être une moins que rien. Le ‘’Non’’ ils ne l’entendent pas, sinon ce sont des insultes, des menaces.
Patricia*, 49 ans
Tu trainais avec toi des problèmes de santé, tu n’en disais mot. À 45 ans, tu as fini par succomber et partir trop tôt mais on choisit pas son heure, discret, tu es parti rejoindre les étoiles sans rien dire, mettre les voiles tel un dernier soupir.
Laurent*, 45 ans
Témoignage recueilli avec le Collectif Les Morts de la Rue
Des solutions concrètes pour sauver des vies
Depuis plus de 60 ans, notre association agit à Bruxelles et en Wallonie pour offrir un soutien vital aux personnes sans chez-soi. Face à l’urgence, L’Ilot propose des solutions concrètes et durables pour sauver des vies et reconstruire des trajectoires brisées.
Chaque jour, L’Ilot se mobilise pour éviter ces drames. Mais les besoins sont immenses. Agir maintenant, c’est refuser de laisser la rue devenir un endroit sans droits, ni protection.
L’offre d’accompagnement globale proposée par L’Ilot permet de briser ce cercle destructeur. De l’accueil d’urgence à la (re)mise en logement en passant par l’ouverture des droits, l’hébergement temporaire en Maison d’accueil, l’accompagnement à domicile ou encore la formation, les équipes de terrain mettent à disposition des personnes sans chez-soi un panel de solutions diversifiées.

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Chaque année, L’Ilot accompagne près de 3 500 personnes sans abri, soutient 420 femmes victimes de violences, et reloge durablement 106 personnes.
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*Les prénoms et images ont été anonymisés pour respecter l’anonymat des personnes.